La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]

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MessageSujet: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Ven 15 Juin à 18:06

Le harem... superbe bâtisse style torchis-pierres-bois où défilent quantité de légionnaires romains avides de débauche...

Sélène venait encore une fois d'être punie par le fouet pour avoir résisté à un gradé, et cette fois, son maître lui avait fait comprendre qu'elle ne s'en tirerait pas simplement avec une banale punition... enfin, en même temps, s'il qualifiait le fouet de "banal", c'est qu'il n'avait vraiment aucune idée de ce que ce mot voulait dire, ou alors qu'il n'avait jamais été fouetté... ou même les deux dans le fond... La sanction avait été plutôt simple: après l'avoir copieusement fouettée, le maître avait annoncé que les esclaves les moins docile,s les moins efficaces pour les tâches qui leur étaient assignées seraient revendues... La plupart des femmes protestèrent, pas franchement désireuses de devoir travailler la terre ou surveiller des enfants dans un avenir proche alors que s'allonger sur un lit avait été tellement facile... Mieux valait peutètre pour le bien être mental de Sélène qu'elle travaille dans les champs; elle serait peutètre fouettée, mais au moins, elle disposerait à peu près de son corps comme elle le souhaitait...

La caravane d'esclaves fut donc enchaînée dans les règles de l'art, enchaînant chaque pied de chaque femme avec celui d'une autre femme de manière à les empêcher de fuir sans une discussion préalable pour définir les modalités de fuite... tout échange de parole fut donc interdit pour enrayer toute tentative de mutinerie, et la caravane prit le chemin du sud, direction Camelot... Sélène avait été enchaînée à une femme énorme, qui peinait à avancer, et leurs chaînes communes entaillaient davantage les chairs de la jeune femme à chaque pas supplémentaire... les lieues s'enchaînaient, mêlant décors vallonnés et décors de forêts de manière complètement monotone: Sélène finit par concentrer l'essentiel de ses facultés mentales sur les cailloux du chemin, cherchant à en éviter le maximum pour épargner ses pieds meurtris... En y regardant mieux, marcher semblait relever de la torture pour elle - comme pour les autres d'ailleurs - et l'ensemble de son corps lui posait problème, surtout si on considérait le frottement de sa tunique sur les entailles qui lui zébraient le dos, les chaînes qui lui entaillaient poignets et chevilles, et les cailloux du chemin qui écorchaient ses pieds nus... A ces douleurs physiques vinrent s'ajouter la faim et la soif, principalement parce que les faibles rations qu'on leur donnait pendant le voyage ne suffisait pas à les maintenir en forme pour les 10 heures de marche quotidienne: la route était longue jusqu'à Camelot, et leurs bourreaux comptaient bien se débarasser de toute cette marchandise d'incapables au plus vite... La femme énorme avec laquelle Sélène partageait ses chaînes finit par s'écrouler un beau matin, alors que le vent soufflait comme pas permis, agitant les frêles carcasses des esclaves. Sélène fut entraînée avec elle et tomba sur les fesses, lâchant quelques jurons au passage: les hommes qui escortaient les esclaves ne firent pas stopper les autres, mais l'un d'entre eux fila un bon coup de bâton à Sélène, persuadé que c'était elle qui avait fait chuter sa camarade...

Chef de peloton: debout, l'esclave... sauf si tu préfères qu'on te laisse là et qu'un ours s'occupe de toi...

Elle ne peut plus marcher... elle vient de tomber...

Chef de peloton: pas mon problème… de toute manière, on n’en aurait rien tiré…

Si vous l’aidez à se relever, peutètre que…

Pas le temps de finir sa phrase qu’un coup de bâton l’atteignait en plein dans les côtes… Sélène se recroquevilla sur elle-même, secouant légèrement sa camarade épuisée qui ne faisait plus aucune tentative pour se redresser…

Chef de peloton: te laisser la traîner jusqu’à Camelot aurait pu être drôle, mais étant donné que tu ne m’as pas l’air bien solide, on va alléger ton fardeau…

