La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 Chambre de Dame Apollinaire

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*Eirene*_old

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MessageSujet: Chambre de Dame Apollinaire   Jeu 16 Aoû à 14:55

[Si jamais "l'homme au regard pénétrant" passait, par hasard, dans le couloir après la Chapelle... Razz]

Eirene avait silencieusement parcouru les salles, couloirs, escaliers qu'on lui avait fait emprunter pour la mener jusqu'à la chambre qui l'abriterait pendant quelques mois... La tête haute, elle n'avait laissé que ses yeux se promener à leur guises sur les diverses tentures, tapisseries, tapis, et meubles ouvragés qui lui était donnés d'apercevoir. Bien entendu, elle ne trahissait pas son nouvel étonnement quant à l'allure cossue de la demeure du Roi Arthur. Là encore, elle devait avouer l'avoir rudement sous-estimé.
Elle se demandait d'ailleurs pourquoi elle avait nourri telle pensée au fur et à mesure des préparatifs de son voyage. Elle était contente pourtant de quitter son époux ainsi que l'Arverne qu'elle trouvait ennuyeuse et triste... Seulement, son goût prononcé de la mode romaine, qui lui était resté de par son enfance, faisait qu'elle trouvait son habitat fort agréable et qu'elle avait eu peur de se retrouver dans une vulgaire cabane sous un ciel pluvieux.

Heureusement, Camelot offrait plutôt un asile accueillant. Elle retournait sans cesse dans sa tête les gentilles paroles du Souverain. C'était vraiment quelqu'un celui-là ! Elle chassa rapidement cette idée trop positive. Elle n'était pas venue ici pour prouver combien Arthur était grand, elle devait absolument savoir comment il tenait sa population par rapport à l'Eglise et aux anciens cultes religieux...
Sans parler des us et coûtumes qu'elle devait mémoriser, car Sidoine s'y intéressait bel et bien.

Lorsqu'elle arriva dans l'aile des dames, elle fut agréablement surprise de la voir si proche de l'aile des chevaliers. Certaines des habitudes qu'elle gardait du royaume des Francs étaient tenaces... Et si un lit moins vide pouvait l'aider à recueillir certaines informations plus sûres, ce serait joindre l'utile à l'agréable. Elle eut un petit sourire, rapidement chassé par une moue d'agacement quand elle vit Eliane, toujours et encore à la traîne, ouvrant ses grands yeux sur tout ce qui l'entourait.


- Eliane, tu as pensé à demander qu'on apporte ici toutes nos malles ?

La suivante cligna des paupières deux ou trois fois avant de mettre sa petite main devant sa bouche :

- Oh non Madame, j'ai oublié, j'y vais immédiatement...

Eirene la congédia d'un claquement de doigts avant de soupirer. On était devant la porte de sa chambre... Et dire qu'elle devait attendre cette petite gourde afin de se changer.
On lui ouvrit la porte et elle put se rendre compte à quel point son hôte traitait bien les étrangers. C'était une chambre tout à fait confortable, avec un grand lit, massif mais sûrement très agréable... Il y avait également de larges fauteuils en bois et la fenêtre ouvrait sur les douves (on y tient à notre pont levis !) en contre-bas, avec la forêt au loin. Parfait !

Quelques aller-retours d'Eliane plus tard, les malles furent ouvertes, le linge rangé dans les coffres et les armoires, les fioles posées délicatement sur la petite table, un baquet d'eau chaude monté.
Eirene, une fois baignée, s'installa à la table qui lui servirait de coiffeuse et laissa sa Suivante démêler ses longs cheveux noirs et bouclés. Une fois cette tâche accomplie, elle se para d'une robe d'intérieur froncée à la taille, elle passa ses sandales et teint une fois encore à se maquiller seule, comme toujours.

Eliane avait disparu depuis quelques instants quand Eirene se retourna afin de la chercher du regard. La porte entrouverte indiqua que la jeune femme était sûrement en train de visiter l'aile entière, curieuse comme elle était. Sa Maîtresse se risqua quand même à l'appeler, elle n'avait plus besoin d'elle mais elle aimait affirmer son autorité sur cette toute jeune fille :


- Eliane ! Ne me dis pas que tu es encore en train de minauder devant un garde ?!
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Lancelot du Lac_old
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mar 16 Oct à 18:35

Lancelot comme prévu arrive de la chapelle.

Le confort des chambres d'hôtes du Roi Arthur que la belle Eirene semblait apprécier allait même au delà de ce qu'elle pouvait imaginer...
En effet dans sa grande sagesse, le premier des Rois chrétiens en plus d'avoir soigné la décoration et le confort avait aussi pris garde à ce que l'environnement "sociale" nous dirons, fût tout à fait appréciable. Les chambres des dames n'étaient pas très loin de celles de ses plus preux chevaliers et par un étrange agencement architectural, volontaire ou non on ne le saura jamais, il s'avèrait que plus le chevalier était preux et plus sa chambre était proche de celles des dames.
Il est inutile de préciser que la chambre de Lancelot était la plus mitoyenne...

Peut-on être plus généreux avec ses hôtesses, tout en respectant un minimum de convenance ? Probablement pas, véritablement ce roi là avec sa table ronde et ses chevaliers galants tout dévoué à son service et à celui des dames était un véritable génie que l'Histoire se devrait de louer dans les siècles à venir.

Lancelot ne se privait pas d'exploiter à son avantage cette astucieuse disposition et justement à cette heure il traînait "comme par hasard" du côté des délicieux couloirs (ou couloirs des délices) qui entouraient les chambres des dames.

Pourquoi y était-il, parce que le soldat Owen, un homme qui décidement avait tout pour faire fortune, avait contre un demi sou informé Lancelot qu'une belle dame et sa suivante était arrivée au château ce tantôt.

N'écoutant que son instinctif sens du dévouement pour le beau sexe, à peine Lancelot l'eût-il appris qu'il se précipita, revenant de son entretien avec Julien évêque des Paillassons (voire Pape...), pour aller souhaiter le bonjour et la bienvenue à cette belle venue du pays des Francs.
Une personne venue de France ne pouvant qu'être belle aux yeux de Lancelot.

