La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 Une rencontre avec le Roi des Bretons ?

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Essylt_old

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MessageSujet: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Dim 6 Jan à 0:28

Essylt avait laissé sa chère Audovère aux cuisines avec ceux de son rang et prenant ses jupes à deux mains était partie à la recherche de son père. Elle demanda dans les couloirs sans que l’on sache la renseigner vraiment.
- « L’est p’têtre bien à la chasse… »
-« J’sais pas moi c’que font les seigneurs de leurs temps ! Allez voir du côté de la table ronde ! ».
Elle avait ouvert de grands yeux et aurait voulu les souffleter. Mais il n’était pas temps de s’occuper de remettre à leur place des serviteurs trop fort en gueule. Ce n’était pas son travail.

La fille du Sir Keu avait eu du mal à se retrouver dans cette demeure étrangère, mais avait finit par trouver le chemin en demandant maint fois, expliquant mille fois qui elle était et qui elle cherchait. Son père qui la faisait se ridiculiser, son père qui n’était même pas venu l’accueillir, son père… Avec ce comportement envers elle commençait à se demander si elle ne devait pas rebrousser chemin, et retourner pleurer dans les jupes de sa mère.
Mais elle décevrait beaucoup leurs attentes et ces espoirs qu’ils avaient fondés en elle, et dont, soit dit en passant, elle ne voulait rien savoir.

Et elle qui avait imaginer milles scénarii autour de ces retrouvailles, milles façons dont son père lui dirait le bonjour ; froidement, avec effusion, elle s’attendait à ce qu’il fut enchanté, froid, distant, heureux, déçu, en colère, honteux… mais pas Absent !
Elle posa une main sur sa tempe qui palpitait. Sa tempe gauche qui la faisait tellement souffrir dans les moments d’angoisse. Elle ne connaissait rien à l’étiquette d’une cour de Prince. Cela paniquait affreusement l’angoissée qu’elle était. Elle était une fille de noblesse mais d’une noblesse fruste dont la mère était le rare échantillon un peu plus cultivé que la moyenne, et une culture qui sentait plutôt le fagot d’un bucher que la Septante.
De plus le seul lieu où elle avait vécue et qui requérait une règle était un monastère perdu. Et il y avait une grande différence entre un monastère et une cour royale.
Elle avait peur de paraître gourde et de ne pas savoir quoi dire, quoi faire. Elle se sentait enfantine. Une gamine qui cherchait son père. Quelle bêtise !
Elle trouva enfin une lourde porte avec devant, postés en chien de faïence, deux gardes. La jeune femme se drapa dans une dignité adéquate à son rang, et levant ses yeux bleus, elle dit avec autorité.


- Je me nomme Essylt de Northumbrie, fille du Seigneur Keu sénéchal du Roy Arthur, et j’aimerai m’entretenir avec ce dernier. S’il est présent ?

Elle soupira intérieurement. C’était finit elle n’était plus obligée de parler, plus obligée de s’exprimer. Elle se sentait mieux, et l’étau d’angoisse se desserrait autour de son ventre.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Mar 8 Jan à 13:40

Mursmeyer descendait les marches de l'escalier sans aucune retenue, ses lourdes bottes de soldat résonnant dans toute la voûte.
Les mains jointes derrière le dos, il grommellait visiblement irrité.
Le retour de la soeur du Roi, voilà ce qui lui tournait les sangs! Elle s'était absentée pour de longues semaines, que n'aurait-elle pas pu y rester un peu plus longtemps dans son île de sorcières? Tiens, euh, pour toujours par exemple?
Pour tout l'amour qu'il portait à Arthur, il ne pouvait s'empêcher de juger la présence de Morgane vénéneuse. Le souverain ne se laissait pas duper par ses manières sournoises, mais un jour viendrait où le poison qu'il distillait savamment dans les couloirs du château aurait raison de sa paix et de sa quiétude. Pour tout l'amour de la Reine également, il se faisait un point d'honneur à se ranger du côté de celle-ci plutôt que de sa rivale par alliance...

Quoiqu'il en soit... Le voilà, qui allait descendre un pu plus bas vers le quartier de ses hommes lorsqu'un petit bleu, jeune soldat tout juste entré au service de la garde, vient à sa rencontre et le rattrappa un pu au vol.


-Messire, messire Mursmeyer! Une dame pour le roi Arthur...

-Eh bien? Allez le quérir!

-C'est que... Je suis en faction auprès de la Table, monseigneur...

Le vieux capitaine bourru passa sa tête dans le large couloir qui menait vers la porte massive de la sacro-sainte pièce et apperçut au loin ladite silhouette féminine à la tête blonde.
Il reporta son attention irracible vers le jeune garde:


-Mmmh... Et justement soldat, que fais-tu ici à me parler alors?

Le jeune homme bafouilla puis bredouilla puis vira au rouge et finalement avec un signe de tête, Mursmeyer le revoya à sa place.

- Mais qu'on-t-elle toutes donc aujourd'hui?

Le capitaine s'avança alors à la rencontre de la dame en demande d'audience et rassembla toute la courtoisie due pour la saluer:

-Dame, on m'a dit que vous attendiez après le Roi Arthur. Il ne peut vous recevoir pour le moment, puis-je mettre à votre disposition ma modeste condition? Puis-je vous aider d'aucune manière?