Le type fit signe à l’un de ses hommes, et on lui apporta bien vite une hache… Sélène tenta de reculer, pensant que la hache lui était destinée, et finalement, l’arme s’abattit sur la cheville gauche de sa camarade de galère, lui entaillant profondément la cheville et brisant l’os au passage, et un hurlement digne d’une bête sauvage déchira le silence, tandis que Sélène restait tétanisée par le spectacle… Ils avaient les clés des chaînes, alors à quoi bon lui couper les jambes pour la libérer ?
La hache s’abattit une seconde fois, tranchant net la cheville de la malheureuse, mais laissant le morceau de pied coincé dans l’entrave… Celui qui semblait être le chef trancha en trois fois l’autre jambe, aspergeant Sélène de sang au passage, tandis que l’esclave énorme hurlait à s’en faire claquer les cordes vocales… bon, en même temps yavait largement de quoi ; se faire amputer des deux pieds l’un après l’autre, ça ne devait pas faire spécialement de bien… La hache s’éleva une autre fois, et Sélène comprit bien trop tard le but de la manœuvre : a main droite de la malheureuse fut tranchée du premier coup, et les hurlements de la pauvre femme redoublèrent d’intensité, tandis que Sélène essayait de s’arracher à ce spectacle horrible, effectuant un balancier étrange d’avant en arrière… La dernière main fut elle aussi tranchée, et l’un des hommes armés souleva Sélène en l’attrapant par le torque d’esclave qu’elle avait autour du cou, un peu comme le feraient certains avec le collier d’un chien : l’adolescente fut transportée plus loin, et lâchée sans ménagements près de ses camarades. Une chaîne supplémentaire fut ajoutée, de manière à lier sa chaîne à celles de deux femmes attachées ensembles, et lorsque Sélène baissa les yeux, elle remarqua que les membres de la grosse femme étaient restés accrochés aux entraves, car pas coupés assez près des entraves pour les en retirer… L’adolescente détourna le regard, la respiration toujours haletante, et le corps tremblant : si sa camarade avait été traitée de la sorte, rien n’indiquait qu’on ne lui réserverait pas le même sort… mieux valait le harem dans le fond…
La petite troupe se remit bien vite en route après quelques coups de fouets et de bâtons pour les forcer à se lever, et Sélène jeta un dernier regard à la grosse femme agonisante au bord du chemin… elle ne leur avait pas manqué de respect, elle n’avait pas désobéi… elle avait seulement manqué de forces, et pour ça, elle avait été achevée…

Les jours suivants, Sélène s’efforça de suivre l’allure bien trop rapide, regardant les plus faibles tomber unes à unes… la cargaison d’hommes semblait intacte, mais celle des femmes diminuait de jours en jours… Sélène trimballait derrière elle les membres nécrosés de la femme énorme avec laquelle elle avait partagé ses chaînes, et un seul regard à ces restes humains suffisait à la faire presser l’allure lorsqu’elle était sur le point de se laisser tomber au sol à cause de l’épuisement… Les villes se succédèrent les unes après les autres, mais malheureusement pour elle, personne ne semblait avoir envie de l’acheter… personne n’achetait de femmes de toute manière, parce qu’elles tenaient à présent plus du paillasson que de la femme à proprement parler… Le stock d’homme fut presque entièrement épuisé, et seulement 6 restèrent pour continuer la route vers Camelot avec la dizaine de femmes rescapées… Trois s’effondrèrent d’épuisement, mais furent simplement libérées de leurs entraves sans perdre de membres, puis abandonnées au bord du chemin… Deux autres très petites moururent noyées lorsque le chef de peloton leur fit prendre un raccourci en coupant au travers d’un fleuve particulièrement profond… nager avec des chaînes n’avait jamais été très aisé, mais les deux femmes auxquelles avait été attachée lui avaient montré une ruse plutôt pas mal pour éviter de couler… Sélène avait donc appris à faire la planche, et leur petit groupe était arrivé indemne de l’autre côté du fleuve…

Les romains arrivèrent quelques jours plus tard à Camelot et eurent la présence d’esprit de s’arrêter chez l’un de leurs compatriotes, afin de rendre la marchandise plus présentable… Les haillons des femmes furent remplacés par des haillons en meilleur état, et tous furent plus ou moins incités à manger et à prendre des forces… Si personne ne l’achetait, elle serait sans doute bonne pour retourner au harem, et mourrait sans doute pendant le voyage… aucune fuite n’était envisageable, parce que l’endroit devait grouiller de romains, ou de bretons romanisés, donc mieux valait faire en sorte d’être achetée…
L’aube arrive bien vite, et leurs bourreaux virent les chercher, les rassemblant tous pour les emmener sur la place… Sélène observait à peu près tout ce qui se trouvait autour d’elle, étonnée de voir autant de gens libres d’un seul coup, étonnée de voir à quel point tout le monde semblait heureux d’être là, contrairement à la plupart de ses compagnons de route… Les esclaves furent menés à l’endroit où devait avoir lieu la vente, et un homme se chargea de vanter les mérites de la marchandise, commençant par parler des muscles saillants des hommes, de leurs aptitudes hors normes pour les tâches d’intérieur… Plusieurs furent achetés dans les premières minutes, et il n’en resta plus que deux ; les plus chétifs…
Le tour des femmes arriva bien vite, et toutes furent bien vite achetées… Sélène resta sur le carreau, et jeta un regard un peu piteux aux deux hommes qui n’avaient pas été achetés et qui se trouvaient sur sa gauche… leur sort ne serait pas bien glorieux, et ils finiraient sans doute tous ensemble dans un fossé… M’adolescente regarda s’éloigner les autres femmes avec leurs nouveaux maîtres, et ce sentiment de ne servir à rien la gagna à nouveau… si on ne l’achetait pas, c’était sans doute parce qu’elle ne servait à rien… peutètre même parce qu’elle n’était rien…

Un romain en toge accompagné de quelques gardes s’avança, comptant les quelques pièces qu’il avait dans sa bourse…

Caius Mordicus : 1 auréus pour cette esclave… vu son état, je ne peux décemment pas vous donner plus…

Chef de peloton : on brade les derniers, mais faut peutètre pas pousser non plus… Une esclave, ça peut servir à pas mal de choses, vous savez… Celle-ci a un talent caché, un talent que quelques braves ont pu explorer… un paquet de braves, d’ailleurs, et tous ont apprécié la chose…