Si Lancelot avait courru jusque là, ce n'était pas seulement parce qu'il était pressé mais parce qu'en homme expérimenté connaissant les inclinaisons féminines, il savait qu'en courant il se mettrait à transpirer et que cela ferait ressortir de lui les senteurs "animâles" de sa personne qui se chargeraient de troubler un peu plus les invitées.

Il rencontra dans le couloir une jeune fille inconnue affairée aux affaires de sa maîtresse qui, si elle minaudait, ce n'était certes pas devant un quelconque garde, mais devant LE garde suprême du lieu.

En l'apercevant, il cessa sa course et se mit à marcher d'un pas assuré et tranquille dissimulant son léger essoufflement.
Il se campa devant elle non sans grâce et dit de sa presque plus caressante voix :


Lancelot : " Bien le bonjour, gente dame Oiselle. Permettrez vous au premier des porteurs de Camelot de vous venir en aide ? Je suis fort coutumier des fardeaux royaux.
Accordez moi la grâce de me laisser vous apporter mon aide."


Lancelot pour son temps était homme pragmatique finalement. Même si un homme de son rang se devait de viser la maîtresse, la servante, car il reconnut immédiatement une suivante dans la personne d'Eliane, avait une mine agréable. Alors comme il lui fallait de toute façon passer par la servante si il voulait toucher la maîtresse, il convenait donc être aimable et séducteur avec elle aussi. Comme ça en plus au cas où les choses tourneraient mal avec la première, il pourrait toujours espérer festoyer de la deuxième...

Puis il entendit une voix féminine qui appelait dans le couloir.
Il leva la main et dit avec un sourire aux dents à la blancheur suspecte :


Lancelot : " Ah, votre maîtresse vous appelle. Rejoignons la vite avant qu'elle ne vous fouette... Je dirai que c'est moi qui minaudai..."

Et un clin d'oeil appuya sa dernière parole.

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*Eirene*_old

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Jeu 25 Oct à 17:44

Oh certes, Eliane ne minaudait pas. Tout du moins pas encore. Elle était toute envoûtée par le lieu où elle se trouvait. Elle aurait même pu établir sa couche dans le couloir tellement elle le trouvait beau. Ah Dieu, ces couleurs, ces lueurs, ces... odeurs ?! Les ailes du nez de la Suivante se mirent à s'agiter et elle tourna la tête dans la direction de Lancelot, qui répendait une senteur qu'il n'avait jamais été donné à Eliane de connaître. Elle en resta coite, sous le choc à la fois de cette rafale musquée qui lui troublait l'esprit et de cet homme qui valait bien cent cinq soldats Owen à lui tout seul.

Que... La petite rougit de belle façon et n'osa même pas rencontrer le regard de celui qui venait de l'aborder, de peur d'en rester pétrifiée, bien que Lancelot soit à l'opposé de la Méduse en terme de beauté. Et il fallait dire qu'avec ses seize ans, elle était plus qu'impressionnée de croiser pareil specimen, à la voix si charmante et à la stature si imposante. Au bout d'un moment, qui lui parut une éternité mais qui ne compta que quelques longues secondes, elle balbutia, les yeux toujours rivés sur ses pieds :


- Je... heu... ne sais... Je peux me débrouiller toute seule.

Pas de marque de politesse plus appuyée. Eliane était plongée dans un trouble profond et elle avait de ce fait, pris le mot "porteur" au premier degré.
Une dernière malle gisait à ses pieds et quand la voix d'Eirene se fit entendre dans le couloir, elle entamait une nouvelle phrase :


- Enfin, si vous le souhaitez...

Et elle toucha du bout de son pied chaussé la malle en question, d'une taille assez ridicule pour qu'elle justifie pareille offre. Elle se baissa pourtant et saisit l'objet afin de la donner à Lancelot qui déjà répliquait avec humour, ce qui déclencha un rire plus que nerveux de la Suivante. En gros, on aurait pu la marier avec le Pape des Paillassons...

Pendant ce temps-là, Eirene, n'y tenant plus, s'était levée dans sa robe d'intérieur, froncée à la taille, et faite de nombreux voilages dans les tons ocres, afin de gagner le couloir et de secouer son empotée de servante.
C'est donc d'un pas plutôt décidé qu'elle franchit la porte et se rua aux devants des deux autres, au moment même où Eliane portait vers Lancelot cette malle minuscule.

La Romaine stoppa, dans son élan et fut marberisée au milieu du couloir. Seule sa tête se penchait légèrement sur le côté sur son long cou. On aurait pu croire une figure de Nymphe d'un tableau de Botticelli, avec ses voilages portés sur l'arrière. Seulement, elle s'approchait maintenant plus du Contrapposto, beaucoup plus figée qu'une femme gambadant.

Non, ce n'était pas cette scène plus que pathétique "d'Eliane à la malle dorée" qui venait de la clouer sur place. Ce n'était pas non plus le charme si masculin de Lancelot. C'était Lancelot lui-même. Il ne fallut qu'un court instant à Eirene pour déglutir et se remettre en marche, agitée par ses pensées, sans pour autant qu'elles puissent se lire sur son visage encadré par ses cheveux noirs.

Ce ne pouvait pas être lui... Après quoi, dix ans, elle croiserait le même homme à deux endroits si éloignés l'un de l'autre ? Le premier avec qui elle aurait... hum... enfin... disons déshonoré son époux ?
Elle n'avait même pas su qui était ce jeune homme à l'époque. Toujours est-il qu'elle allait certainement bientôt le savoir.

Elle se remit en marche et en quelques pas, elle fut dans le dos d'Eirene, lui assenant d'un ton tranchant :


- Petite sotte, tu t'adresses à un chevalier, pas à un vulgaire valet ! Prends cette malle et disparaît !