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Mer 9 Jan à 12:11

Essylt patientait les bras autour d’elle, comme une sorte de châle protecteur. Elle savait intuitivement que nul n’accédait pas si facilement à une personne de haut rang. Elle l’avait déduit car en arrivant aux cuisines les baillages s’étaient stoppé en sa présence et tous avait baissé les yeux. Et pourtant la jeune femme n’était pas de si haute noblesse.
Elle écoutait les bruits familiers de la vie d’un château, les éclats de voix, les gardes qui se déplaçaient, et se voyait de loin comme une chose fragile au milieu de ce tumulte. Frêle statut vêtue de gris et de bleu dans un couloir.
Un des gardes quitta soudain son poste semblant courir après une invisible sourie, quelque éclats de voix lui signifièrent que le jeune garde parlait, et qu’on lui répondait d’une voix bourrue.
Puis le jeune homme reprit son poste et la voix d’un homme s’adressa à elle, lui demandant si elle avait besoin de quelque chose.

La jeune femme fit volte face, et s’incline en décrochant un joli sourire un peu candide. Elle inclina la tête et dans ce mouvement fit une petite génuflexion de rigueur. Cet homme avait sans doute un pouvoir de commandement, vu la façon dont il avait remis à sa place le garde.


En effet Messire, j’ai besoin d‘être aiguillée et le Roy semblait être mon seul recours ne connaissant aucun membre de votre mesnie.

Elle leva un instant ses prunelles bleues, et sourit de nouveau, tirant légèrement ses trait délicats.

Je suis la fille du Seigneur Keu et il semble que mon père ait eu la délicatesse de ne pas m’accueillir, ni même semble –t-il de prévenir qui que ce fut de mon arrivée. Peut être me trompe je ? Peut être avait il d’autre obligations qu’il l’en empêchaient, de cela je ne sais rien car il y beau temps que je n’ai eu de nouvelles.

Elle reprit son souffle, un instant seulement puis acheva sa réponse par.

Je ne sais si mon geste était déplacé mais c’était mon seul recours, j’ai beaucoup demandé avant de venir déranger le Roy avec des fariboles. Mais l’on n’a su me répondre sur la présence de mon père en ces lieux, si sa localisation.

La jeune femme conclu sa réponse par un mouvement des épaules. Pour elle tout cela n’avait aucun sens, que son père ne vienne point l’accueillir révélait de sa part un manque de politesse certain ou une mémoire de sourie.
Essylt devait être crue sur parole car rien dans les traits de son visage ne rappelait le seigneur Keu elle était le portrait craché de sa mère, la sage Anchrivete, belle dame aux cheveux d’or, et aux traits doux, aux lèvres roses et au front fier. Ses fines mains d’albâtres s’agitaient tandis qu’elle parlait seul reflet de l’angoisse qui la tenait. Car toute sa personne était faite de calme et de douceur.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Sam 12 Jan à 14:10

Allons bon. Mursmeyer, homme vénérable s'il en fut, n'était pas pour autant un rustaud, qui plus est avec les dames. Et le sourire que celle-ci lui décrocha chassa un peu de l'humeur irracible qui l'habitait. Elle était aussi rayonnante que Morgane, rappellons-le à l'origine de son courroux, était d'une beauté sombre. Assuremment, si c'était là ce que les hommes d'Eglise appellait "anges", il ferait bon aller se promener un coup du côté du Paradis!

Comment donc cette grâce diaphane pouvait-elle être la rejetone du sanguin et ténèbreux Sir Keu? Elle n'en avait ni les traits, ni la manières.
Mursmeyer n'était bien sûr pas au faîte de toutes les aventures galantes des chevaliers d'Arthur (et franchement il pensait souvent que celui-ci devrait s'en occuper un peu plus sérieusement d'ailleurs!), il ne devait sa fidélité qu'à Arthur et n'était tenu envers les braves de la Table Ronde qu'au respect de leur sang et de leurs actes, mais il ne se privait pas pour leur dire ce qu'il avait à leur dire et personne ne s'en trouvait plus offensé que cela! Après tout, il avait lui aussi connu des guerres et des combats et s'était illustré! Mais à présent que la fougue de sa jeunesse avait désertées membres fatigués par l'âge, il n'avait rien d'un chevalier, il préférait bien rester au service de son Roi dans l'enceinte de Camelot plutôt que d'aller courir par monts et par vaux par caprice de l'Eglise!

Justement, pour autant que lui paraissait étrange l'ascendance de cette jolie donzelle avec le seigneur Keu, il laissait le soin à Arthur de se faire sa popre opinion sur le sujet, et, comme il n'y avait guère de secret dans cela, la renseigna tout de même:


-Sire Keu a quitté les murs de Camelot voilà... presque deux mois déjà. Il a été mandé par le Roi pour quérir une relique de sainte Blandine auprès des Wisogoths en Ibérie. Nous ne le reverrons pas avant l'été je le crains...

*S'il revient...* ajouta-t-il en pensée. Les Wisigoths ne comptaient pas parmi leurs plus farouches ennemis, mais allez savoir! Il lui fallait traverser quasi seul et à cheval, de part en part toute la Gaule d'autres y avaient laissé la vie!

-Vous êtes la bienvenue dans le château d'Arthur, sachez-le. Mais êtes-vous, ma dame, pressée par quelque drame pour souhaiter voir le seigneur Keu dans une telle urgence?