Référence pas spécialement raffinée à ce à quoi servait Sélène dans l’enceinte du mur… L’adolescente leva les yeux vers son « maître », pleinement consciente qu’elle regretterait à la fois le geste et les paroles qui allaient suivre…

J’ai pas traversé la moitié du pays à pieds pour finir ENCORE dans le lit d’un romain…

Le romain en question afficha un air pas spécialement enchanté, assimilant les paroles de Sélène à une quasi-insulte, et bien vite, elle se prit un coup de bâton de la part de son maître… puis encore un autre… et encore un autre, jusqu’à ce qu’elle s’effondre, le visage reposant contre de le sol… Le chef de peloton lui fila un coup de pied, et grommela entre ses dents, l’air franchement sur les nerfs de devoir supporter une teigne pareille…

Chef de peloton : pour me débarrasser de toi, va bientôt falloir que je paie les clients… on aurait mieux fait de ramasser la grosse et de te laisser toi sur le bord du chemin…

Sélène ne répondit rien, gardant le regard dans le vague… aucune envie de se redresser ou de protester à nouveau pour se refaire rouer de coups… Une silhouette attira son attention dans la foule… une silhouette du genre de celles qu’elle n’avait encore jamais vues… n’importe qui pouvait l’acheter du moment qu’il n’était pas romain ; pour le reste, elle s’en moquait éperdument…
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Dim 17 Juin à 13:23

-Qu’est ce qu’il se passe ?

Marà, domestique assignée aux cuisines, allait pénétrer dans les parties communes du château mais elle ne regardait pour une fois pas droit devant elle. Sa tête était tournée à s’en rompre la nuque en direction de la place où se jouait un bien étrange spectacle... Ce ne fut que lorsqu’un bras l’attrapa et la happa qu’elle fut tirée de sa contemplation.

Le blondinet qui avait posé la question, et de quelques années plus vieux qu’elle, c’était _le désormais incontournable ! Razz_ Thibault, page privilégié de Roi de toutes les Bretagnes et voilà qu’il regardait à présent lui aussi en direction de la scène qui se déroulait sur le marché.

-Les bougres sont enchaînés comme des bœufs, messire ! Je me demande quels criminels ils doivent être et pourquoi on les amènent ici, sans doute pour recevoir la justice du Roi… Qu’on les pende donc s’ils le méritent et qu’ils aillent à Dieu ou au Diable !

Et en effet, Marà le croyait bien que c’était là quelques mauvais éléments qu’on avait dû attraper en train de braconner ou de brigander. Voyant que Thibault n’en demandait pas plus, elle non plus et fila vite vers les cuisines plumer sa volaille. Le page lui attendit un instant, levant les yeux au-delà de la marée de la foule.
Bien insolite en effet que de voir dans la cité d’Arthur un cortège d’enchaînés depuis sur un promontoire qui allaient les pieds nus et si peu vêtus par le froid de gueux qu’il faisait en ce bon mois de décembre de l’an de grâce 500 ! Les pieds étaient meurtris, les lèvres bleuies, les mains craquelées d’engelures, pathétique vision s’il en est que l’adolescent en frémit.
Si Marà n’imaginait pas, lui se doutait… Et puis lorsque les premiers échos de voix et avec eux les premiers prix commencèrent à lui parvenir clairement aux oreilles, il n’hésita plus et fit volte-face.



Il marchait vite dans les couloirs du château, et ses jambes étaient grandes pour son âge, c’est quatre à quatre qu’il montait les marches. Ca! Il avait déjà eu vent de cette sorte de commerce.
Mine de rien, lorsque l’on passe ses journées dans l’ombre et les pas du souverain, on est parfois aussi visible et remarquable qu’un meuble, mais cela n’empêche pas les oreilles de fonctionner et surtout, de retenir.
Arthur écrivait souvent des missives à ses gouverneurs de provinces, faisait passer des ordres en Table Ronde de bien veiller à ce que tel commerce ne se pratique pas au sein de son royaume et dans les terres de ses vassaux. Avec ça et ses notions de catéchisme, le jeune homme savait que ce qui se tramait était grave et que s’il ne l’était déjà, le Roi devait être averti pour y mettre bon ordre.


Il gratta (je sais que ça fait toujours plaisir à Lance cette expression Razz) et se risqua à entrebailler la porte.
Arthur, à genoux sur le sol, en haut de chausse et tunique, finissait ses dévotions matinales. Alors que le souverain achevait en se signant et se relevait tout à fait, il lui fit signe d’avancer.
Le garçon se dirigea alors vers les vêtements de son maître pour l’aider à passer ce qu’il n’avait encore sur le dos. Le tout en silence, comme tous les matins, cela dépendait de l’humeur d’Arthur en vérité et aujourd’hui d’ailleurs elle n’était pas au beau fixe pour tout dire. Soucis liés à la charge royale qui était la sienne ? Non. Impossible de fermer l’œil de la nuit tout simplement à cause d’une crampe… Quoi même le grand souverain ne pouvait pas s'être levé du pied gauche?! Razz


Finalement, profitant de ce qu’il avait les yeux baissés sur les chasses qu’il était en train de lui enfiler pour ne pas regarder Arthur, et brisant l’habitude tacite et quelque peu complice qui s’était installée entre eux, le page qui n’y tenait plus, lâcha :

-Sire, je suis allé au marché ce matin et il s’y passe de drôles de choses… _elle n’attendit pas de réaction de la part du Roi et continua presque tout de go_ Des hommes… Et des femmes… Vêtus pis que des pénitents… On les vend, Monseigneur…

Se redressant, il croisa alors les yeux d’Arthur et ses sourcils froncés, ce qu’il cherchait précisemment à éviter et se concentre cette fois sur les manches du bliau de celui-ci.

