La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »

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Essylt_old

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MessageSujet: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Dim 10 Fév à 0:08

Essylt glissa plus qu’elle n’entra dans la chapelle. En effet la nature du lieu requérait cette douceur. La jeune femme craignait sans doute que Dieu ne prenne affront du moindre bruit.
Suite à son entretient avec le roi, elle avait mis ses vêtements de voyage dans les bras d’Audovère chargé de les donné à une lavandière, et mit de plus jolis atours.
Elle avait au préalable fait quelques ablutions, les rigueurs du voyage de permettant pas de se laver correctement, et s’il y avait une chose que la jeune femme avait apprit au couvent, c’était la propreté.

Elle avait donc revêtue une de ses nouvelles robes, une robe de dessous grise, avec un surcot vert rebrodés de galons aux motifs arabisants aux extrémités des manches évasées. Sa taille était soulignée par une ceinture de simple cuir. Elle ne portait de bijoux qu’un lien de cuir auquel pendait une croix de cuivre. Audovère lui cinglait sans arrêt que la coquetterie était un pêché mais, de celui là, la jeune femme n’en avait cure.
Sang de Dieu, pourtant elle jeûnait, elle priait chaque soir, rendait hommage à Dieu se recommandait elle et sa famille, ses amis, ceux qui lui avaient rendu service, le Roi, la Reine, quelques serviteurs méritants, l’Abbesse du pays de galles. Elle priait aussi une longue litanie de saint, plus affreux les uns que les autres, d’autres fois quelques saintes qui étaient censées la protéger.
Mais par Dieu, ce qu’Essylt n’arrivait toujours pas à comprendre c’est la rapidité avec laquelle on traitait d’impies ceux qui croyaient aux anciens Dieux. N’était ce pas la même chose ? Un Dieu de la fertilité, une sainte censé donner de beaux enfants à une femme. Une Déesse de la nature, un Dieu à l’origine de toute chose. Pour elle on avait juste appelé Odin d’une autre façon.

De cela elle ne s’ouvrait à personne, la jeune femme ne tenait pas à finir à, à peine vingt ans sur un bûcher. Elle qui, en bonne « britannique » haïssait la viande rôtie, préférant, et de loin la viande bouillie.
Elle avait donc glissée au fur et à mesure qu’elle se perdait vers la chapelle. Audovère, lui avait clamé d’aller remercier Dieu et tout les saints du paradis, si paradis il y avait, de la réussite du voyage. Ce qui lui était étrange à cette jeune femme bien imprégnée de religion nordique, c’était de croire que ce paradis accueillait tout le monde. Elle craignait que ce paradis à l’instar du Walhalla ne soit réservé qu’aux nobles guerriers. Et elle, une femme, n’en faisait pas partie.
Essylt se posait énormément de questions, mais ne le faisait pas savoir, elle savait que les hommes en général préféraient les idiotes alors elle souhaitait le paraître. Elle ne faisait part à personne de ses réflexions, ne notant que quelques idées sur les feuillets qu’elle cachait dans son livre d’heures. Essylt de Northumbrie préférait passer pour une idiote vivante que pour une femme savante décédée. Alors elle se taisait même lorsqu’elle avait envie d’intervenir dans une discussion qui l’intéressait.
Elle avançait à petit pas, regardant autour d’elle cette chapelle. Elle avait couvert sa tête en signe de respect, d’un châle de la même couleur que son surcot, de la fumée blanche exaltait s’échappait d’entre ses lèvres rosées. Elle n’avait pas prit de fourrure pensant que … que quoi ? Qu’une Eglise serait chauffée ? Et elle qui se prétendait une femme à l’esprit pratique.

Elle en était là de ses réflexions lorsqu’elle se dit que si quelqu’un entrait, il se demanderait surement ce qu’elle faisait là comme une cruche à attendre le dégel en plein milieu d’une église vide. Elle alla s’agenouiller sur les dalles serrant un peu plus la fine pelisse de lapin qui couvrait ses frêles épaules. Elle joignit les mains et ferma les yeux, mais priait –elle vraiment, personne ne pouvait le savoir. Elle songeait plutôt qu’elle ne priait et c’était une vieille habitude chez elle. Mis à part le soir lorsqu’elle priait à haute voix avec Audovère.
Savait-elle seulement dans quoi elle venait de s’embarquer, depuis qu’elle avait vu le roi, elle ne savait pas vraiment quel avenir l’attendait à la cour. Allait-elle devoir faire le jeu de la politique, un mariage arrangeant pour tous sauf pour elle ? Le roi avait eu l’air passablement énervé, à cause d’elle, ou de son père ? Elle espérait ne pas valoir d’ennuis à son géniteur, bien qu’elle ne le connaisse pas elle voulait entretenir de bonnes relations avec lui.