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Dim 13 Jan à 1:22

L’homme de garde sembla s’apaiser, un bon point pour la demoiselle. Mais lorsqu’il lui signifia que son père était parti courir les chemins de Gaulle pour ramener un orteil ou le morceau d’oreille droite d’une sainte dont elle ne se souvenait que la palme du martyr, elle faillit s’effondrer. Son visage passa de rosé au blanc.
De peur ou de rage ?
Elle serra les poings faisant blanchir les jointures de ses mains tordant entre celles-ci un mouchoir de lin.
Cela voulait donc dire qu'il était au courant depuis longtemps et qu'il ne lui avait rien dit ? Il ne l’en avait même pas prévenue dans sa lettre…
Et maintenant elle était seule ici, sans rien, elle qui cherchait un père elle ne rencontrait que le vent. Et maintenant devait elle faire le chemin inverse, elle qui avait tellement rêvé ce père, elle se trouvait face à un mur.
On lisait sur son visage comme dans un livre ouvert, et Mursmeyer pouvait constater que le dépit se peignit à une grande vitesse sur le visage de la fille du Seigneur Keu.
Lorsque le premier frisson d’angoisse fut passé elle se décida à parler, plus doucement encore voulant maîtriser une colère qu’elle savait injustifiée surtout envers cet homme qui ne lui avait rien fait.
Elle se calma et prit une grande inspiration et tenta d’expliquer son cas, pour que tout soit clair, que l'homme en face d'elle ait toutes les cartes en mains pour juger de son cas. Elle sortie de l’aumônière accrochée à sa ceinture d’orfèvrerie deux carrés de vélin.


Messire, je vous pris de m’excuser car en fait il n’y a pas urgence, mais suite à une lettre que je lui avait envoyé il y’a de cela deux saisons, ce devait être au début de l’été, mon père avait accéder - de bonne grâce !- à mon désir de me rendre auprès de lui…

Sa voix se brisa un instant, ce n’était qu’une enfant après tout et elle était face à une énorme déconvenue, son père la laissait une fois de plus seule, face à tout ce qu’elle ne connaissait pas, la faisant passer pour une gourde. A cet instant elle le haïssait.
Mais elle releva la tête, sa mère ne serait pas fière d’elle à cet instant.


Je suis perdue, et je dois avoir l’air d’une idiote…

Elle lâcha un petit rire -léger mais dénotant une nervosité latente- devant la situation complètement folle. Et porta la main à son front.

Je peux attendre plus loin que le Roy se libère de ses fonctions, car vous le voyez ma requête n’est pas urgente. Quelques jours s’il le faut. J’étais simplement perdue… Et cette nouvelle que vous m'annnocez ne me rassure pas plus.

La jeune femme sourit de nouveau un peu moins angoissée, mais pas vraiment rassurée pour autant.
Elle lissa les feuilles de vélin, deux lettres, l’une de son père, et l’autre de son grand père pour le Roy. Elle ne savait pas ce qu’il y avait dedans, ce n’était pas ses affaires.
La jeune femme songea qu'elle n’avait pas pensé que son arrivée au château se déroulerait ainsi.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Mar 15 Jan à 21:05

Mursmeyer vit la jeune fille se décomposer sous ses yeux. Allons, elle n'allait tout de même pas défaillir... N'était-elle pas heureuse de savoir son illustre père parcourir les chemins pour ramener un bien infiniement précieux d'une sainte bien plus illustre encore?
Non, à vrai dire, le vieux briscard avait bien connu des guerres stupides et des morts pour rien, mais il fallait dire que la chasse aux reliques dépassait son entendement de pragmatique invétéré. Il voulait bien croire en ce Dieu qui promettait une vie céleste de prince aux gueux autant qu'aux ducs de ce bas monde, mais il ne comprennait pas pourquoi cela impliquait de courir si gaiement à sa perte corporelle pour gagner le salut de l'âme...
En revanche il savait fort bien les honneurs, en louages et/ou en nature, qui attendaient les chevaliers de retour de leur quête et il reconnaissait que cela devait être fort grisant à vivre... Et connaissant les appétits démeusurés du Sire Keu en la matière, le jeu en valait bien la chandelle!

A voir la demoiselle se briser ainsi, le bougon Mursmeyer se trouvait assis sur des chardons. Il était bien géné de devoir répondre en lieu et place de l'orgueilleux Keu devant sa douce fille. Il esquissa un mot gentil, mais un peu trop familier qu'il reprit vite:


-Allons... ... Dame... Ne vous faites pas de méchantes idées. Peut être ceci vous aidera à comprendre: sachez que le Roi lui a commandé cette mission aux premiers jours de l'automne, quand les jours sont encore assez longs et l'air doux. Il est possible qu'il n'attendait votre visite qu'à la prochaine belle saison et il espérait ainsi remplir son engagement envers vous également... Ceci ne sont que suppositions, cela s'entend...

Mursmeyer ne savait décidément pas comment répondre aux attentes de la demoiselle, impossible de déranger le roi pour l'instant, mais vraiment elle était dans un tel état que, foi de prud'homme, il ne pouvait la laisser de la sorte.

-La salle de la Table est chauffée, vous plaît-il d'y attendre en attendant que le Roi puisse vous y recevoir?

Alors qu'il ouvrait la porte à large battant qui donnait sur la prestigieuse pièce, son regard accrocha un gamin qui passait par là. Pendant que la jeune femme se dirigeait à l'intérieur, il glissa un mot à l'oreille de Thibault qui considéra brièvement la dame concernée et s'en fut aussitôt vers les appartements du Roi.

Et hop... William Mursmeyer ou comment envoyer un môme subir le regard de Méduse de la vénéneuse Morgane à sa place pour une blanche colombe... lol!