-Comment ? Comment les vendre ? Que me contes-tu là ? Qui les vend ? Qui sont-ils ?

Sic ! La voix était encore celle engourdie du matin, mais commençait à pointer au fond de la gorge ce son grave qui, un peu comme le tonnerre, annonce l’orage… N’ayant plus ni manches, ni chausses, ni rien à quoi se raccrocher, ni même aucune réponse a apporter, Thibault regarda ostensiblement la fenêtre :

-Que Sa Majesté regarde au dehors et il verra…

Arthur ne bougea pas un moment puis voyant que l’expression sur le visage de son page demeurait sérieuse et inchangée _il avait quand même réussi à imaginer que ç’eut pû être une farce !_ il s’approcha à pas lents de la fenêtre et écartant le lourd rideau occultant entendit les éclats de voix qui venaient de la place avant que de voir. C'était au tour des femmes.
Ce qui se disait ne parvenait pas clairement à Arthur et il lui fallut attendre de voir la première vendue descendre pour repartir avec son heureux acquéreur pour enfin comprendre ce qui se jouait impunément dans SON enceinte, au milieu de SES gens !
Son sang ne fit qu’un tour et il pivota sur ses talons pour refaire face au garçon qui aurait voulu entrer dans les moulures de la pierre…


-Manteau !

Oh oui oui, ça y était, le tonnerre grondait !

Venir le narguer jusque sous ses fenêtres ! Déjà que les mots ne se bousculaient pas au bord de ses lèvres en temps normal, il en perdait, pour le coup, tout son latin !
Comme un souffle glaciale, il traversa les couloirs, les escaliers, ceux qui croisaient sa route s’écartait en saluant comme à leur habitude mais avec un peu plus de vitesse cette fois et sans s’étonner que le Roi n’y réponde, Thibault lui était derrière et tâchait de suivre la cadence, là où Arthur faisait un pas, il en faisait deux.

En passant devant les quartiers de la garde et à ceux affectés à la surveillance de la première porte du château, il poussa :


-Ganelon ! Où est Ganelon ?! N’y a-t-il aucun soldat dans cette cité pour exécuter un ordre ? Aucun soldat pour empêcher et me prévenir de ça ?

Là- dessus il désigna du doigt les femmes qui partaient les unes après les autres en échange de bourses sonnantes et trébuchantes. Personne ne l’avait vu dans a première cour du château. Tout ceci se déroulait à grands renforts de cris et d’harangue, la foule avait déserté les autres commerces et se pressait tout autour du promontoire mais la garde elle, juste réveillée de sa nuit courte, faisant ses ablutions ou ses entraînements matinaux n’avait rien vu, rien entendu.

Un garde courut chercher ledit Ganelon. Ganelon était affecté à la surveillance des remparts, ou plutôt affectait-il ses soldats, étant lui-même subordonné à Mursmeyer.
Une troupe d’une dizaine suivit Arthur avant même qu’il ait donné quelconque ordre, anticipation que ça s’appelait!


Le Roi lui s’engagea dans la foule, il s’y engagea oui, à force de grandes coudées et de grandes enjambées car celle-ci obnubilée par le spectacle de la vente se massait sans faire attention à quoi que ce soit d’autre, reconnaissant bien trop tard le souverain une fois qu’il les avait dépassés.
Finalement, il ne restait plus qu’une rangée de personne devant lui et il s’arrêta une seconde pour voir les trois invendus que l’on bradait à n’en plus finir, et un peu plus loin, les acquéreurs qui se voyaient remettre un reçu pour achever de conclure l’affaire, et puis enfin ce qui semblait de toute évidence être le vendeur qui vociférait et qui frappait.
C’en était assez pour Arthur qui sortit cette fois de la foule et monta sur le promontoire. Enveloppé dans sa mante de fourrure teintée en bleu-roi, il attira cela va sans dire l’attention du marchand qui l’aurait bien renvoyer en bas dans la plèbe cet olibrius, mais sa mise et son allure lui disait pourtant de ne rien en faire.
L’inconnu lui fit signe du doigt de s’approcher, une rumeur électrisait déjà la foule, le marchand s’approcha sans demander son reste.
Arthur avança alors sa main vers la figure du romain et lui retroussa un bout de lèvres puis lui fit signe d’ouvrir la bouche et de lever la tête vers le ciel. La pression qu’il exerçait sur le bras et sur le menton de l’autre força la coopération. Là-dessus, il fit semblant de l’examiner de fond en comble et plus qu’une rumeur c’est un rire qui parcourut l’assemblée. Scène des plus comiques en effet que de voir le pauvre bougre subir le même sort que sa marchandise ! Arthur le repoussa violemment :


-Je ne donnerais pas un seul as pour toi!