La nervosité qu'avait ressentie Dame Apollinaire venant de s'évacuer, elle put arborer un visage plus chaleureux envers cet homme. Elle avait depuis longtemps appris à se maîtriser, même dans des situations aussi catastrophiques que celles-ci. Surtout qu'elle devait savoir se tenir devant un chevalier du Roi. Car elle savait que ç'en était un, par sa mise et surtout par cette sorte d'aura qui émanait de lui. Seuls des hommes qui avaient traversés de nombreuses aventures - surtout pour Lancelot ! - pouvait porter une telle essence en eux.
Par contre, était-ce Gahariet, Gauvin, Tristan, Lancelot ...? Elle ne le savait guère.
Elle le salua enfin :


- Messire, veuillez pardonner... - elle fronça légèrement les sourcils, l'odeur venait de la prendre à la gorge, mais qu'est-ce que c'était que ça ? Visiblement, ça n'avait pas exactement le même effet sur Eirene que sur Eliane - ... l'attitude de ma suivante, elle est jeune et encore trop volubile. Et à qui ai-je l'honneur (l'odeur lui souffla son esprit !) de parler ?

Elle avait dit cette dernière phrase avec une once d'empressement, ne sachant pas si elle voulait ou non connaître la réponse.


Dernière édition par le Sam 5 Jan à 20:21, édité 1 fois
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Lancelot du Lac_old
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 26 Déc à 19:08

Il existe presque autant de sortes de séducteurs que de variétés de pommes de terre. De la Vitellotte jusqu'à la Roseval en passant par la belle de Fontenay, on soupçonne peu la diversité que l'on trouve parmi ces fameux tubercules tant apréciés de nos jours et, même si la comparaison peut sembler anachronique à une époque où elles ne poussent encore que dans les champs obscurs et lointain des futures Amériques, on ne peut manquer d'être saisi par les étonnantes similitudes que l'on peut relever entre le Don Juan et la patate.
A titre d'exemple, car une affirmation n'est rien sans une illustration duement justiée, voici la description de quelques spécimens typiques :

Bien entendu, on ne peut manquer de commencer par la classique : belle, ronde, une peau normale, un léger gout de terre qui fleure bon son authenticité. L'avantage qu'elle présente est qu'on peut la manger avec toutes sortes d'accomodements: aux petits oignons, en robe des champs, en farce pour les dindes ou les poulardes. C'est le charme brut de la campagne qui opère, celui du jeune provincial qui déboule dans la capitale, bref le truc ancien mais qui marche toujours.

Il y en d'autres, il y a l'exotique: une peau rouge une chair tendre et un peu sucrée. On pourrait presque la déguster sans accomodement si l'on n'y trouvait un arrière goût un peu trop épicé pour la sensibilité usuelle d'un palais breton.
[Hj : ne pas y voir de rapport avec le biscuit, c'est tout à fait fortuit ]

On trouve aussi, le genre petit, plutot diforme et nabot qui n'a rien pour plaire à priori mais qui séduira malgré tout grâce à une formidable énergie qui se dégage une fois en bouche. On pense souvent que cette sorte de patate est de la graine de celles qui devraient faire les dirigeants. Le charme du pouvoir en quelque sorte, qui agit sur un certain type de palais de femme (ou de femme de palais plutôt). [Hj : ne pas y voir de rapport avec qui que ce soit existant de nos jours, une fois encore c'est tout à fait fortuit si c'est le cas ]

Et puis évidemment il y a le grand, l'imposant, celui qui ne sait pas être autrement que géant. Une peau ferme, épaisse et à toute épreuve. Il semble avoir toutes les qualités, y compris gustatives. On lui pardonnerait tout puisqu'il est si parfait.
En réalité, on ne s'aperçoit de sa limite qu'aux suites d'une pratique de quelques années, le ventre repu après en avoir un peu trop souvent abusé. Elle révèle alors un arrière goût amer dont les femmes ont beaucoup de mal à se désintoxiquer.

On aura bien entendu reconnu dans la dernière variété la plus proche de celle à laquelle Lancelot s'apparente.
Mais ce qu'on ignore surtout, et là nous quittons presque la botanique, c'est que le fruit de la plante de la pomme de terre, le saviez vous est très toxique. Il ne faut donc jamais vouloir d'enfant avec ce type d'homme à moins d'être dôté d'une attirance particulière pour les ennuis.
Les femmes devraient donc apprendre à s'en méfier, surtout de la dernière variété sus-citée, particulièrement nocive.
Mais on connait les femmes, toujours elles se laisseront prendre au piège de la pomme de terre qui est des plus sournois. En un sens tant mieux pour nous...

Lancelot, dans l'inconscience total du simple acteur de ce qu'il était vraiment (la patate n'a jamais conscience qu'elle est une patate), en cet instant se voyait plutôt homme en face de deux femmes parfaitement comestibles.

Il regardait cette magnifique nouvelle apparition avec des yeux dont le brillant avait quelque chose d'impudique.
Bien entendu il ne se souvenait nullement de cette obscure première rencontre qui fut le dépucelage aldutèrin d'Eirene. Lancelot depuis ses chastes jeunes années et la malheureuse affaire Galahad (le fruit toxique de service) avait trop distribué son huile de friture à trop de femmes différentes pour se souvenir d'une seule, eut-elle été reine des Vandales. Puis la dame avait changé, murie nous dirons, il faisait sombre, peut-être avait-il trop bu ce soir là ( ou trop mangé de coq au vin ?), qui savait...

Toujours est-il que si la mémoire directe était défaillante, la mémoire esthétique, elle, ne l'était pas.
Les mêmes causes produisants les mêmes effets sur le même homme, la vue des courbes endrapées et toutes "romaines" de Dame Appolinaire lui donnèrent tout de suite l'envie d'être aimable, à la fin intéressée d'en connaitre le rayon, le rayon de courbure évidemment.

Il sourit avec douceur.