Si une seconde personne était entrée à cet instant, il aurait eu ce spectacle sous les yeux : Une jeune femme à la tête couverte d’un voile vert « prairie », d’où s’échappaient quelques cheveux blonds qui venaient couvrir un front haut et blanc, donnant au profil une noblesse et une lumière indéniable. Agenouillée comme une pécheresse repentante, elle avait l’air pénétrée de celles qui prient bien fort ou se repentent beaucoup. Mais Essylt n’était pas de celles qui se repentaient, sachant prendre toujours des décisions en son âme et conscience.
Elle était donc là, sorte de vierge altière, fragile dans la lumière de l’hiver, robe verte simple mais riche donnant tout de suite la nature de son rang, mains d’albâtres jointes en une silencieuse prière.
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Julien
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Mar 12 Fév à 16:30

Le paillasson liturgique était, comme à son habitude, dans sa petite alcôve, à l'étage supérieur. Son balcon n'avait rien de celui de Juliette, grossièrement taillé dans la pierre, tout plein d'aspérités et aussi poussiéreux, sans doute, que celui qui s'y appuyait à ce moment là. Oh certes, ce n'était pas le poids des années qui faisait crouler Julien et le rendait si amorphe, c'était l'absence d'activité. Il n'y avait pas beaucoup de fidèles, les messes n'étaient pas toujours régulières. En bref, la foi semblait déserter sa chapelle comme elle désertait parfois son cœur esseulé. Il ne savait plus que faire, si bien qu'il jouait au candélabre - sans grande lumière ! - du haut de son perchoir. La plupart du temps, il se donnait l'air de méditer intensément mais en fait, il comptait les carreaux du dallage de la nef.

Quand quelqu'un se présentait dans son antre, il mettait souvent un certain temps à s'en rendre compte. Il prenait tellement l'habitude de rivaliser avec les inanimés qu'il s'en marberisait presque. Et quelle pièce hautement artistique pour la chapelle du Roi me direz vous !
Si bien que lorsque la jeune femme si joliment vêtue foula de son petit pied les dalles, Julien ne la remarqua pas. Elle ne faisait aucun bruit et il en était arrivé à la 37ème dalle du collatéral gauche...

Il en loupa donc le spectacle de la "cruche au milieu de l'église" et ses yeux tombèrent sur la madone en prière.
Oh que vois-je, un fidèle !

Il descendit avec une certaine précipitation l'escalier à vis qui était tout aussi simple que le balcon qu'il quittait quoique moins poussiéreux, ce qui épargna l'allure déjà légèrement négligée de son pallium qui finissait pas s'user à certains endroits. Ce tissu un peu rêche était froncé à la taille par une cordelette noire qui lui frappait la cuisse quand il marchait vite. La tunique qu'il portait en dessous était rouge carmin, Rome quand tu nous tiens !

Ses sandales, quelque peu arrangées avec de la fourrure pour pallier à l'hiver déclinant, claquèrent dans la nef qui répercuta l'écho de son pas. S'il avait voulu arriver en toute discrétion, c'était raté, mais Novus n'aimait guère surprendre le peu de croyants qu'il comptait encore. Il ne manquerait plus qu'ils s'enfuient, devant la subite apparition d'un prêtre un peu décoiffé et dont la barbe de quelques jours trahissait la trop grande solitude. Surtout que cette chapelle n'était pas réputée à Camelot pour la sérénité qu'on y trouvait, depuis que le père Stéphane s'était fait poignarder.

Il s'assit sur le banc en bois qui était le plus proche de la jeune femme et attendit qu'elle sorte de sa prière d'elle-même.

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Mer 13 Fév à 20:26

Toute entière à ses réflexions la fille du Seigneur Keu, n’entendit que de loin l’arrivée du novice. Le bruit au loin ne la fit pas réagir tout de suite.
Lorsque l’homme, et elle ne savait encore que c’en était un descendit de son perchoir, le bruit ne lui parvint que de loin, tant elle était prise par ses pensées. Il alla s’assoir non loin d’elle et seulement à cet instant la madone en prière ouvrit découvrit ses prunelles d’azur.
Des sandales, un homme de Dieu, mais d’où sortait-il celui là ? Ses yeux remontèrent au fur et à mesure, un pallium, vêture étrange pour une femme celte qui n’avait vu de romain que quelques soldats. Puis ce carmin qui accrochait le regard. Un romain ? N’étaient il pas tous partis suite à la retentissante chute de leurs empires scindés en deux. Elle savait cela car même après quelques années ce qui c’était passé faisait encore grand bruit. Odoacre, le chef des Hérules, un fédéré, avait renvoyé les insignes du pouvoir après avoir exilé le jeune Romulus. L’empereur de Byzance qui avait assez mal pris le fait qu’un barbare lui dise quoi faire avait envoyé ses Wisigoth en finir avec ce prétentieux.
La jeune femme était assez fine pour avoir compris les conséquences de ce changement pour la Bretagne. Les romains avaient d’autres choses à faire que de tenir encore une île qui n’avait plus vraiment d’importance pour eux. Ils partaient tous par vagues ne laissant qu’un demi-pied sur la terre des celtes.
Alors que faisait-il ici celui là ? Un prêtre de surcroit… Elle se mit tout de suite en état d’alerte rangeant ses réflexions dans un coin de sa tête, ayant presque peur qu’il ne devine à sa figure quelles pensées païennes avaient pu traverser son cerveau. Il serait dommage de se mettre à dos un personnage de cette ampleur de suite. Et puis il était lettré, elle aurait peut être avec lui des conversations dignes d’intérêt.
Le cheminement qu’avait pris ses yeux prit fin à la barbe, elle qui s’attendait à un visage glabre et sévère, elle avait devant elle un tout jeune homme, qu’elle devinait de son âge, au visage avenant. « Quel gâchis ! » songea-t-elle. Mais de peur d’être entendue par Dieu elle repoussa cette pensée loin au fond de sa tête.