Tandis qu’une exclamation amusée s’élevait de la foule, les gardes choisirent cet instant pour prendre place sur le promontoire et relever le marchand en le maintenant pour le forcer à écouter la sentence du Roi.

-Je suis Arthur Pendragon, Roi de Bretagne, et ce château est le mien le sais-tu ? Sais-tu également que l’esclavage est proscrit au sein de mes frontières et que tous ceux qui s’en trouvent convaincus sont mis au ban du royaume ?

Arthur se tourna cette fois vers la foule sur laquelle planait un silence aussi lourd qu’une chape de plomb et poussa sa voix plus fort encore pour être entendu dans toutes les maisons et même au-delà des murs s’il le fallait. La colère était encore largement perceptible dans son ton :

-Tous ceux qui ont acheté, financé ou qui profitent de ce honteux marché devront en répondre également et ceux qui devront être châtiés le seront! Les Saintes Ecritures ne tolèrent aucune servitude si ce n’est à Dieu ! Et pour appliquer Sa volonté, tous les contrats signés ce matin seront déclarés nuls et non avenus et détruit, la liberté sera octroyée à ces hommes. Si un nouvel outrage se produit à l’encontre de la prohibition du marché humain, les punitions se feront plus sévères, j’ai dit !

Il se tut un moment pour laisser la foule mesurer le poids de ses mots et de sa volonté, autant que pour lui permettre de sentir sa fureur se dissiper au fur et à mesure qu’il avait parlé. Finalement il s’adressa d’une voix lasse à deux soldats et désignant du menton les trois esclaves toujours présents :

-Libérez-les. Libérez-les tous. Qu’aucun ne soit gardé de force. Amenez les ensuite dans les communs du château pour qu’ils mangent. _puis désignant cette fois le marchand qui se trouvait, pour le moins que l’on puisse dire en mauvaise posture_ Et lui qu’on l’enferme avec tout les autres à ses ordres pour l’heure.

Les soldats s’emparèrent de haches et les firent s’abattre avec force et lourdeur sur les maillons rongés de rouille des prisonniers qui se brisèrent aussi sec.

[Bouh! Bien long tout ça! Je dis pas que je ferais pareil à chaque coup! lool! M'enfin fallait bien planter le décor! Je risque d'avoir quelques difficultés à répondre d'ici mercredi n'étant pas chez moi... Wink]

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Ven 22 Juin à 18:31

(voilou, fini mon concours donc me revoilà ^^
aucun problème, je suis pas pressée ^^ et bravo poru le plantage de décors mdrrr ^^)


Sélène restait prostrée sur elle-même, meurtrie par le froid, par les coups de son bourreau et le corps encore endolori par le voyage. Sa vue s'était brouillée tant les coups portés avaient été donnés avec hargne, et elle observait à présent une silhouette nimbée de bleu émerger de la foule... La jeune fille ferma les yeux lorsque sa tête commença à tourner de manière désagréable, comme c'était le cas à chaque fois qu'elle restait plusieurs jours sans manger...

Des pas inconnus résonnèrent sur le bois du promontoire sur lequel les derniers esclaves se trouvaient, et Sélène se redressa légèrement, craignant un nouveau coup de bâton: son regard tomba sur une paire de bottes et un manteau d'un bleu d'une nuance encore jamais entrevue jusqu'à présent, et l'adolescente leva craintivement les yeux vers celui qui s'était planté devant son bourreau... Une main incita d'ailleurs ce dernier à ouvrir la bouche, de manière à être inspecté de la même manière dont on procédait avec les esclaves...

L'inconnu déclara finalement qu'il ne donnerait pas un seul as pour le romain, et si Sélène en avait eu le coeur, elle aurait probablement rit... pour le moment, mieux valait attendre et se contenter d'observer, parce que peutètre que cet homme se révèlerait encore pire que son bourreau actuel...

Le romain dégagea son visage de la poigne d'Arthur, semblant peu enchanté...

Ceux qui sont à vendre sont là... moi, je ne fais que m'assurer que leurs carcasses trouveront acquéreur...

Le romain désigna d'un ample mouvement de bras Sélène et les deux hommes restants, observant les esclaves déjà vendu(e)s quitter la place en vitesse, parce qu'apparemment tout le monde savait que la vente d'esclaves était interdite sur ces terres...

En attendant, vous allez descendre de cette estrade, et après on pourra peutètre discuter d'une éventuelle remise... Avec un peu de diplomatie, on obtient beaucoup plus, vous savez...

Le romain se fourvoyait complètement sur les motivations du nouveau venu, et sa machoire manqua de se décrocher sous le coup de la surprise lorsque Arthur se présenta... Sélène leva à nouveau les yeux vers cet homme étrange en manteau bleu, semblant pour le coup croire à une blague: Arthur... on lui en avait rabattu les oreilles comme pas permis, que ce soit pour ses faits guerriers, ses exploits ou sa quête... Le regard de la jeune esclave se fit plus interrogateur, tout en restant relativement craintif, mais le nouveau venu ne semblait pas prêter attention à elle, occupé à expliquer que l'esclavage était interdit sur ses terres et que la seule servitude tolérée était celle de Dieu... Sélène fronça légèrement les sourcils, complètement ignorante de ce genre de trucs; bref, toute une éducation à refaire...