En homme de guerre toujours prudent, ce qui expliquait son invincibilité, Lancelot se tenait toujours prêt à se ménager une position de repli.
Agissant en amour de la même façon et ayant pu juger de l'effet qu'il produisait sur la jeune Eliane, il résolut de ne pas entrer dans le jeu si fréquent chez les princes et les maîtres, qui consiste à suivre désir "apparent" du maître en appuyant sur la tête de leur serviteur pour obtenir des faveurs.
Il prit sa défense, inclinant la tête et dit assez fort pour qu'Eliane qui filait pu entendre:


Lancelot : " On pardonne tout à la beauté en fleur madame..."

Puis il ajouta plus doucement, souligné d'un sourire et d'un regard de bas en haut qui fit une étape un peu plus longue au niveau de la poitrine d'Eirene, un regard qui avait quand même quelque chose d'indécent :

Lancelot : "... et l'on accepte tout de la beauté épanouie. "

On pourrait qualifier cette attitude de boulimique, Lancelot se donnant l'air de vouloir la maitresse et la servante, mais il ne faut pas s'y tromper, l'objectif principal de ses affaires à venir était bien la belle étrangère hôte de son roi et pas sa servante.

Il enchaîna immédiatement avec un sourire plus franc, qui se voulait comme tel, et une inclinaison gracieuse du buste:


Lancelot : " Je me nomme Lancelot. Lancelot du Lac, chevalier de la Table Ronde. [Hj My name is Bond, James Bond Cool ]
Les gens de Rome sont toujours les bienvenues en Bretagne.
Aussi sa majesté le Roi m'a mandé, moi le premier de ses chevaliers, auprès de vous pour que vous ne manquiez de rien.
Un ordre royal m'est plus sacré que ma propre vie, je suis donc votre serviteur en toutes choses..."


Bien sûr qu'il mentait, Arthur ne lui avait rien demandé de tel mais qu'importe. C'était vrai qu'Arthur recevait les gens de Francie et de Rome comme des princes, même si Rome était alors dominée par les Ostrogoths de Théodoric roi arien et il n'y avait pas besoin de beaucoup de perspicacité pour voir que Dame Eirene était de culture romaine.
Enfin l'occasion était surtout belle d'insister sur le toutes choses, remplir les besoins des dames étaient un devoir chez lui, un devoir sacré, comme il le dit lui même et réservé au grattin qu'il soit Dauphinois ou d'ailleurs.

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*Eirene*_old

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Sam 5 Jan à 20:58

Bien... Tandis qu'elle se faisait passer en revue par son dépuceleur adultérin, la beauté épanouie laissait vaquer son regard sur le chevalier. De manière sûrement moins indécente quoique trop prononcée pour une dame qui se respecte. Elle stoppa donc son inventaire, déjà satisfaite par ce qu'elle venait de relever et d'entendre.

Il était toujours magnifique cet homme, comme quoi, elle n'avait pas laissé n'importe quoi lui passer dessus (Razz), ce dont elle avait parfois douté durant d'angoissantes heures d'insomnies teintées d'une pointe de remords. Et puis, mieux encore que l'aspect physique alléchant (encore plus alléchant après 10 ans), c'était son nom. Lancelot du Lac. Quand il le lui livra, elle faillit le répéter, telle une jeune fille éblouie. Elle maîtrisa sa langue, son visage trahit le contentement (mais il pouvait toujours prendre ça pour un soulagement face au châleureux accueil qui lui était fait dans ce pays étranger) et en écho, son esprit rappela : Le chevalier le plus illustre d'Arthur tandis que lui-même se chargeait de le confirmer.

Pour le coup, elle le regarda encore une fois attentivement et finit par remercier le ciel qu'il ne la reconnaisse pas. Déjà, parce que celà eût été trop gênant, de prime abord, ensuite parce que ça confirmait bien ce qu'on racontait sur ce Lancelot, un homme à femmes, donc incapable de s'en rappeler aucune... Enfin, pour la saveur si particulière de cet instant. Elle seule savait, elle seule était détentrice du souvenir. Elle ne l'avait raconté à quiconque et aucune suivante ne lui était attachée à l'époque.
Elle se délecta de cette châleur qui la drapait, elle ne rougit pas mais elle sourit plus encore pour finir par décocher une phrase :


- Vous me voyez comblée d'une telle attention et je suis flattée d'être servie par celui qu'on peint de mille manières, jusque dans nos plaines arvernes...

Bah tiens... Si on disait vrai sur toute la ligne, Lancelot n'avait pas son orgueil dans sa poche. Oh, ne la voyons pas machiavélique, elle ne nourrissait alors aucun projet vis à vis du chevalier, que ce soit au sujet de son esprit ou de son corps. Son esprit, même s'il était sûrement fin (en regard à la population bretonne) ne l'intéressait pas encore et son corps... C'était à voir.
Cependant, elle n'était pas encore assez fixée sur sa mission pour comprendre que séduire Lancelot pouvait lui apporter plus qu'un plaisir charnel (si rien avait changé...), des informations par exemple, en tant que premier chevalier du Roi.

Non, Eirene voyait aussi le côté comestible de l'affaire, les vieilles habitudes sont tenaces. Elle avait été une femme adultère alors que même son époux était du voyage, imaginez donc seule avec une servante idiote.
En parlant de la petite cruche... Elle était certaine que si sa suivante n'avait pas passé la tête dans le couloir pour écouter la conversation, elle avait l'oreille fermement appuyée à la porte.
Elle reprit :


- Je me nomme Eirene Apollinaire, si vous ne le savez pas encore (elle prenait au sérieux cette histoire d'être mandé par le Roi), et je vois que ma mise ne s'est pas trop éloignée de la mode romaine si vous la reconnaissez...

Ses yeux se firent doux. Pourquoi rester froide face à cet homme qui avait su lui laisser un très agréable souvenir ? Oui, elle avait vieilli, il fallait le dire, son minois n'avait plus la fraîcheur d'autrefois. Mais si Eliane était plus jeune, elle avait su la choisir aux traits plutôt grossiers (sans qu'elle soit foncièrement laide, juste banale dirons-nous) afin qu'elle ne lui fasse aucune ombre. Eirene demeurait donc plutôt attirante, surtout si elle se mettait en tête de sourire et non de se retrancher dans cette froideur cyclique.