La jeune femme esquissa un sourire aimable, tentant de cacher au mieux sa surprise. Le visage de la jeune femme était un livre ouvert, et la surprise était le sentiment qui s’inscrivait le mieux sur celui-ci. Lorsqu’elle ouvrait des yeux ronds, et que sa bouche rose formait un « o » parfait. Elle finit son semblant de prière, et s’inclina avec respect devant l’homme. Elle ne savait quelle attitude adopter. Devant un austère moine elle aurait sans doute prit la fuite, ses jupes à la main après un salut de rigueur, mais là, c’était différent. Il était jeune, et avait l’air gentil, et puis retourner auprès de sa suivante ne l’enchantait guère. Elle avait assez souffert sa présence durant le voyage, pour ne pas vouloir de suite retourner s’enfermer jusqu’au diner. Une conversation avec un curateur des âmes aussi charmant ne pouvait être qu’une bénédiction de Dieu.

Essylt se leva et fit une génuflexion de rigueur, elle ne savait pas vraiment comment se comporter devant un homme de Dieu. Mais elle savait montrer du respect. Allez s’assoir à côté de lui, ou rester à genoux devant là, comme une gourde ? Elle hésitait. La seconde lui paraissait beaucoup plus inconvenante que la première, et elle prit le parti d’aller poser son céans sur le blanc… assez loin tout de même. Elle n’avait prononcé un mot jusqu’à cet instant. Mais sa voix finit par s’élever modérément, sortant comme un filet entre ses lèvres.


Je ne pensais pas vous déranger… Je croyais qu’il n’y avait personne.

Celle-ci était tremblotante et malgré le froid qui régnait, un voile rouge colora ses joues. Elle avait vraiment l’air impressionnée. En effet elle n’avait pas l’habitude de se retrouver face à des hommes. Habituée qu’elle était à vivre avec les femmes. Les nones en premier, sa mère ensuite, sa grand-mère et Audovère. Alors autant qu’avec le roi tout à l’heure elle était mal à l’aise, et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Elle se sentait d’autant plus mal à l’aise que face à un prêtre elle se pensait déplacée, étant enfant illégitime, née du péché.
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Julien
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Jeu 14 Fév à 21:24

Julien n'était pas habitué à surprendre. Il n'était habitué à rien d'ailleurs. Les regards glissaient sur lui comme s'il n'existait pas. Il était souvent bien invisible en comparaison à ces gens si vivants qui habitaient la région.
Alors, se sentant tout bizarre face à cette jeune femme qui le dévisageait un peu, il ne sut plus trop où se mettre.

Heureusement qu'il était assis tiens !

Cependant, devant sa génuflexion qui sembla s'éterniser, il faillit lui proposer sa main pour la relever, balbutier une suite de mots plus ou moins cohérents voire même s'écrier "Oh non ! Ne faites pas ça" au moment même où elle entama ce salut qui était bien trop respectueux pour un homme qui n'avait encore pas reçu son ordination. Un homme qui n'était rien tout compte fait. Voilà pourquoi il était invisible...
Non, ce qui lui valait sa place, c'était d'avoir succédé à son Mentor, la prêtrise prenant tout à coup des airs de monarchie. Bien que techniquement, il n'était pas le descendant de Stéphane. Heu... Bien, passons.

Il tourna lentement la tête vers elle une fois qu'elle fût assise et fit un sourire aussi aimable qu'il l'avait reçu. Il se sentait rouillé à la communication, tout lui apparaissait une montagne. Penser, ouvrir la bouche, articuler.
Son cerveau finit par comprendre qu'on avait besoin de lui et il réussit à dire :



- Mais vous ne me dérangez absolument pas.


Il faillit enchaîner sur "ça ou compter les carreaux..." mais il s'abstint. Ménageons l'image des curés : la prière, la conversion des païens, les messes, le vin de messe... cuire le pain consacré... boire le vin... ....... saluer dans la rue ? C'est très occupé un prêtre, c'est dit !

Julien ne vit pas ses joues rougir tout bonnement parce qu'il ne la regardait déjà plus. Il n'avait pas osé poser ses yeux sur elle plus que quelques secondes. Assez pourtant pour réaliser que son visage était fin.
Il devait ajouter quelque chose. Il chercha et il trouva enfin :


- Je peux vous aider ?

Voilà, apporter son aide à son prochain ! Ca y est, ça lui revenait !

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Sam 1 Mar à 12:35

Essylt de Northumbrie se sentait extrêmement mal à l’aise pas vraiment à sa place, mais elle y était, et de plus elle ne se sentait pas de partir, tout ce dont elle avait envie c’est de parler un peu, et puis il était bien placé pour l’écouter. Lui un homme de Dieu, qui mieux qu’eux savaient écouter sans juger.
Elle inspira profondément elle se sentait épuisée malgré son bain, malgré son changement de toilette, elle sentait encore la boue du voyage lui coller aux chausses. Et pourtant il n’en était rien. Elle se mordit consciencieusement la lèvre supérieure, les yeux rivés sur les carreaux.
Et enfin la jeune femme enchaina, avec son accent trainant des hautes terres.