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Mer 16 Jan à 18:52

L’homme d’âge mûr avait raison, elle ne devait pas s’en faire. Et les paroles qu’il prononça l’adoucir.
La jeune femme ouvrit les yeux ne demandant qu’à croire cette hypothèse salvatrice. Oui peut être que son père s’imaginait que sa fille viendrait au printemps et espérait être revenu. Mais il n’avait pas eu le temps de la prévenir trop pressé d’aller courir l’aventure… ou les jupons. Après tout sa mère une fois veuve, il aurait pu l’épouser ? Mais il n’en avait rien fait. Sans doute sa vie de jeune homme lui plaisait-elle ?
Elle avait tant de questions qui lui tournaient dans la tête. Mais elle ne devait pas s’en faire, elle le verrait, on le disait fort il résisterait bien à quelques Gaulois, de toute façon il devait revenir ! Elle ferait chaque soir une prière au Dieu Unique pour cela. Il ne pouvait rien refuser à ceux qui y croyaient vraiment, mais Essylt y croyait-elle vraiment ? Ce questionnement laissa un espace vide dans sa tête. Il faudrait qu’elle trouve un jour du temps pour réfléchir à ce qu’elle croyait vraiment, car un homme d’église était bien capable de faire brûler sa jolie tête blonde si la réponse ne convenait pas.
Lorsque Mursmeyer lui proposa d’entrer dans la salle de la table ronde, elle hocha la tête lentement. La chaleur semblait douce et elle avait vraiment envie se réchauffer ses doigts glacés.
Elle vit qu’il avait parlé à un jeune garçon. Peut être allait il mander le Roy ? Elle cessa ses questionnements intérieurs pour entrer dans la salle où se réunissaient les chevaliers du Roy.


Sir, puis je savoir quel nom louer dans mes prières de m’avoir sortie de cette situation délicate ?

Elle lui sourit, il avait été patient et aimable avec elle, elle voulait au moins savoir quel était le nom qu’elle devrait confier au Dieu Unique ce soir. Car comme chaque soir elle devait énoncer une litanie de nom, comme le voulait Audovère, pour prier Dieu de bien s’en occuper. Essylt trouvait cela un peu bête, car Dieu savait tout. Mais si cela pouvait protéger les gens, pourquoi pas. Il avait été gentil, alors elle se devait de le confier à Dieu.

Mais une question taraudait la jeune femme et elle s’empressa de la pauser.


N’est ce pas une salle réservée aux hommes de valeur ? Où peut elle aussi accueillir des femmes… Car je sais que notre présence dans certains lieux est parfois déplacée.

La jeune femme ne sentait pas à sa place dans cette ambiance, on disait que de grande chose se décidaient dans cette salle, et Essylt était une petite chose. Tout petite… Elle se sentait intimidée en somme.


Dernière édition par le Ven 18 Jan à 22:31, édité 1 fois
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Ven 18 Jan à 18:45

Le garçon une fois partit exécuter sa bien périlleuse mission, Mursmeyer s’engouffra à son tour dans la grande salle quasi lugubre à bien y regarder. La Table Ronde ne siégeait plus qu’en de très rares occasions, et encore, elle était bien loin d’être aussi remplie qu’aux temps jadis. Ceci était une constatation plutôt satisfaisante en somme, elle signifiait que les temps étaient devenus moins tourmentés et plus prospère, pas de quoi se trouver mélancolique en vérité. Malgré tout, toute la pièce semblait aspirer à retrouver tout le panache et tout l’éclat d’antan, oh, certes elle n’en avait point perdu le prestige, mais elle sentait voyons… la poussière…

Malgré ses hauts et épais murs, la chaleur de l’âtre qui y flambait presque sans cesse, comme pour continuer à y assurer un semblant de vie, occupait chaque recoin et assurait une atmosphère agréable à l’endroit et aux personnes qui devaient y entrer. Allez savoir, si en plein hiver, le Roi éprouvait le besoin ou l’envie d’aller y travailler le soir, ou si les chevaliers avaient a y entrer, ou bien encore si, comme maintenant, une audience se faisait sentir, le sacro-saint lieu du pouvoir arthurien se devait d’être opérationnel.

Le soldat, dont le lourd pas était pour le moment le seul bruit qui brisait le silence de cathédrale, commença à allumer les chandelles pour qu’on y voit un peu plus clair. Les fenêtres, peu nombreuses, étaient étroites et ce n’était guère la lumière du morne ciel d’hiver qui parvenait à faire son chemin pour illuminer l’endroit. Peu à peu les mèches s’allumèrent et se joignirent au brasier de l’âtre. Les tapisseries prirent alors leurs couleurs et semblèrent s’animer à la lueur des flammes dansantes.


Citation :
Sir, puis je savoir qu’elle nom louer dans mes prières de m’avoir sortie de cette situation délicate ?

Mursmeyer n’était pas de ceux qui ressentait trop le besoin de voir leur âme recommandée à qui que ce soit, autant le faire soi-même ! Mais comprenant la phrase comme une forme de remerciement, il répondit bien volontiers :

-Le capitaine Mursmeyer est à votre service, soyez-en bien assurée, ma Dame.

Sur ce, le jeune garçon revint, se faufila dans la salle vers Mursmeyer et lui glissa un mot à l’oreille. Comme le soldat allait se diriger vers la sortie et prendre congé de la demoiselle, celle-ci l’arrêta tout net dans son mouvement :

Citation :
N’est ce pas une salle réservée aux hommes de valeur ? Où peut elle aussi accueillir des femmes… Car je sais que notre présence dans certains lieux est parfois déplacée.