Elle baissa lentement les paupières avant de reposer son regard sur Lancelot (et oui, elle avait appris à jouer) :


- Et si vous êtes prêt à me servir en toute chose, vous plairait-il de me faire visiter alentours, Sir Lancelot, (elle n'allait pas jusqu'à dire l'étage quand même, elle n'était pas nymphomane... pas complètement ! Et puis c'était vraiment le château qui l'intéressait pour le moment) pour commencer ?
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Lancelot du Lac_old
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 16 Jan à 1:35

Résolument, Lancelot n'avait aucun souvenir de sa précédente rencontre avec Eirene. Convient-il de mettre cela sur le compte de la fameuse loi des grands nombres, qui dit en statistique que plus on reproduit une expérience un grand nombre de fois, plus la moyenne de l'ensemble de ces expériences tend vers la moyenne qu'on obtiendrait si on répétait l'expérience une infinité de fois. (*) Lancelot n'était guère versé dans la mathématique, il faut dire qu'il lui eut été difficile de compter ses victoires tant féminines que militaires. Existait-il seulement un nombre pour les représenter, Lancelot était persuadé que non (les mauvaises langues diront qu'il lui était tout simplement bien pratique de ne pas savoir compter jusque là...), cependant ne point connaître une loi n'empêche pas de la subir alors... A moins que la cause de cette amnésie ne fut tout simplement son penchant un peu forcé pour le trop bon vin du pays de Gaule...

Quelle qu'en fut la cause véritable, Lancelot ne se souvenait tellement pas d'Eirene qu'il ne tiqua même pas lorsqu'elle lui dit son nom.
Il était trop concentré à travailler son visage pour y maintenir un sourire charmeur (et y cacher autant que possible les rides légères qui naissaient sur ses joues).

Lorsqu'elle l'invita à lui faire visiter le château, il s'inclina bien bas et dit :


Lancelot : " Dame Eirene, être votre guide sera la plus agréable et la plus délicieuse de mes missions, même si je dois m'allonger entre deux tours pour vous servir de pont. "

Après cette étrange parole, Lancelot se rengorgea, bombant le torse, frisant le poil de sa poitrine pour en faire ressortir les humeurs mâles.
Il tendit son bras avec grâce, invitant Dame Ereine à le saisir. Est-il utile de préciser qu'il en banda les muscles pour qu'elle sentit à quel point son guide savait rendre certaines parties de son corps bien dures. Comme une sorte de promesse...


Lancelot : " Madame, si vous voulez bien me suivre. Laissez moi vous menez. "

Dit-il sans la quitter des yeux et inclinant son buste vers la porte.


(*) : la loi énoncée plus précisément dit que lorsque l'on fait un tirage aléatoire dans une série de grande taille, plus on augmente la taille de l'échantillon, plus les caractéristiques statistiques du tirage (si si du tirage ce sont les vrais mots Razz ) se rapprochent des caractéristiques statistiques de la population.

En d'autres termes si on cherche à l'appliquer au cas de Lancelot: plus on couche avec de femmes et plus le souvenir global s'en dilue dans la masse du souvenir de la plus commune rencontrée dans l'ensemble de la population féminine.

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*Eirene*_old

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 23 Jan à 13:23

C'est étrange comme, dans ce genre de situations, le souvenir de celui que vous voulez le plus écarter de votre esprit revient vous hanter, une sorte d'épée de Damoclès pour la conscience.
Tandis que tout en Lancelot imprimait le schéma du meneur mâle, ou mâle alpha (pour rester dans les notations mathématiques), Eirene ne pouvait s'empêcher de le comparer à son époux. Elle ne l'avait pas laissé en Arverne pour rien celui-là. Il ne pouvait pas y rester tout à fait sans venir se poser comme mâle lambda ?

Force était de constater que la différence entre les deux était frappante et même pathétique. D'abord par leur différence d'âge, Sidoine ne se faisant plus tout jeune, et surtout par cette force qui se dégageait de l'un en toute circonstance tandis que l'autre ne la trouvait qu'en haut de son prêchoir... Ah, si elle avait eu un époux comme Lancelot, elle aurait été bien plus passionnée n'est-ce pas ? Tout du moins, c'est ce que cette femme jamais vraiment satisfaite se disait, du haut de sa vie de nobliotte sans vague. Il aurait mieux valu se dire que si Lancelot avait été uni à elle, si tenté qu'il le soit un jour à une femme, elle n'aurait eu que des ennuis !

Mais une femme, même comme Eirene qui croyait toujours pouvoir penser deux coups d'avance, se laissait souvent flouer par ce qu'elle n'avait pas et déçue par ce qu'elle obtenait.

Elle souleva un sourcil impeccable à la remarque du chevalier, se disant soudain, ce qui chassa tout à fait son vieillard de mari, qu'elle aimerait vraiment voir allongé cet homme... un pont vers des pays délicieux à n'en point douter.
Elle s'abstint de tout commentaire, parce que ses paroles n'étaient jamais aussi mal placées que son esprit. D'ailleurs, jamais elle n'aurait osé verser dans le tendancieux grossier, ce qui ne pouvait seoir à une dame de son rang.

Par contre, elle ne se laissa pas prier pour attraper ce bras qui lui était offert, un bras dont la fermeté la surprit, si bien qu'elle n'osa que peu l'enserrer de sa main, ne le frôlant que de ses longs doigts fins.
Elle sourit, ce que certainement on attendait le plus d'une femme qu'on promenait et elle passa la porte la première, avant de se replacer au niveau de Lancelot. Cette fois-ci, sa légère émotion s'étant évanouie, son appui se fit plus ferme contre le bras de son guide.