Eh bien, pas d’aide vraiment, mais… je n’irais pas jusqu’à demandé une confession, mais certaines idées me taraudent en effet, et je crois que … mon esprit s’en sent encombré.

Elle choisissait ses mots avec précision, pour ne pas dire quelque chose de mal, quelque chose de travers. Elle en avait l’habitude, et il ne fallait surtout pas que cela dérape devant un représentant de Dieu. Ce serait stupide. Elle laissa échapper quelques mots encore.

Vous comprenez, cela m’encombre et je ne peux plus pensé tant cela me prend l’esprit.

Elle releva ses prunelles vertes vers lui, pas vraiment envie de confier ses petits problèmes, ses petites questions à des carreaux d’Eglise, si elle avait voulu parler à un mur elle se serait contentée de ceux de Camelot. Elle n’aurait pas eu besoin d’une oreille attentive pour cela, et étant donné que ces questions concernaient la moralité, autant que ce soit dans cette oreille que ces mots glissent.
En effet ce qui la torturait depuis qu’elle avait rencontré le roi, c’était le fait que son père doive réparer, et puis d’autre questions qu’allait-il advenir d’elle si ne le faisait pas ? Que devait-il se passé pour elle.
Elle avait mille questions sur le mariage, la vie de couple. Bien sûr sa mère et sa grand-mère, lui en avaient parlé. Mais seulement des détails « techniques », pas vraiment du rapport à l’esprit.
Toutes ses questions rôdaient dans sa tête depuis un certain temps, mais là où elle avait vécue les prêtres n’étaient pas forcément les biens venus.


[Désolée du temps de réponse...]
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Mar 11 Mar à 22:02

Il ne la regardait toujours pas tandis qu'elle exprimait son besoin de parler. Il se disait que ça lui permettrait certainement de mieux se confier, en évitant la gêne provoquée par les regards. Une jeune fille et un homme, c'était toujours délicat. Un homme ? Pouvait-il vraiment se considérer comme tel ? Peut-être pas... De plus, il fallait qu'il réalise qu'il était l'oreille de Dieu en cet instant - c'était pompeux dit comme ça ! - et que de fait, il était asexué. Mais ce n'était jamais aussi évident.

Même pour lui. Il avait peur de ne pas savoir quoi lui répondre, de ne pas trouver les mots justes. Il n'avait jamais eu de don pour cela et on ne lui avait jamais enseigné la marche à suivre. Pourquoi était-il donc devenu prêtre alors ? N'avait-il pas au départ senti que c'était sa voie ? S'était-il simplement obstiné pour déplaire à son père ?

Il stoppa là ces considérations. Il ne devait pas inverser les rôles. S'il avait besoin d'aide lui aussi, cette jeune femme ne devait pas se transformer en occasion d'alléger sa conscience. Il se composa un visage aussi avenant qu'il le put, avec une touche d'intérêt, pas de curiosité, de l'intérêt de prêtre. Tout du moins, il se le représentait ainsi.

Et puis, sans trop savoir pourquoi il changeait son fusil d'épaule, il tourna à demi la tête, pour la regarder. Pas dans les yeux comme un confident... Plus comme un gentil chien docile qu'on a posé là et qui semble tout pouvoir comprendre de vos petits malheurs.
Un chien doté de parole cependant. Doucement, en acquiesçant, il lui dit :


- Je comprends. Vous pouvez me parler sans crainte.

Il était sincère. Il ne savait toujours pas s'il allait lui apporter un quelconque réconfort mais il avait envie de l'entendre, besoin aussi, suite à ces semaines plongées dans la plus profonde des solitudes. Cela lui faisait du bien de se sentir un peu utile. Plus qu'il ne l'aurait cru.
Maintenant qu'il avait opéré son accroche visuelle et verbale, il se remit de profil, mais il ne se concentrait plus sur le dallage de la chapelle, son regard était vague et son oreille était attentive. Les mots pouvaient glisser, ils ne seraient pas jugés.

Il se sentait prêt à remplir ce rôle finalement...

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Sam 29 Mar à 17:30

La jeune femme chercha longuement ses mots, qu’est ce qui lui disait qu’on allait la marier après tout. Mais elle s’en doutait, elle le sentait. Elle avait passée ses 19 ans printemps il y avait peu et elle était nubile depuis presque 6 ans. Et maintenant qu’elle était à la cours, elle savait que l’échéance était proche malgré ses propres réticences, mais cette angoisse larvée de nostalgie.
Elle prit une bouffé d’oxygène, puis se mit à parler, toujours de cette voix fluette, qui reflétait sa peur de troubler un lieu si saint avec des considérations si terre à terre.


Mon père je me pose des questions sur la relation que doivent entretenir homme et femme dans le mariage. Quelle place dois-je tenir exactement. Par rapport à la spiritualité, bien entendu, par plus bassement, dans la vie d’un époux qu’elle rôle peut avoir une femme, en plus de lui donner une descendance ?