Le vieux bonhomme fit un petit sourire amusé, mais non pas moqueur et dit simplement :

-On parle beaucoup sur la Table Ronde… Parfois même plus que de raison… Ce qui est vrai c’est que lorsque le Roi et ses braves s’assoient à cette Table, personne n’est accepté, hormis la Reine peut-être. Mais en attendant ce jour d’exception, il ne faut pas la chauffer pour rien en conviendrez-vous ? _son sourire s’élargit un peu plus et il conclut_ Permettez moi de vous y laisser un moment car le Roi est sur son chemin et ne devrait plus tarder. Je m’en retourne m’acquitter de mes tâches.

Il s’inclina bien respectueusement et puis s’en fut dans les profondeurs de la grande demeure vers Dieu et lui seuls savaient où.

Quelques longues minutes passèrent ensuite et puis un nouveau pas, pas moins léger que celui de Mursmeyer cependant, mais certainement pas celui d’une lingère, se fit entendre dans le long corridor qui menait vers la grande porte qui n’était qu’ouverte à demi.
Un visage bien rasé et propre sur lui passa l’entrebâillure, ça non ça n’était pas le capitaine… Puis le corps tout entier, grand et massif.
Arthur ne vit personne tout d’abord, Essylt n’était pas dans son champ de vision, puis croyant qu’on l’avait mal renseigné, il allait pester contre quelqu’un _qui il ne savait pas encore mais il trouverait bien_ il aperçut la silhouette féminine qui l’attendait.

Il s’avança et salua la jeune femme avec tous les honneurs d’usage, lui ne prit même pas la peine de se présenter, non pas par rudesse, mais parce qu’allons, avouons le bien, avec une classe pareille, ce ne pouvait pas être le nettoyeur de latrines.... Il avait pour tout dire un peu douter de ce qu’il allait trouver là. La rejetone du Sire Keu ? Et laquelle donc ? Celle de la bergère ou de la fille de ferme du coin ? Nenni… Cette donzelle là avait les mains blanches et douces, il s’en rendit bien compte lorsqu’il la lui prit pour la lui baiser, elle avait tout de la dame.


-Ma demoiselle, vous excuserez mon étonnement de voir venir à moi la fille d’un de mes plus preux compagnons dont, je le confesse, je n’avais jusqu’à aujourd’hui point ouï dire…

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Dim 20 Jan à 23:18

La jeune femme laissa partir le capitaine Mursmeyer vers ses activités. Elle regarda autour d’elle, et laissa ses doigts courir sur la Table Ronde, elle les retira comme si elle l’avait brûlée. Elle se sentit bête un instant et un peu ridicule, dans cette grande salle vide.
Essylt tendit ses doigts vers le grand feu et pour les réchauffer, ils étaient glacés.
Elle même se sentait gelée par le chemin sûrement autant que par cette attente qui l’angoissait, elle se sentait seule, face à un destin qu’elle n’avait pas envisagé sous cet angle. Elle attendait de voir son père, peut être de parler longuement de ces années qui les avaient si longtemps tenues éloignés l’un de l’autre.
Et puis elle avait tellement de questions à lui poser. Elle voulait lui demander pourquoi il s’était débarrassé d’elle à cette époque, pourquoi il n’avait pas épousé sa mère, prenant ses responsabilités, celles qu'il n’avait pu tenir des années auparavant. Sa tête lui tournait et sa tempe gauche palpitait de nouveau. Saurait-elle se comporter devant si grand roi ?
Elle n’allait pas tarder à le savoir car des pas se firent entendre dans le couloir, son cœur battait la chamade. Lorsqu’un homme passa sa tête, il sembla tout d’abord ne pas la voir, mais elle le voyait et elle reconnu le profil si souvent vu sur les pièces. Sang Dieu c’était le roi. La jeune femme s’était statufiée. Lorsqu’il s’approcha après l’avoir remarqué et qu’il la salua, elle lui rendit sa plus jolie courbette en une double génuflexion, comme sa mère lui avait appris.
Il lui prit la main pour la baiser, elle sentit le rouge lui monter aux joues et se traita intérieurement de gourde. Lorsqu’il lui posa la question, elle toussa pour se donner une contenance. Et répondit d’une voix qu’elle voulait calme et sereine.


Sire, je ne sais pas pourquoi mon père ne vous a jamais parlé, ni à personne semble t-il, de mon existence mais je suppose que c’est la honte d’avoir une …

Elle hésita à prononcer le mot « bâtarde » et opta pour une périphrase plus élégante.

… enfant illégitime.

Bien sûr la jeune femme était de naissance noble, mais cela se serait sans doute mieux passé si elle avait été la fille d’une couseuse ou d’une bergère. Au moins il aurait pu l’oublier, comme il avait tenté de le faire avec elle, au couvent.
Mais Essylt n’avait pas la vocation de nonne, et elle ne tenait vraiment pas à s’enterrer dans un couvent. Peut être après quelques enfants et un (ou plusieurs qui sait ?) mariage(s), mais pas à l’aube de sa vingtaine.


Mon noble géniteur, avait accepté, comme je l’ai dit à l’aimable Sir Mursmeyer, de me faire venir auprès de lui sur ma demande, mais il semble qu’il ne m’attendait pas tout de suite. Je manque de patience et dès que j’ai su qu’il accédait à ma demande j’ai fait mes malles le plus vite possible et suis venu le rejoindre.

La jeune femme sortie une feuille de vélin qu’elle tendit au roi d’un geste gracieux.

J’ai par devers moi la lettre qu’il m’envoya tantôt, si votre majesté veut être assuré de ma bonne foi, elle peut la lire.