Ils marchaient déjà depuis quelques minutes quand elle parla, pour dire une banalité (ne nous dévoilons pas trop vite non plus !), ce que encore plus certainement, on attendait d'une noble plus toute jeune qu'on baladait à travers un château :


- Sir Lancelot, même si l'envie de me laisser aveuglément mener par vous à travers ce dédale ne me manque guère, me dévoilerez-vous dès à présent l'ultime étape de cette promenade que vous entreprenez ? Ou dois-je ménager mon impatience ?

Bien, pas si anodin que ça. A croire que si elle ne donnait pas dans le graveleux, elle ne pouvait s'empêcher de jouer un peu avec lui. Certes, elle ne le prenait pas pour le guide officiel du château mais elle se disait tout bonnement que lorsqu'on partait d'un point, on se donnait pour but d'arriver à un autre.
Et Eirene, bien que cette visite soit aussi une façon de passer un peu plus de temps avec Lancelot qui l'intriguait, était aussi émerveillée qu'Eliane devant ce que ses yeux découvraient : des chevaliers aux décorations subtiles de la demeure d'un Roi qu'elle avait toujours considéré comme un personnage de la cambrousse, sans goût aucun.


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Lancelot du Lac_old
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 13 Fév à 17:44

En attendant d’être amené à faire le pont, il fallait mener la visite de Camelot, ce qui n’était pas une mince affaire vu la longueur des remparts, la hauteur des tours et la dureté de la pierre.

Si Eirene était joueuse, Lancelot lui était patient (encore que…), patient surtout lorsqu’il s’agissait de prendre une belle place. Raisonnant toujours en grand homme de guerre dans tout ce qu’il entreprenait, Lancelot savait qu’il y a toujours un bon moment pour s’en emparer, ni trop tôt, ni trop tard. Tout l’art consiste à saisir, à sentir pourrait-on dire ce bon moment.
Pour l’heure, même si la dame semblait assez bien disposée, il n’en était encore qu’à faire le tour de la place pour en évaluer le meilleur endroit d’approche.
A la question d’Ereine il se mit à rire, ses fermes épaules se soulevant au rythme de l’hilarité. Si la pierre de Camelot avait été moins bien maçonnée, elle se fut certainement effondrée sous la violence des masses d’air déplacées par ce rire puissant. Heureusement qu’Arthur avait prévu la chose en faisant bâtir son château par les meilleurs ouvriers, heureusement aussi qu’Eirene était bien accrochée au bras de son guide.
Il dit manière de jeu :


Lancelot : " Votre impatience ne souffrira pas madame, j’ai trop grand désir de vous montrer… Tout."

Faisant une courte pause, Lancelot leva à demi la bouche, du côté gauche très précisément, pour un demi-sourire puis il poursuivit :

Lancelot : " Tout ce qu’il y a de grandiose ici, beaux fruits d’un peuple vigoureux et neuf mené par un homme écouté de Dieu.
Quant à notre destination finale… Le choix semble vaste, toutefois j’en aperçois deux qui se distinguent et paraissent s’imposer aux autres. "


Souriant tout à fait il ajouta :

Lancelot : " Nous pourrions conclure cette agréable visite à la chapelle royale, lieu idéal pour se recueillir et méditer sur soi après avoir saturé sa vue de tant de merveilles… "

Quand il prononçait ces paroles, ses yeux ne manquèrent pas de glisser vers la poitrine de son hôtesse qui saillait sous sa robe. Relevant les yeux il dit :

Lancelot : " A moins que vous ne préfériez boucler la boucle et me laisser vous reconduire à votre chambre, lieu non moins idéal pour se recueillir et saturer sa vue de merveilles.
A votre entière guise madame…"


En gros l’alternative donnait : l’église pour se repentir de ses péchés ou la chambre pour les commettre, à prendre dans l’ordre qui convient le mieux.

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 5 Mar à 2:45

Ah si son brave Sidoine avait été présent, ses cornes lui seraient tombées de la tête ! Un rire à décoiffer un cocu de mari, à n'en point douter. Plutôt un rire d'ailleurs à séduire la ribaude qu'à faire tomber dans ses bras la raffinée... ou à la faire tomber en pâmoison à la rigueur.

Eirene s'accrocha fort et survécut mais ce rire la surprit d'une telle manière qu'elle se crispa un peu trop autour du bras de Lancelot. Elle déserra son emprise une fois que cette rafale sonore fût passée et la phrase de son guide désamorça tout à fait cette situation. Elle oublia le rire pour se concentrer sur les sous-entendus et elle recouvra sa mine détendue.

Et puis il fallait dire qu'elle raffolait des demi-sourires. Celui du chevalier fut assez ravageur et elle rougit bien malgré elle, ce qui la força à mimer un grand intérêt pour une tenture du côté opposé. Elle souffla quelques instants et tourna à nouveau son visage vers Lancelot qui répondait plus spécifiquement à la question qu'elle lui avait posée.

La mention de Dieu lui fit tout à coup penser à ce qui l'amenait réellement à Camelot et elle s'en voulut de badiner ainsi, avec des arrières pensées toutes sauf saintes... Sa conscience, qui ne se laissait guère longtemps déranger, répliqua que le meilleur moyen d'obtenir des informations précises était sûrement de séduire Lancelot. Dieu flotta un moment et s'évanouit sous la force de l'objectif : Séduction. Le jeu donc... Nous en revenions là.

Et son interlocuteur s'y prêtait, par ses regards, par ses propositions... Eirene n'était pas du tout gênée, elle se trouvait satisfaite d'un tel répondant, d'une telle assurance également.
Elle ne perdit pas de temps pour répondre. Elle ne voulait pas qu'il croie l'avoir confondue ou qu'il pense qu'elle ne savait que répondre. Elle rencontra ses yeux et sur un ton assuré où perlait parfois une pointe de minauderie :


- Vous avez l'art, Messire, de rendre attrayante l'une et l'autre option. Et même si le choix s'avère rude entre deux voies aussi plaisantes, ne serait-il point inconvenant de me laisser regagner seule mes appartements ?