Essylt savait que les mariages d’amour n’existaient pas. Son grand père avait épousé sa grand-mère pour la dot que représentait la jeune fille qu’elle était alors. Elle savait que souvent il n’y avait aucun recours, certaines femmes au couvent étaient des femmes mariées, elle s’en souvenait, qui avait fuit leur grossier mari pour se refugiée à l’ombre du couvent.
Elle avait souvent entendu ses femmes parler à demi-mot de ce qu’elle avait vécu, et si elle n’avait pas comprit petite elle savait maintenant ce que cela pouvait représenter.
Elle n’espérait pas un mariage ou une union faite d’amour et de douceur, mais au moins, agrémentée d’une certaine complicité, et d’un respect mutuel.
Sa mère aussi était exemple horrible. L’homme qu’elle avait aimé lui avait fait un enfant, et la jeune femme s’était faite enlever pour la beauté de ses terres par un gros rustre. Etait ce cela le mariage ? N’était ce qu’un océan de souffrance accru par le désespoir et la peur d’être la femme d’une bête qui ne passe par votre couche que pour faire une descendance, et partage ses nuits avec plusieurs maîtresses ?
Elle avait peur, et cette angoisse sur son statut de femme lui avait été démontrée par toute cette haine et cette peur de la femme qu’avaient les hommes. Xénophon pensait que moins une femme en savait mieux elle était. Et pourtant elle avait voulu se concevoir comme une femme sur ce mode de pensée. Une bonne épouse attentive, qui sache tenir une maison. Le modèle grec en somme. Mais elle connaissait aussi l’idée de la bible, les femmes étaient des pécheresses qui cherchaient à connaître, et la connaissance semblait si mal dans le Livre. Etaient elles toutes des pécheresses en devenir des pénitentes potentielles, devant se faire pardonner un crime qu’une femme avait commit dans des temps immémoriaux ?

Essylt avait peur que son époux ait peur d’elle, ait peur de ses idées de sa curiosité, de son acharnement parfois. Devrait-elle toujours caché sa nature passionnée pour le bien de son couple. Devrait-elle réfréner sans cesse sa joie de vivre pour paraître si douce et si stoïque ? Si laconique ? Elle savait comment devait se tenir une femme et elle savait que cela plaisait aux hommes car Essylt ne voulait pas partir au couvent à 19 printemps. En effet le choix était restreint pour les femmes.
Epouse ou nonne. Lequel était le mieux.
Elle n’avait pas la voix du couvent dans le cœur. Et elle avait envie d’être quelqu’un pour quelqu’un d’autre. Mais son idée était-elle galvaudée ? Essylt se posait en effet milles questions et ce depuis l’adolescence, elle en avait fait un résumé au prêtre. Il ne fallait pas que son oreille attentive, parte la soutane au cou, en se disant qu’elle était folle. Alors la jeune femme avait pesé ses mots, baisser ses yeux verts qui pourtant lui brulait de détaillé plus avant ce jeune homme qui avait son âge.


Quelle place doit tenir une femme dans sa maisonnée… je dois m’angoisser pour rien mon père, mais cette question me hante. Que dois-je être pour mon époux ?
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Julien
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Lun 7 Avr à 20:42

Julien avait craint ce genre de questions... Celles pour lesquelles il n'avait absolument aucune expérience. Pire encore, il ne l'acquerrait certainement jamais.
Il fut donc un peu embarrassé pendant quelques secondes. Pas par la teneur des propos qui ne le choquait guère, plutôt par peur de paraître niais et absurde.

Il essaya de réfléchir à toute vitesse, avec ce visage recueilli et lisse, si propre aux prêtres qu'il arrivait bien à feindre - il était tout sauf rassuré en son fort intérieur. Quelle expérience indirecte avait-il du mariage ? Il avait bien vu quelques gens de Camelot en épousailles. Il avait parlé à Ophélia qui courait après Mordred. Il avait observé des femmes qui ne souriaient pas et qui se réfugiaient bien trop souvent à la Chapelle pour être heureuses en ménage. Oh certes, tout comme Essylt, il savait que bien souvent, les femmes ne trouvaient pas leur compte dans le mariage. Même si elles y étaient préparées.

Quel rôle devaient-elles tenir alors auprès de leurs époux ? Il fallait avouer que la question ne l'avait jamais tiraillé. Tout simplement parce qu'aucune femme n'était censée perturber sa vie, se lier à lui. Aussi parce que les hommes ne songent pas à ces choses là partant du principe que tout est si établi qu'on a pas à en parler.
Mais aujourd'hui, cette jeune femme en âge d'être mariée venait l'interroger. Apaiser ses doutes, il le sentait bien.

Il n'allait donc pas lui sortir ce qu'elle savait déjà. Il chercha alors quelque chose de personnel. Il repensa à sa mère, au rôle qu'elle tenait auprès d'Augustus. Il s'agissait là d'une famille à la romaine mais y-avait-il réellement une différence ici, en Bretagne ?

Il fallait déserrer la mâchoire à présent, mettre de la conviction dans ce qu'il allait lui dire. Il espérait être apaisant et surtout alléger ses craintes de demoiselle :


- Je me suis toujours fait l'image de la femme qui supporte son époux. Dans le bon sens du terme. Voyez-vous, l'homme est promis à un destin compliqué, sa famille dépend de lui, il est le garant de sa sécurité, de sa survie parfois. Il doit partir à la guerre, montrer le droit chemin à ses enfants. Et son épouse est l'élément essentiel de l'équilibre du foyer.