Essylt savait parfaitement qu’il n’était pas obligé de la croire sur parole et elle préférait prendre les devants, elle avait hâte qu’on la croit et de prouver ce qu’elle était. Comme une sorte de titre qu’on avait refusé de lui reconnaître jusqu’à présent.
Elle était anxieuse, et cela se voyait de part sa main qui tremblait et d’autre part ses yeux bleus qui ressemblaient plus à une mer bouleversée qu’à un ciel d’azur serein. Impressionnée aussi, car de toute sa jeune vie, elle n’avait de personne plus noble qu’elle.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Jeu 24 Jan à 20:46

En regardant de plus près la jeune personne qu'il avait devant lui, Arthur en arriva aux mêmes conclusions que Mursmeyer quelques minutes avant lui. Par tous les saints, il était bien difficile de croire qu'une telle douce personne pouvait être issue de l'ombrageux Keu. L'enfant qu'il avait devant lui semblait si fragile et si douce que d'un souffle il aurait certainement pu la voir tomber en poussière à ses pieds. Keu, lui, avait le feu dans les veines. Un feu pas toujours des mieux contrôlés, mais qui faisait malgré tout de lui un de ses meilleurs compagnons, opiniâtre et toujours prompt à la tâche.
Puis lorsqu'elle prononça enfin le terme si délicat, Arthur releva prestemment la tête, sensiblement secoué par une annonce si abrupte. En même temps, il n'y avait pas moult moyens de rendre la chose plus clair.
Il ne dit rien sur le moment puis comme il ouvrait la bouche pour prendre un peu d'air, en la renfermant il poussa un léger grognement. Pas un grognement de déplaisir, plutôt... de réflexion...
Il savait les moeurs de Keu quelque peu... aventurières... soit, il n'allait pas jusqu'à observer la conduite de ses chevaliers sous leurs draps! Mais tout de même... était-ce bien là les manières chrétiennes qu'ils entendaient, lui et ses braves, porter bien haut?
Arthur avait à ce point la mémoire courte qu'il oubliait facilement la façon dont lui-même était arrivé sur cette bonne vieille terre... Pourtant, il lui semblait bien que ses chevaliers n'avaient pas l'esprit si volage et que lorsqu'enfant il y avait, mariage devait être aussi, pour sauvegarder honneur de la mère et du fruit à naître!
Assurément, il ne manquerait pas d'en discuter avec le principal intéressé lorsqu'il rentrerait du sud...

Voyant que son silence demeurait un peu trop, il répéta les dires de Mursmeyer sans le savoir:


- Le sire Keu ne reviendra pas avant quelques mois, une affaire pour la Chrétienté le retient bien loin de Bretagne... Il a vivement accepté cette mission lorsque je la lui ait confié, il ne vous espérait pas de sitôt fort certainement...

Pour tout dire, le roi n'était guère plus à l'aise que la jeune fille à cet instant. Voilà une bien embarassante scène que le sir-chevalier avait préparé pour eux...
Il refusa gentiement la missive que lui tendait la demoiselle:


-Dame, je n'ai besoin d'aucune preuve de plus que votre parole. Il n'est pas dans mes habitudes de lire ce qui ne m'est pas adressé. Puis-je connaître votre nom néanmoins et celui de votre mère également pour lui faire parvenir un dédomagement conséquant pour les frais de votre éducation.

En bon suzerain, Arthur estimait, bien malgré lui pourtant, qu'il n'était pas étranger au déshonneur dans lequel cette enfant et sa mère avaient été plongée par son chevalier. Et que tout comme celui-ci, lorsqu'il reviendrait, il devait réparation.

-Je ne saurais fermer mon toit à la progéniture de mes sires valeureux, croyez-le bien...

Ca ça voulait dire par extension qu'on lui trouverait bien une chambre et des domestiques au milieu de la cour qui grossissait. On était l'hiver, les aristocrates se trouvaient sans doute mieux au chaud et mieux nourris à Camelot aux frais du Roi que dans leur campagne... On était l'hiver oui, et Arthur se serait bien senti ingrat de laisser repartir cette enfant penaude. L'hébergement faisait partie du dédomagement... Razz

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Ven 25 Jan à 23:00

Essylt se sentait observée. Quoi de plus normal, elle le savait, car du physique elle avait beaucoup plus hérité de sa mère, dont les origines scandinaves qu’elle lui avait transmises étaient choquantes, que de son père. D’ailleurs elle en aurait été bien peu gâtée. Imaginons le visage de Sir Keu sur un corps de femme. Pas très reluisant.
La jeune femme releva la tête lorsqu’il refusa la missive et la rangea dans son aumônière de fin toile.
Le Roy lui demanda alors son nom et celui de sa mère, pour lui envoyer un dédommagement pour son éducation. La jeune femme ouvrit de grands yeux, et le mira un instant comme une chouette. La jeune Essylt était un peu ahurie de cette proposition ; son éducation avait été fort simple, et il n’était nul besoin qu’il paye pour des pots cassés il y bien longtemps de cela.


Mon nom est Essylt, et ma mère est la noble Dame Anchrivete de Northumbrie, veuve du Seigneur Rolon.

Mais dans un élan de générosité elle tenta de préciser au mieux.

Sire si vous voulez offrir quelques dédommagements, le couvent qui m’a accueillit à plus besoin que ma mère qui, maintenant veuve, jouit seule et « libre » de ses terres, de plus je sais qu’elle n’accepterai jamais.