Oh comme c'était commode... Mais tellement vrai dans un sens. De l'ingénieux glissement de l'inconvenance, voyez-vous ça ! Elle ne soutint pas son regard outre mesure, il ne fallait pas sortir de la finesse des mœurs qu'elle se plaisait à rappeler.

Bien entendu, cette chapelle l'intéressait également... Mais elle goûtait déjà trop au lieu saint de par chez elle pour y clore une visite d'une telle beauté. A savoir si elle pensait au château ou à son charmant accompagnateur.
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Lancelot du Lac_old
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Dim 27 Avr à 1:39

Si Eirene appréciait ses demi-sourires, il fallait souhaiter à Lancelot qu’elle aimât aussi ses sourires entiers car après cette dernière phrase la bouche de Lancelot se fendit jusqu’à en montrer des dents bien trop blanches pour un Breton. Les très hygiéniques mœurs romaines imposées péniblement à sa cour par Arthur avaient touché jusqu’à Lancelot, ce qui à bien considérer les tendances naturelles de son plus fidèle vassal, constituait une des plus belles victoires du grand souverain.
Cependant, comme toutes les grandes victoires, celle-ci devait moins au mérite du Roi Chrétien qu’à la grâce de Dieu. Cette fois ci cette grâce s’était manifestée par le truchement du premier des vices de Lancelot: son attirance immodérée pour les belles dames.
Les dames romaines, fort prisées des barbares pour leur réputation d’excellentes maîtresses, réclamaient de leurs amants une propreté irréprochable de leur bouche et de leur dentition. Elles étaient moins exigeantes pour ce qui concernait le corps, certaines ne trouvant pas forcément désagréable de se trouver malmenées de temps à autre par un beau gaillard au poil un peu huileux, à condition que sa bouche sentît bon. Il s’avérait que Lancelot, un barbare à la fois Sarmate et Breton (quel mélange !), avait un gout particulièrement prononcé pour les dames en question. La cour du Roi Arthur était majoritairement composée de dames d’origine romaine, ce qui eût constitué une sorte de supplice de Tantale pour Lancelot s’il n’avait pas consenti à faire quelques efforts pour forcer sa nature en prenant soin de ses dents et en prenant des bains (un jour sur deux).
La contradiction majeure du désir féminin qui s’exprimait ainsi à l’époque, avait donc trouvé son champion en la personne de Lancelot, l’amour courtois sous sa forme embryonnaire pourrait-on dire. On croit que le chevalier était celui qui ne craint pas l’ennemi, qui défend Dieu et l’honneur de sa dame sans la toucher jamais que lorsqu'elle lui en donne l‘ordre ? Au 12ième siècle peut-être, mais en ces temps de la préhistoire de l’amour chrétien, le chevalier idéal avait l’haleine fraiche et le corps propre, avec de temps à autre le droit de sentir des aisselles.
Lancelot était donc l’archétype du chevalier idéal de son temps…

Il ne se contenta pas de sourire, c’eut été trop peu, il eut le pétillement qui ne manque pas de scintiller dans le regard d’un homme dont le désir, ce feu couvant sous les braises, s’embrase brusquement à l’approche du combustible qu’il s’apprête à lécher.

Il dit d’une voix sage qui contredisait totalement le langage de son corps :


Lancelot : " Inconvenant est le juste mot. La solitude est le plus grand péché que peut commettre une belle dame et je me refuse à être le complice de votre damnation.
Mais afin qu’il ne demeure aucun malentendu entre Dieu et nous, il me semble indispensable d’accomplir un second pèlerinage jusqu’à la chapelle royale. Après la Jérusalem céleste, un bon chrétien se doit de visiter le tombeau de Saint-Pierre... Pour assurer son salut."


Si elle avait voulu arrêter son jugement sur l’orthodoxie chrétienne des gens de Bretagne à partir du seul exemple de Lancelot, Eirene aurait pu dors et déjà apaiser ses craintes, car s’il n’en avait guère les manières, Lancelot avait déjà toute l’hypocrisie d’un bon catholique.

Toujours tout sourire, il tendit son bras libre en avant pour lui indiquer le chemin, et ses pas avaient déjà pris le chemin de la chambre.
[HJ : " qui n’était pas d’autel. " Razz]

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Mer 11 Juin à 23:45

En se faisant emmener vers la chambre, Eirene conçut soudain l'envie de s'enfuir. Comme toutes les femmes qui ont eu ce qu'elles voulaient, elle se demandait soudain si c'était le bon choix. En effet, attiser le feu qui couvait sous les braises n'était pas chose bien compliquée. Le faire s'embraser un bon coup non plus. L'apaiser par la suite relevait d'une autre paire de manche. Car à trop se pencher au dessus des flammes, on manque de se brûler et de se consumer tout à fait.

Dame Apollinaire eut donc l'idée saugrenue que la Chapelle aurait mieux valu. Après tout, c'était le Chevalier Lancelot qui la trainait par le bras. Surtout qu'elle n'avait plus la vingtaine... Lui non plus d'un côté. Cette pensée la rassura et sa minute d'hésitation et de malaise se dissipa d'un claquement de doigts.
Elle avait toujours choisi avec soin ses amants. Seulement, elle s'arrangeait pour que ça ne soit jamais trop le même. Qui plus est, elle n'avait jamais rappelé dans sa couche un homme qu'elle avait jadis connu. Tout ceci avait une vague saveur de fol amour recouvré.

Bien entendu, encore une fois, il était possible de se raccrocher aux branches. Lancelot ne se rappelait pas d'elle et ce qui pouvait suivre ne lui remémorerait rien non plus. C'était donc comme s'il s'agissait d'un amant comme les autres, choisi avec goût. Nous en revenions là. Bon, il s'agissait tout de même du chevalier si célèbre auprès de la gente féminine.
Eirene avait-elle le trac ? Pas vraiment... Elle avait juste peur de perdre la main-mise sur la situation. Et oui, il fallait l'avouer, elle gardait un souvenir ému de son premier pas dans l'adultère.