Il s'interrompit, pour voir s'il ne la perdait pas. Ne sachant pas trop statuer, il continua :

- Il lui échoue un rôle important. Elle apaise, elle écoute, elle fait office d'un pilier auquel on se raccroche. Elle peut jouer le rôle de conseillère. Et bien entendu, les attentes des époux envers leurs femmes peuvent varier. On vous a appris qu'il fallait prendre soin de votre foyer, de votre époux. Peut-être faudra-t-il aller un peu plus loin et de manière habile être l'oreille et le mot juste qui oriente. Vous êtes une femme instruite, ce ne sera pas difficile.

C'était l'image qu'il se faisait de sa mère. Avait-elle été déformée par ses yeux de jeune idéaliste, contestant l'autorité paternelle ? Nous ne le saurons sans doute jamais.

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Dim 27 Avr à 19:59

La jeune femme ferma un instant les yeux. Elle écoutait avec le plus d’ attention possible, car s’il était prêtre, il était aussi, un homme et chaque conseil pouvait être utile. Elle le savait, elle devait être prête, elle devait savoir à quoi s‘attendre et savoir quel rôle pouvoir jouer dans sa famille.
La réponse du jeune homme dénoua les nœuds de son estomac, et soulagea un peu son cœur et ses doutes de jeune femme. Elle rouvrit les yeux, le cœur un peu plus léger qu’en entrant en ces lieux de recueillement. Elle esquissa un sourire, et tourna son visage pour répondre, ses yeux baissé comme ceux des femmes devaient l’être, devant un homme on se fait humble, devant une femme on tente d’être meilleure. C’était l’attitude qu’avait toujours eu Essylt de Northumbrie.


Si ce n’est que cela, vous me rassurez mon père, j’espère que cela sera doux et que je serais la meilleure épouse possible. Vos conseils sont gravés, je m’en souviendrais à l’avenir.

Bien sûr elle le pensait. Toutes les jeunes femmes un peu naïves et utopiques comme elle pensaient ce qu’elles disaient. Pas de mesquinerie, ni de malignité chez la jeune femme. Elle était franche, et elle voulait toujours être la plus douce possible.
Elle esquissa de nouveau un sourire, et regarda devant elle, remerciant tout Dieu vivant ici d’avoir mit ce prêtre sur sa route, elle savait qu’elle pourrait lui parler, elle savait que ce genre de personne était à l’écoute, c’était leur métier, et savoir cela la réconfortait un peu, bien qu’elle soit perdue dans ce nouveau monde et qu’elle ai quitté sa famille pour rencontrer ce père, rustaud, un peu bête sans doute, mais après tout, n’était ce pas son devoir de la reconnaître ? Elle voulait qu’on sache qui elle était. A cet instant elle se sentait plus forte plus sereine, pour affronter, un peu rassurée sur un avenir qu’elle savait se rapprocher à grands pas, elle ne pouvait pas deviner ec qui allait lui arriver mais dans les grandes lignes elle connaissait son avenir. Tout ce qu’elle désirait se résumait en trois points : être une bonne épouse, ne pas mourir en couche, être reconnue comme une femme cultivée. C’était tout ce qu’elle désirait de la vie, et elle savait que c’était beaucoup et fort peu à la fois.

Essylt se signa, comme si elle venait de recevoir une bénédiction de Dieu, lui-même, mais malheureusement c’était machinal et n’avait comme fonction qu’un rite pour se rassurer. Mais ça le prêtre ne pouvait pas le savoir, s’il était le représentant de Dieu sur Terre il n’était pas devin pour autant. Bien sûr Essylt avait envie d’en savoir plus sur ce jeune homme, car tout les prêtres qu’elle avait rencontré était vieux avait des rides profondes des cernes due aux jeûnes. Mais lui ils n’avaient pas vraiment les « marques d’un prêtre », comme des stigmates marquants son appartenances à cette caste. Mais elle était suffisamment intelligente pour savoir qu’il la connaissait à peine et qu’il n’allait pas lui raconter sa vie dans les détails. Mais sa curiosité maladive prenait le dessus, et elle murmura.


Je sais que je vais vous paraître mal élevée, et vraiment curieuse, mais vous paraissez si jeune pour être prêtre, et si sûr de ce que vous dites. Vous … enfin… Je ne sais pas, c’est assez étrange de savoir que l’on va vouer sa vie à Dieu si jeune.

Elle savait que c’était maladroit, mais elle ne savait comment l’exprimer, et toute vocation la surprenait. Elle n’avait jamais vraiment eu de passion sinon les parchemins et les quelques livres qui lui étaient passés entre les mains, alors voir qu’à son âge ce jeune homme était déjà sûr au point d’avoir été ordonné, cela la décontenançait au plus haut point. Et si elle avait été maladroite, son questionnement était sans malice et vraiment sincère.
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Julien
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Mar 13 Mai à 19:45

Julien n'était pas divin non. Il était sûrement aussi naïf que la jeune femme qu'il avait à côté de lui... Si bien que lorsqu'elle se montra si confiante envers son avenir et reconnaissante suite à ses conseils, il en ressentit un profond bonheur. Il sourit, toujours un peu au dallage, et se dit qu'il n'était peut-être pas si mauvais que ça...
Il avait toujours douté de son chemin. Seulement, à cet instant, il se sentait à sa place.