A Dieu, seigneur?

Le romain jeta un regard noir à Sélène, lui faisant baisser les yeux et observer les lattes de l'estrade sans avoir besoin de lui filer un coup de bâton ou un coup de pied... Et pusi d'abord, la conversation ne la regardait pas...

Monseigneur...

Alors là bizarrement, le marchand s'était radouci... incroyable ce que pouvait produire la mention d'un simple titre comme celui d'Arthur...

... il s'agit peutètre de vos terres, mais les marchands sont encore libres d'aller et venir... Et si vraiment l'esclavage était proscrit, ne croyez-vous pas que toute ma marchandise serait encore là? tous ces gens seraient aussi restés chez eux au lieu de se masser là et de compter leurs piécettes...

Bon, il ne s'était peutètre pas autant radouci que ça en fin de compte... Sélène leva à nouveau les yeux vers Arthur lorsqu'elle l'entendit ordonner à des soldats de tous les libérer: deux soldats s'avancèrent, et levèrent leurs haches au-dessus de sa tête, la poussant à se recroqueviller davantage sur elle-même. Les chaînes de ses pieds furent bientôt coupées, et après l'avoir incitée à poser ses mains sur le sol, les soldats réglèrent le problème des chaînes retenant ses poignets, puis firent de même avec les deux hommes restants... Seuls restaient les bracelets des entraves, et l'affreux torque qu'elle avait autour du cou, mais le simple fait de ne plus avoir de chaînes lui ôtait un poids...

D'autres soldats approchèrent pour aider les pauvres eslaves à se relever, tandis qu'Arthur donnait l'ordre de mettre aux fers le marchand romain et ses complices... L'idée ne plut pas du tout à ce dernier, qui prit une teinte rouge brique...

Aux fers? et de quel droit? le commerce n'est pas interdit que je sache, et si l'idée que ce soit des esclaves vous gêne, et bien dîtes-vous que ce sont simplement des domestiques polyvalents...

Le romain jouait sur les mots, mais il était hors de question qu'on le mette dans une cage ou une cellule juste parce qu'il avait fait son travail... qu'est-ce que c'était que ce royaume de barges encore...
Ses employés empoignèrent leurs épées, pas franchement décidés à finir dans une cellule... la "diplomatie" dont pouvait faire preuve leur chef ne semblait pas avoir été prise en exemple, et l'idée d'abattre leurs armes sur le crane de l'un des soldats d'Arthur avait l'air de leur plaire...

Sélène se traîna un peu plus loin sur l'estrade, mais ses maigres forces lui permirent à peine de parcourir quelques centimètres et elle s'effondra légèrement, grelottante de froid...
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Arthur_old
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Mer 4 Juil à 22:33

Le Roi avait le sentiment de s’être fait entendre par la foule, déjà pouvait-il voir quelques acheteurs penauds fuir son regard et pousser de gestes timides d’enfants réprimandés leurs acquisitions de nouveau vers le promontoire. Une jolie saxonne dans son lit d’accord, mais ça ne valait pas le coup si c’était pour s’attirer les foudres du souverain !
Et pourtant de qui se moquait-il ? pensa-t-on largement parmi les acheteurs malheureux. Les esclaves, son père Uther en avait eu, même que le grand Arthur, il avait reçu son lait de marmot du sein d’une belle écossaise ! Il s’était bien fait servir par des esclaves, il en avait donné des ordres à des esclaves ! Et voilà que maintenant il faisait les indignés ! La foi autant qu’une femme, ça vous change un homme !

Arthur avait déjà tourné les talons et descendu de l’estrade que la voix du triste sire commerçant lui écorcha de nouveau les oreilles.


-Les domestiques des honnêtes gens ne connaissent ni le fouet, ni la torture, ni l’humiliation. L’heure est venue pour toi, romain, de te confronter à ton Créateur en pensées et en prières. La prison a des facultés que même beaucoup d’églises n’ont pas. Implore Sa très grande Miséricorde, puisse-t-Il te pardonner un geste que moi je ne peux pas.

Les sbires du marchand n’adoptaient pas pour l’heure une attitude de coopération envers ce Arthur qui se proclamait Roi et bon chrétien. La verve de leur chef semblait avoir produit un effet d’émulation et ils pensaient certainement que pour éviter tout grabuge sur la place publique le souverain aurait tôt fait de calmer les esprits et ils espéraient encore pouvoir réchapper des geôles sombres et puantes par une dernière démonstration de force.
En voyant les lames se tirer de leurs fourreaux, la place publique justement retint un hoquet de stupeur et un instant, le mouvement de panique flotta sur le peuple. Puis sans effusion de bruit, d’un pas vigoureux mais mesuré, la foule se dispersa comme mue par la conscience soudaine que leur vie devait reprendre son cours et que les affaires de justice royale ne les regardaient en rien ou si peu…


Démonstration de force nous disions donc… Certes, les soldats de Camelot n’avaient pas eut la présence d’esprit d’arrêter toute cette mascarade bien avant que le Roi n’eut à intervenir, certes tous n’étaient pas tombés de la dernière pluie, mais lorsque leurs compétences étaient sollicitées, ils mettaient de l’ardeur à la tâche et leur seule vue dissuadait généralement quiconque de pousser trop en avant la plaisanterie…
Ceux là qui tiraient l’épée semblaient la pousser bien loin et ne pas connaître l’auto dissuasion…

Les gardes se plantèrent sur leurs deux jambes solides, une main sur la garde, barrière humaine de cuir, de mailles et d’acier rassurante et nécessaire, entre les victimes et leurs bourreaux. Ils étaient à peu près aussi nombreux que les excités de l’épée, en sensible infériorité numérique pour tout dire, à ceci près que les dizaines de foulées lourdes et rapides dans la boue étaient leurs renforts à eux.


