La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 Après l'effort, le réconfort ... d'une chopine de bière !Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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MessageSujet: Re: Après l'effort, le réconfort ... d'une chopine de bière !   Ven 22 Juin à 12:21

Birskyn caressait doucement sa barbe en sirotant sa deuxième chope. Il ne voulait pas rentrer avant d'avoir mit au clair ce qui le perturbait, avant d'avoir définitivement éradiquer ses doutes et ses craintes. Il se remettait en cause, il réfléchissait sérieusement à ce qui le perturbait.

Son esprit clair schématisait la situation, cherchait les causes, les solutions. Il mettait en place une énumération concise de tous ses travers actuels.

Premièrement, sans doute ce qui l'affectait le plus, la destitution du Druidisme au profit du Christianisme. C'était un phénomène nouveau, provenant de bien au delà les côtes selon certains. Il gagnait Camelot avec vitesse et se répandait dans tout le pays, aidé par Arthur lui même qui s'était converti. Face à cette poussée en puissance, le Druidisme ne tiendrait jamais. D'autant plus que les chrétiens, dans leur haine absurde du paganisme, n'hésitaient pas à proférer les menaces les plus folles, les accusations les plus insensées. Ils n'hésitaient pas à brûler les clairières, à briser les dolmens, à chasser les druides.
Dans cette prise de pouvoir d'une nouvelle religion, foudroyante et meurtrière, quelle serait la place de tous ceux qui refuseraient de se plier ? Le bûcher, selon les prêtres. La clandestinité semblait meilleure à de nombreux hommes.

Birskyn croisa les bras et décida de résoudre ce premier problème. Il aurait voulu provoquer les chrétiens, faire ses rites en plein jour, au su et au vu de tous. Mais leur ire serait telle que même la justice du roi, que l'on disait bonne et inattaquable, ne lui éviterait pas d'être tué par des fanatiques. Il ne voulait pas mourir, ne voulait plus se battre. Il exclu donc cette possibilité.
La seconde, la plus logique et la plus sûr serait de se convertir. Devenir chrétien, apprendre cette religion, la foi en Dieu. Mais la politique des chrétien lui paraissait horrible, leur culte stupide, leur manières honteuses. Il s’entaillerait les veines plutôt que d’accepter tel joug.
La troisième serait de vivre dans la clandestinité. Faire les clairières en cachette. Célébrer le Saiman discrètement. Ne pas montrer ses insignes. Honteuse tâche et abaissante mais la seule qui trouvait excuse à ses yeux.
Oui, il vivrait dans la clandestinité, cacherait son statut de vate. Et si un jour, par malheur, on découvrait son activité, il relèverait la tête, dans un dernier élan de volonté et cracherait à la face du monde ce qu’il pensait des chrétiens.

La solution n’était pas parfaite mais c’était la meilleure qu’il pouvait prendre. Il la suivrait.

Deuxièmement, son âge. La vieillesse, l’usure du corps, la crainte de la mort. Ces éléments nouveaux qui lui étaient inconnus n’étaient pas sans lui engendrer une grande peur. Comment survivrait-il quand son bras ne serait plus apte à travailler ? Qui s’occupera de lui ? Que pourra-t-il faire ?

La réponse était floue mais ce n’était que parce qu’il voulait se cacher les yeux. Il ne pouvait remettre en doute l’amour de ses petits enfants et de ses voisins. Il ne doutait pas qu’il se souviendrait de leur vieux grand-père. Il avait des réserves au cas où et si son bras ne pouvait plus se servir d’un marteau, rien ne l’empêchait de s’engager comme serviteur au château. Certes il lui serait difficile de s’adapter mais s’il voulait survivre, c’était à ce prix.
C’était en cumulant le tout qu’il s’en sortirait. Ses économies, sa forge qu’il pourrait revendre, ses petits enfants et un éventuel travail au château. Autant de possibilité de sortie pour un homme que la mort guettait à présent.

Troisièmement, sa faiblesse. Il s’apercevait à présent que ses forces n’allaient que décroître. Il osait espérer encore quelques belles années de dur labeur mais il ne serait plus efficace qu’avant. Si son amour de la forge était toujours aussi puissant, ses capacités ne lui seraient plus aussi utiles.
Il ne lui restait qu’un chose à faire : éduquer un apprenti qui sera capable de prendre sa suite. Un, voir deux. Sezig et Myrdin. Il allait en faire les dépositaires de tout son savoir. Toute sa science, tous les trucs qu’il avait acquis avec l’expérience, il leur en ferait don. C’était le plus beau cadeau qu’il pouvait leur offrir. Il leur serait utile toute leur vie.


Il inspira profondément. Ses décisions étaient prises. Il devrait s’y conformer maintenant.
Il jeta un coup d’œil à la taverne crasseuse et aux clients qui ne s’occupaient pas de lui. Chacun luttait dans son coin.
Birskyn eut un sourire triste. Si tout le monde se serrait les coudes, comment serait la vie ?

Il laissa cette question stupide sur place, se leva et alla payer l’aubergiste.


- Merci et à une prochaine.

Il sortit lentement. Derrière lui, le tavernier le salua d’un hochement de tête.
Sur le pas de la porte, il retrouva un soleil, caché derrière les nuages. La vie lui paru plus légère maintenant qu’il s’était décidé. Quoiqu’il lui arriverait, il ne le regretterait pas. C’était son choix.
Il s’éloigna vers sa forge, un sourire aux lèvres.




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