Enfin, trêve de sentiment. Femme ne varia point trop longtemps et elle répondit au sourire de son accompagnateur avec enthousiasme. Il n'était pas question de reculer de toute façon. Elle n'allait pas se plaindre d'être au goût du plus célèbre homme de la Cour du Roi.

Pendant qu'elle réfléchissait, elle ne nota même pas les nombreuses références à Dieu ou au monde chrétien. Peut-être que cela sonnait de manière si familière à son oreille qu'elle n'était même pas surprise de l'entendre en terre bretonne. Pourtant, c'était bien là une majeure partie de sa mission.

La porte de la chambre se présenta, mettant fin aux tergiversions. Avant qu'Eirene trouve un mot juste à placer, la porte s'ouvrit et sa suivante sortit de manière soudaine. Dame Apollinaire s'accrocha fort au bras -toujours aussi salutaire- de Lancelot et reprit ses sens en pratiquant son sport préféré :


- Non mais tu ne peux pas faire un peu attention ! Tu as failli me bousculer.

Ce qui méritait au moins l'écartèlement. Dommage qu'Arthur soit si pacifique... Elle soupira et finit par noter une rougeur inhabituelle sur les joues d'Eliane :

- Tu allais quelque part ? Demanda-t-elle, inquisitrice.

La petite se récria et finit par trouver une excuse vaseuse :


- Heu non... Enfin oui, j'allais voir si nous n'avions rien laissé en bas.

Eirene secoua la tête d'un air exaspéré et elle fit un geste sec en direction du couloir :

- Et bien disparaît et prends ton temps.

Qu'est-ce que cette petite idiote avait en tête une fois encore ? Elle voulait certainement voir si elle avait oublié de faire ses yeux de biche à un des gardes du château oui !
Sur un dernier "Ma Dame, Messire", Eliane s'effaça bien vite dans le paysage et la romaine tourna sa tête encadrée de boucles noires vers Lancelot. A son tour et sans rougir, elle indiqua de son bras libre ses appartements et ajouta :


- Peut-être voudriez-vous goûter une de ses fines liqueurs que je fais venir de Rome ?

Il ne s'agissait pas du sang du Christ mais c'était sûrement proche du petit Jésus en culotte de velours. En passant, si au 20ème siècle, la personne qui en invita une autre sur le prétexte d'un dernier verre se prit pour une pionnière, cette personne eut bien tort.
Eirene lâcha le biceps du chevalier et se dirigea vers le fauteuil le plus proche.
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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Ven 2 Jan à 19:55

Lancelot demeura debout quelques instants, bien dressé sur ses pieds pour regarder la dame qui allait s'assoir.

Citation :
- Peut-être voudriez-vous goûter une de ses fines liqueurs que je fais venir de Rome ?

Sur le coup un trait d'humour stupide lui traversa l'esprit:

* " Une fine liqueur vaut mieux qu'un vain licteur. " *

L'évocation de Rome et de la liqueur avait provoqué cette association d'idée dans sa tête... Si le jeu de mot n'était pas si mauvais, le contexte rendait la sortie un peu ridicule.
Fort heureusement pour lui il s'abstint de sortir cette saillie grotesque qui aurait fait dramatiquement monté le taux de phényléthylamine de la sujette (Il avait grand besoin de maintenir un taux élevé chez la dame vu ce qu'il avait en tête...) juste au moment où elle allait franchir ses lèvres.
Il dit à la place:


Lancelot : " Ah certes! Les fameuses liqueurs romaines... A téter jusqu'à l'ivresse... "

Lancelot ne resta pas debout plus longtemps, il s'assit en face de la dame, près du feu.

Lancelot : " Je vais me rapprocher... de là où il fait chaud. "

Il tira son fauteuil pour se trouver à mi-chemin entre la cheminée et la dame, entre les deux sources de chaleur en fait.
Il attendit sagement avec son sourire de beau brun frisé qu'on lui servit le nectar promis, le premier nectar de la soirée...

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MessageSujet: Re: Chambre de Dame Apollinaire   Dim 18 Jan à 19:35

Alors que Lancelot se préparait à franchir le seuil de l'acte irréparable (et celui de la chambre d'ailleurs), la Dame choisit convenablement son fauteuil près d'une petite table basse qui avait été disposée devant la cheminée où déjà ronflait un le feu qu'avait soigneusement entretenu la suivante.

Eirene disposa un second fauteuil, en face d'elle et attendit que le chevalier y prenne place. Ce qu'il fit en un temps record tout en fermant la porte des appartements.

Voilà où nous en étions. Plus de marche arrière possible (pas de marche avant non plus au risque de se cramer la coiffure au contact des flammes et d'embaumer l'air avec la fragrance "cochon grillé" beaucoup moins enviable que celle des atomes amoureux et crochus).
Dame Apollinaire accueillit cet état de fait avec un visage radieux tourné vers l'âtre tandis que du coin de l'œil, elle apercevait la manœuvre de rapprochement de Lancelot.

Elle finit par tourner son regard vers lui et dit :


- Je suis certaine que vous goûterez cette liqueur autant que la chaleur ambiante.

Et accompagnant la parole du geste, elle tendit sa main vers la carafe qui avait le ventre dodu d'un liquide sombre et épais. Il fut bienvenu que son bras ne soit point assez long et elle dut se rapprocher de Lancelot à son tour. Les bras des fauteuils se touchaient.

Elle disposa deux petits verres aux pieds ciselés et versa la liqueur promise. Elle ne fit qu'y tremper les lèvres, de peur que l'ivresse qui l'envahissait déjà à cause de la présence masculine à ses côtés ne se doubla d'une ivresse moins agréable.
Elle aimait fort les liqueurs qu'elle faisait venir de Rome et en dégustait chaque soir d'hiver. Elle préférait les partager en charmante compagnie.

Ses yeux ourlés de longs cils aussi noirs que ses cheveux se posèrent sur le chevalier et elle ajouta :


- N'est-ce pas tout à fait délicieux et aussi délectable que vous l'attendiez ?

Le serait-ce également après ? Eirene n'en doutait pas une seconde...
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