Elle baissa le regard, elle avait été heureuse dans cette région du pays de Galles, un peu reculée, un peu perdue. C’était justement pour cela que l’on avait exilé le bébé qu’elle était là bas, pour se faire oubliée du nouvel époux de sa mère, et de son géniteur par la même occasion.
Elle hésita un instant, le roi était bon de l’accueillir et à ses paroles une lueur de reconnaissance traversa son regard azuré.
Elle esquissa un sourire charmant et un peu candide, et se permit d’ajouter.


Si votre majesté le permet j’aimerai garder avec moi ma seule suivante, une dame de noble qualité, qui me suit partout depuis mon enfance. L’escorte qui m’a accompagnée repartira demain chez mon aïeul, le Sir Ector, lui donnant ainsi de mes nouvelles.

Elle s’inclina de nouveau, soudain heureuse et soulagée de la tournure que prenaient les événements. Elle se sentait enfin une identité, enfin quelque chose qui pouvait s’en approcher, en effet elle savait que les femmes ne se faisaient souvent connaître que par leurs qualités de charité, leur douceur et leur patience, et Essylt était prête à assumer ce rôle avec plaisir.
Elle se savait née pour cela, elle le savait. Alors elle était contente d’être enfin reconnu fut ce par rapport à un homme qu’elle n’avait jamais vu.
Elle esquissa un nouveau sourire et inclina la tête dans un mouvement qui déplaça un peu sa chevelure blonde.


Je vous suis reconnaissante de m’accueillir en votre demeure, mais je vous promet que vous n’aurez pas à vous plaindre de ma présence en ces murs.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Lun 28 Jan à 15:10

*Et en plus elle était noble !* Cette pensée jaillit dans l'esprit d'Arthur. Il songeait à la mère de cette enfant, bien entendu. Quoiqu’il s’en doutait un peu au vu des manières qu’arborait la demoiselle, le roi n’en fut pas moins passablement outre. Sire Keu n’avait décidément pas fait les choses à moitié, comme son habitude d’ailleurs… Il avait bien intérêt à trouver un moyen de négocier ce morceau de tibias de sainte Blandine et de le ramener à Camelot s’il voulait faire passer un peu plus vite le gros nuage noir qu’Arthur venait de faire naître au dessus de son nom. Inculquer pour de bon les mœurs chrétiennes à ses chevaliers relevait d’un tel exploit qu’il pouvait sans doute d’ors et déjà briguer la béatification ! A chaque fois qu’il pensait pouvoir se féliciter du travail accompli une nouvelle frasque de ses frères d’armes venait lui exploser au visage.
Faire un don à un couvent, voilà qui était fort judicieux : il tenterait de racheter un peu de ce péché par quelques bienfaits qui ne coûtaient pas guère en regard des prières pour le salut qui leur seraient assurées. Il constatait que la jeune femme avait tout de même été élevée dans l’orthodoxie et doutée de mœurs certainement bien plus droites que celles de son illustre géniteur.


-C’est un belle et bonne idée, mademoiselle de Northumbrie. J’y consens bien volontiers. De même qu’à votre requête de conserver quelques gens tout le temps que vous demeurerez au sein de Camelot. Songez à faire porter mes hommages au Sir Ector et à madame votre mère.

Thibault qui se tenait dans un coin de la salle, non loin de la sortie, comprit d’un seul regard le signe que le souverain lui adressa et fila de ses jambes vives d’adolescent chercher la gouvernante qui guiderait la nouvelle venue dans la chambre qu’on lui octroierait. C’était de larges pièces si l’on songeait à la modestie de certaines demeures de campagnes, beaucoup de nobles se trouvaient en cela bien mieux logés que chez eux-même, mais on oubliait pas que le roi donnait ce qu’il pouvait reprendre et la promiscuité et ces quelques considérations rendaient finalement le logement bien précaire et pas si confortable…

Citation :
Je vous suis reconnaissante de m’accueillir en votre demeure, mais je vous promet que vous n’aurez pas à vous plaindre de ma présence en ces murs.

Arthur un peu surpris par de tels propos humbles à l’extrême adressa un regard vif à Essylt. N’oublions pas qu’il venait de sortir d’une entrevue avec sa demi-sœur qui n’était point connue pour ses qualités de mesures et de pondération. Il allait de même pour son épouse qui, sous bien des égards nourrissait un feu dissimulé sous un visage et des façons de glace.
Il sourit simplement :


-Mais croyez bien que je n’en doute point, mademoiselle.

Le page revint à cet instant, la matronne sur ses talons en même teps qu'Arthur se saisissait de sa plume et d'un parchemin pour notifier le droit à la résidence de la demoiselle dans son château.

-Je vous laisse prendre possession de vos lieux, en attendant de pouvoir vous introduire à mes gens au dîner de ce soir...

Cela pouvait être considéré comme une invitation. Le souverain ne laisserait pas beaucoup de choix à Keu à présent qu'il connaissait l'existence de cette enfant et que tous les ducs et barons ainsi que leurs dames le seraient ce soir, sinon avant. Allons, allons, on allait point laisser une demoiselle de noble extraction avec comme seul titre celui de bâtarde. L'exemple servirait de leçon pour tous ses autres chevaliers. Du moins l'espérait-il...