Comme libéré - sans doute temporairement - de son mal-être qu'il portait depuis si longtemps, il reçut sa question sans vexation aucune. Il ne voyait pas ce genre de curiosité comme un défaut. Il n'y avait rien de malsain dans cette demoiselle. Elle était juste franche.

Il tourna son regard vers elle et eut un petit rire :


- Je ne le suis pas vraiment... Enfin pas tout à fait... Prêtre.

Il laissa quelques secondes s'écouler, se demandant s'il le serait un jour. L'ordination, c'était un peu l'Arlésienne du moment ! Quelqu'un serait-il enfin envoyé de Rome pour le faire prêtre ? Nul ne le savait. Et il n'osait guère déranger le Roi avec cela.
Il continua, d'une voix calme où perçait un peu d'inquiétude :


- Pour vous dire la vérité, mes certitudes sont de plus en plus vacillantes depuis que je suis arrivé ici. Mais je ne peux laisser les gens de Camelot sans un homme de Dieu afin de m'absorber dans la résolution de ce problème... Disons que mon engagement participe plus d'un choix que d'une vocation. Cela doit vous paraître étrange mais c'est ainsi.

Il ne souhaitait pas l'effrayer mais il n'avait point le cœur à lui mentir en se montrant comme illuminé par la Foi.
Il ajouta, l'air bienveillant :


- Et vous me paraissez tout sauf mal élevée...

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Sam 21 Juin à 15:31

Essylt hocha doucement la tête suivant la réflexion du jeune homme en face d’elle. Ainsi il n’avait pas reçut l’ordination. Elle remarqua tout de même pour elle-même que Rome n’était pas forcément la porte à côté et que l’évêque de Rome ne se souciait peut être pas plus que cela des confins des terres celtes. Elle osa un sourire puis laissa échapper d’une voix douce.

L’important dans la religion, n’est pas le bien être que l’on ressent et l’état de symbiose que l’on a avec Dieu ? Une ordination n’est qu’une confirmation de votre place, et pour ma part malgré votre jeune âge, on ne pourrait douter de votre vocation… Vous avez la douceur des hommes de Dieu.


La jeune femme le sentait à au velours sans malignité de sa voix, il semblait aimer les gens, et se sentait une place auprès d’eux, c’était pour elle les qualités premières des serviteurs du Seigneur.

Elle jeta un regard inquiet à la porte de la chapelle. Au moins ici, elle était plutôt libre, hors du regard de sa gouvernante, et hors du monde. Ses terres lui manquaient et ici elle avait retrouvé un peu de la sérénité qui lui faisait défaut. Sa bonne Audovère ne viendrait pas la tirer de la chapelle, car, d’une elle devait veiller à son installation et à sa garde robe, de deux elle savait sa jeune protégée en sécurité. Au moins un endroit peut être pour elle seule, c’était une chose à retenir, et de plus c’était un lieu peu fréquenté, calme. Et si Audovère pouvait être son ange gardien, elle pouvait tout aussi bien prendre l’apparence d’un diablotin.

Essylt s’était sentie plus légère lorsque le jeune homme lui avait dit qu’elle n’était pas mal élevée. Cela l’avait rassurée sur elle-même et sur son éducation, elle ne voulait pas être déplacée ni dans ses mots ni dans son attitude, cachée un peu la sauvageonne qu’elle avait été dans son enfance, plus près des druides que de ses livres, plus tachée de boue que parfumée à l’eau de rose. Ce temps était ainsi passé avec son enfance.
Elle laissa ses prunelles vaquées sur les murs puis se poser de nouveau sur ce jeune prêtre, mais n’osant pas vraiment le regarder ni s’attarder. Essylt timide ? Ce n’était pas peu dire, de son enfance recluse et renfermée la jeune femme avait gardé une grande part de timidité. Elle osa enfin une nouvelle question après un long temps de silence.


Quand vous serez prêtre, pourriez vous être mon confesseur ? Ma gouvernante ne cesse de me harceler pour que j'en ai un... et j'aimerai que ce soit vous.

Ses mots lui avait fait tant de bien au cœur et à l’âme, qu’elle avait envie de ne se confier qu’à lui, il était gentil et son regard n’avait rien d’inquisiteur. Bien moins que celui d’Audovère qui songeait sans cesse à lui faire avouer des péchés qu’elle n’avait pas commis. Du moins s’il restait ici, ce serait une épaule sur laquelle s’appuyer. Elle avait lancé un regard vert dans sa direction, qui contenait toute sa mélancolie, sa malice, et son désespoir. Un regard pouvait contenir beaucoup de chose, et celui d’Essylt était une porte ouverte sur son âme.

Elle aurait pu, telle une enfant ajouter, un petit « dites oui » mais elle le garda au fond de sa tête. Pour elle-même. Mais elle était une femme à présent. Alors elle se contenta d’un sourire et de baisser les yeux comme à son habitude, le voile vert, couleur des landes retombant de part et d’autre de son visage.
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Julien
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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Jeu 3 Juil à 15:15

La symbiose avec Dieu. Elle avait raison. Mais malheureusement c'est ce qui lui manquait trop souvent. Il se sentait toujours abandonné par le Créateur, délaissé sur ces terres isolées.
Il ne croyait plus en sa vocation, il subissait un choix, c'était tout à fait différent. Et il lui arrivait même de se demander parfois s'il n'avait pas pris la mauvaise route. Peut-être aurait-il du se ranger à l'avis paternel. Alors sa vie aurait pris une tournure bien différente. Il avait fui sa Rome natale afin de trouver la liberté et pourtant il se sentait entravé. Il se voyait tourner en rond dans cette Chapelle jours après jours sans résultat aucun et il perdait confiance en sa Foi. Au début, il avait vu là une épreuve divine, aujourd'hui il doutait plus que jamais.