-Point de manières messieurs, il suffit ! Recevez votre bien juste châtiment sans triste orgueil et nous songerons alors à être cléments.

Arthur parlait et les piétinements humides et bruyants couvraient presque entièrement sa voix et finirent par le dépasser pour créer un cercle autour des condamnés.

Thibault, lui, observait la scène en retrait, pas bien à son aise avec tout ce qui se passait là… Malgré tout, il se sentit le courage inouï de s’avancer lentement vers le lot d’esclaves fraîchement libérés et de s’inquiéter de leur état. Les corps étaient faméliques, les muscles avaient fondus et inutile de parler de graisse, les chaînes clinquaient encore sur des articulations quasi visibles sous la peau, à croire que les hommes et les femmes qu’il voyait là étaient faits de verre et qu’un seul geste brusque aurait tôt fait de les faire éclater en poussière.

Et puis finalement, une silhouette aussi maigre que les autres s’affala presque sous son nez, comme tombée du ciel. En fait de ciel, elle venait de tomber depuis toute la hauteur de l’estrade, le nez dans la neige souillée de boue et le jeune garçon crût bien que la pauvresse était belle et bien morte.
En la faisant rouler sur le côté, il découvrit son visage émacié, meurtri par le froid et les coups et se rendit compte qu’elle ne devait pas être plus âgée que lui… Bien étrange sentiment que lorsque l’on prend conscience de la cruauté et de l’injustice du monde, enfant somme toute choyé et privilégié, que le jeune homme en eut les larmes qui lui piquèrent les yeux.
Finalement il y avait toujours le souffle de vie qui faisait gonfler la poitrine de la fille et l’adolescent poussa un soupir tinté de soulagement. Il entreprit alors de frotter les membres endoloris et presque raides de l’esclave pour les réchauffer et la maintenir consciente. Doucement d’abord il frotta, lui-même grelottant de froid, puis de plus en plus vigoureusement.

Négligeant à présent ce qui se passait derrière lui sur le promontoire, Arthur assista à la scène et s’en trouva touché. Compassion pour la misère humaine, tendresse envers celui qui se porte à son secours ? Il s’approcha lui aussi et après avoir jaugé le groupe de malheureux qui tremblait et gémissait et glissa à l’oreille de son page :


-Guide les dans la chaleur des murs et prend soin d’eux, je t’en charge personnellement.

Thibault acquiesça, mesurant la grande confiance qu’Arthur venait de placer en lui à cet instant. Il l’avait toujours eût mais voilà qu’il n’était plus qu’un page mais un homme sur lequel le Roi comptait. Sacrée promotion ! Razz

Voyant que la jeune fille qui venait de s’effondrer était à bout de forces et qu’elle serait incapable de mettre un pied devant l’autre, le jeune homme s’employa à la porter à bout de bras. Malgré tous ses efforts pourtant, il ne parvenait pas à trouver le bon moyen de faire, pourtant la charge d’os et de peau n’était pas bien lourde, manquait seulement la technique.
Ce fut Arthur qui vint à son secours et qui souleva la pauvre enfant aux boucles brunes. La tenant dans ses bras, il fit signe à Thibault d’ouvrir la marche et la petite troupe s’éloigna du calvaire.

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Jeu 5 Juil à 23:53

Les villageois suffisamment riches pour s’être payé des esclaves les repoussèrent timidement vers l’estrade, semblant avoir compris cette fois-ci le message de leur souverain… Pensant qu’on les renvoyait à leurs bourreaux, ceux qui se trouvaient en meilleur état – même si encore une fois, tout était relatif – prirent la fuite, disparaissant à travers la foule… Les 3 autres esclaves rejoignirent les soldats restés au pied du promontoire et leur tendirent fébrilement leurs poignets encore enchaînés, espérant eux aussi qu’on les débarrasse de leurs entraves comme Sélène et les deux autres hommes… peutètre que ce maître-ci serait meilleur que les précédents ; du moins, il n’y avait plus qu’à espérer…

Les paroles d’Arthur résonnèrent à nouveau sur la place quelque peu vidée de la population maintenant qu’il n’y avait plus rien à voir, et le romain porta la garde à son épée l’espace de quelques secondes, semblant poser le pour et le contre d’une rencontre avec son Créateur par le biais d’un séjour en prison… Le romain tira alors l’épée de son fourreau, la laissant tomber avec fracas devant lui, en signe de bonne volonté… Il était allé trop loin en bravant les lois de ce royaume, et avait sans nul doute manqué de respect envers ce Arthur, roi de légende pas si légendaire que ça dans le fond, parce qu’il était bien loin des 3 mètres de haut dont parlaient les conteurs… mouais, bon, c’était lui et puis c’est tout…
Les hommes de main du marchand observèrent avec incrédulité les hommes d’Arthur avancer vers eux, l’air déterminés à leur faire ranger leurs armes, et quelques minutes après que leur chef ait déposé les armes, ses sbires firent de même, acceptant plus ou moins directement le petit détour par la case « prison »…