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Mer 30 Jan à 23:08

Essylt s’inclina. Elle se sentait beaucoup plus légère que lorsqu’elle était entrée en les murs. Le roi avait été d’une grande bonté avec elle, et elle savait qu’il faudrait qu’elle se tienne droite et qu’elle fasse respecter son rang, et que son honneur soit sauf.
Lorsqu’il parla du souper son visage blanc prit une teinte diaphane. Elle avait peur de paraître ridicule. Elle se doutait bien que le roi prenait son repas avec quelqu’un que ce fut avec sa baronnie, cela elle ne le savait pas, et cela lui fit peur.
Elle était une provinciale, venue des terres battue par le vent et la mer, dans un château humide et glacial.
Bien que sa mère ait voulue pour elle une bonne éducation, elle ne s’était jamais retrouvée avec des gens de son milieu. En effet sa mère, veuve, ne recevait pas, ce n’était plus de son « âge » bien qu’elle sache qu’elle avait à peine 36 été.
Mais déjà Anchrivete se sentait usée. Elle le savait, et si la gérance de son domaine ne la retenait pas, elle se serait volontiers enfermée dans un monastère.

Soudain elle se souvint de la lettre de son grand père pour le roi, elle la sortie de son aumônière, elle ne savait aucunement ce qu’il y avait dedans, c’était entre le roi et son aïeul pas du tout de son ressort. Elle la tendit au roi d’un mouvement gracieux.


Mon cher grand père m’a demandé de vous donner en main propre ce courrier, qui dit-il a grande importance.

Une fois la lettre ouverte le roi put découvrir ces mots écrit dans un latin vulgaire mélangé de dialecte celte, mal orthographie et taché de fautes.

« Sir mon roi,

Je pris d’excuser mes absences répétées à votre cours, mais je me fais vieux, et mon temps je le sais commence à m’être compté. Je prends ainsi la plume pour vous demandé une faveur.
Je vous demande, humblement, que lorsque les dieux m’auront rappelés de prendre soin de ma petite fille et de faire respecter ceci.
Avec l’accord de mes ministériaux, j’ai décidé dans mon âme et conscience de doter ma petite fille, Essylt fille de mon fils, Keu, et d’Anchrivete de Northumbrie, d’un douaire conséquent sur mes propres terres.
Mes intendants sont au courant. Je m’en remets à votre royale personne pour éviter que mon fils dans un élan de bêtise ne s’approprie toutes mes terres à ma mort, laissant sa progéniture lésée.
En effet je souhaite qu’elle soit bien mariée et bien qu’elle ait de grande qualité je doute qu’un époux accepte d’épouser une enfant sans titre et sans terres. Au moins des terres elle sera pourvue.

Avec tout mon respect, Ector. »

La jeune femme avait tournée le regard et attendait avec une grande impatience de pouvoir quitter les lieux et raconter à sa chère Audovère ce qui s’était passé.

La jeune femme en effet ne se doutait aucunement de ce qu’il pouvait y avoir d’écrit dans cette lettre, et malgré tout elle en était curieuse. Elle se raisonna en se disant que cela ne la regardait aucunement et que cela était sans doute affaires d’homme. Elle préféra réfléchir à quelle tenue elle revêtirait ce soir, pour ne pas paraître trop campagnarde, ou trop… « batarde ».
Essylt avait bien sûr peur, que ce mot flotte sur toutes les lèvres et qu’elle soit la risée et des Dames et des Seigneurs, elle avait cette angoisse au ventre et sa tempe palpita de nouveau. Elle décida de sa calmer et de prendre sur elle.
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: Une rencontre avec le Roi des Bretons ?   Lun 4 Fév à 0:54

[C'est pas très long mais je conclue! Wink]

Arthur laissa sa plume momentanément pour se saisir de la lettre tendue par la demoiselle. Il la parcourut des yeux avec un peu plus de lenteur et de difficultés que d'ordinaire, le temps de remettre bon ordre dans les terminaisons latines bancales (et ç'aurait été bien fâcheux de prendre un nominatif pour un accusatif ou autre! La tournure des phrases serait devenue bien exotique!) et des mots de patois locaux écrits comme parlés.
Finalement, le tout prit un peu plus de sens au bout de trois lectures silencieuses: le vieil Ector craignait que son fils fasse avec ses terres comme avec les femmes, qu'il prenne sans faire attention à ce qu'il laisse...
Soit, le souverain avait à présent en sa possession un document écrit qui assurait à l'enfant un héritage sans doute pas de quoi en faire le parti le plus prisé de toutes les Bretagnes, mais sans doute assez pour lui éviter le couvent ou un mariage honteux.
L'aïeul se chargeait du foncier, Arthur se chargerait du nom. Froissé par l'attitude légère de son chevalier qui sans aucun doute ferait fondre sur lui _Keu certes, oui mais pis encore lui-même Arthur!_ les reproches des prélats du coin, ou peut-être même de Rome, visons loin!, le roi était fermement décidé à mettre son chevalier devant le seul choix digne qui se présentait: la légitimation, ni plus, ni moins.
Cette enfant lui semblait bien assez aimable et gentille pour mériter ceci, mais plus encore, Arthur pensait à leur honneur à tous dans l'histoire. Le sien, celui de son royaume et de son Ordre n'étaient d'ailleurs pas étrangers à une résolution si ferme...
Il replia rapidement le parchemin et demanda à Essylt:


-Je vous prie de ne pas renvoyer votre escorte avant que j'ai pu faire parvenir une réponse au Sir Ector, demoiselle. Allons, ne soyez pas retenue plus longtemps. Je vous souhaite la bonne journée, ma dame, et à ce soir...

Il conclut ainsi leur entrevue en s'inclinant et tandis que la douce blonde fragile comme un coquelicot des champ s'en allait dans les couloirs glacés, Arthur songeait déjà aux alliances qui se pourraient contracter.
Il avait tant de chevaliers à marier et il songeait à présent que si lui même se chargeait un peu plus de leur trouver épouses, il aurait moins à craindre qu'ils aillent courir le guilledou avec femmes déjà mariées...

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