Il lui sourit tristement et ne fit que hocher lentement la tête en signe d'assentiment. Il ne voulait pas paraître si désabusé quand on venait lui demander de l'aide. Et cette jeune femme semblait si soulagée de lui avoir parlé qu'il y avait de quoi se sentir confiant. Cependant, la confiance en soi lui avait toujours fait défaut. C'était ainsi, il fallait encore y travailler.

Il nota qu'elle jetait d'anxieux regards vers la porte et il ne put s'empêcher de confirmer ce qu'elle pensait, bien qu'il ne le sache pas :


- Personne ici ne viendra troubler votre repos. Cet endroit est désert la plupart du temps.

A part lors des offices qui étaient de plus en plus fuis malgré tout. Il avait pourtant tout essayé mais les croyances impies avaient la vie dure en Bretagne. Les messes ne drainaient donc pas les foules et même si Arthur était le véritable exemple du parfait chrétien, ses sujets ne l'imitaient que très difficilement. Même ses chevaliers. Et ne parlons pas de la Reine ! Julien avait pourtant demandé au Roi de lui en toucher un mot mais il n'y avait eu aucune révolution notable dans son comportement plus que farfelu envers l'église. Il espérait pourtant encore...

Lorsqu'Essylt lui demanda de devenir son confesseur, il en fut très touché. Il ne s'y était pas attendu et cela le remplit d'une douce chaleur. Il sourit cette fois-ci avec joie et il marqua un temps de pause afin de ne pas paraître trop empressé :


- Oui, avec plaisir. Je pourrai vous entendre en confession dès que vous le souhaiterez, le Roi m'a autorisé à prendre toutes les fonctions d'un véritable prêtre si j'ose dire.

Il rougit légèrement car il avait peur que son ton soit trop égaillé pour être professionnel. Il trouvait cette jeune femme attachante, il ne pouvait s'en empêcher.

- Vous trouverez toujours le refuge nécessaire à vos tracas ici. Ne l'oubliez pas...

[Je pense que tu peux clore le post à présent Wink]

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Essylt_old

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MessageSujet: Re: « Veillez sur nous, pauvres pêcheurs. »   Mer 13 Aoû à 10:45

[désolée du temps que j’ai mit à répondre et de mon post assez court]

Essylt sourit. De ce sourire lumineux que peuvent offrir les gens vraiment heureux. Elle n’osait pas l’exprimer mais enfin elle avait trouvé une oreille attentive, et un confesseur Audovère serait contente. Même si ce confesseur n’était pas vieux et décrépis, chose qui aurait encore plus satisfaite sa gouvernante. Essylt oublia un peu qu’elle était partie depuis longtemps de sa chambre et que la dite gouvernante devait la chercher partout. Nous veau regard inquiet. Mais elle se sentit un peu plus soulagée qu’en entrant ici.

Je vous remercie Messire d’avoir entendu mes doutes.

la jeune femme se leva puis s’inclina dans une jolie révérence. Point de fioriture, elle baissa son minois avec humilité. Après tout on ne l’avait pas si mal élevée, et elle savait se comporter en société. Lorsqu’il lui dit qu’elle trouvera le refuge qu’elle souhaitait en cas de soucis, elle se sentit totalement soulagée. Elle avait enfin un endroit où elle pourrait se sentir bien. Sans l’œil inquisiteur d’Audovère, sans ses réflexions, sans tout ce qui pouvait lui faire du mal, ou la blesser à l’occasion.

La jeune femme jeta un dernier regard vers Julien, puis se dirigea lentement vers la sortie après s’être signée une dernière fois en direction de l’autel. Une dernière génuflexion, un dernier coup d’œil. Puis elle se dit qu’elle n’avait vraiment pas envie de rentrer dans ses appartements, Sa gardienne devant toujours être en train d’organiser ses effets, de s’énerver, et elle devait trouver la quiétude d’un lieu qui pourrait l’accueillir.

Lorsqu’elle mit un pied dehors, l’odeur d’humidité qui régnait un peu dans la chapelle se dissipa totalement et dans l’air froid elle inspira une longue bouffée d’air frai. Elle resserra son mentel autour de ses épaules.
Il faisait vraiment froid, et il n’était aucunement question de traîner dehors, ni aux écuries, ce n’était pas un lieu pour elle, en tout cas pas ici. Ici il y avait des codes, pas comme chez son grand père, ni chez sa mère. Là bas elle avait plus de libertés, là bas on n’allait pas la juger et elle ne voulait entacher en rien son nom, ni celui de sa mère, ni même celui de son père en se comportant comme une maraude. Alors Essylt se résigna, au travers de ses bas de laine elle sentait le froid, le froid mordant. Elle lâcha un soupir puis prit la direction du château en espérant visiter et ne pas tomber sur quelque importun, ni se perdre.


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