Pendant tout ce remue-ménage, Sélène avait essayé tant bien que mal de s’éloigner le plus loin possible de ce romain qui l’avait traînée à travers tout le pays, mais elle ne remarqua pas la fin du promontoire et chuta lourdement plusieurs centimètres plus bas, se vautrant dans la neige boueuse… Plus de forces pour se relever, alors elle resta immobile, peinant à respirer puisque son visage était complètement enfoncé dans la neige…

Une pression de pied la fit rouler sur le côté, et Sélène put à nouveau recommencer à haleter, mais elle restait immobile, complètement engourdie par le froid qui mordait un peu plus profondément ses chairs à chaque seconde qui passait… Les haillons n’étaient pas faits pour tenir chaud, parce que de toute manière, personne ne se souciait du sort des esclaves dès l’instant qu’elles étaient assez en bonne santé pour préparer à mange,r élever des enfants ou servir de bouillotte dans un lit… voire même plus pour certains…
Deux mains la redressèrent légèrement, et Sélène sentit qu’on la frictionnait vivement… qui pouvait donc se soucier de son état ? était-ce ce haut personnage de bleu vêtu ? était-ce l’un de ses gardes qui souhaitait la ramener chez lui ? non, ce royaume semblait différent de l’enclave romaine qu’elle avait jusque là toujours connue, alors peutètre que son sort serait encore pire que ce qu’il aurait pu être avec les romains…

Les frictions redoublèrent d’intensité, et Sélène commença à reprendre péniblement contact avec la réalité, ouvrant les yeux avec difficulté pour finalement apercevoir la silhouette complètement floue d’un homme qui s’affairait autour d’elle… Impossible de distinguer son visage, mais elle était presque certaine de l’avoir aperçu dans la foule, parmi les hommes venus avec ce Arthur… L’adolescente ferma à nouveau les yeux, semblant osciller entre la conscience et l’inconscience au rythme des frictions de Thibault, et le tout s’arrêta finalement assez brusquement… Elle ne pouvait pas être morte puisqu’elle sentait encore les douleurs dues aux sévices et aux difficultés du voyage… peutètre emportait-on avec nous nos douleurs, et si c’était le cas, la mort ne risquait pas d’être agréable pour elle, surtout vu ce qu’elle s’était pris ces derniers jours…

Deux bras la soulevèrent finalement, et Sélène se sentit déplacée. Elle rouvrit les yeux et aperçut un coin de ciel moutonneux et encore ce visage inconnu… La tâche ne semblait pas aisée pour l’homme qui la portait ; cela se voyait aisément, et même avec une vision trouble…

Vous ne devriez pas…

A peine un murmure, parce que la chute l’avait pas mal sonnée tout de même… mieux valait qu’il la traîne, parce qu’après tout, elle y était habituée et ne se formaliserait pas pour si peu dès l’instant qu’on ne lui donnait pas du fouet ou du bâton…
Deux autres bras bien plus experts en matière de transport de jeunes femmes l’enlevèrent des bras de Thibault, et la tête de Sélène bascula en arrière de manière à ce qu’elle puisse apercevoir son deuxième bienfaiteur. Deux hommes qui la portaient ainsi ne lui imposeraient sans doute pas les pires sévices par la suite, ou alors, ils cachaient bien leur jeu… La jeune femme aperçut alors le visage de l’homme au manteau d’un bleu profond, faisant dans la foulée le lien entre tout ce qu’elle avait entendu et le nom qui avait été prononcé… Arthur… c’était Arthur qui la portait à présent, ne semblant pas se soucier de l’état dans lequel serait son manteau après avoir transporté une adolescente sanguinolente et boueuse comme l’était Sélène… La tête de la jeune fille bascula cette fois sur sa gauche, entrant en contact avec la fourrure du manteau d’Arthur… une sensation plutôt agréable après avoir dormi à même le sol pendant plusieurs semaines, que ce soit sur des chemins caillouteux ou dans l’herbe…

Je peux marcher, Seigneur… ne vous encombrez pas de moi de la sorte…

Etrange comme elle était soudainement moins farouche… à croire qu’on obtenait bien plus d’elle par courtoisie que par un coup de bâton en plein estomac… bon, maintenant il était clair qu’elle ne pourrait pas marcher, mais elle n’avait rien trouvé d’autre susceptible de passer pour un remerciement…
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Sam 21 Juil à 0:46

[Bah du coup j'ai pris mon temps! Razz]

Thibault, voyant que le Roi s'était chargé de la jeune esclave qui avait l'air si mal en point, put s'en détourner sans culpabilité. Il ouvrit la marche vers les communs du château, prêtant son bras à un homme dont le pied était handicapé par une vilaine blessure malodorante.
Des domestiques présents sur la place quelques instants auparavant avaient entendu la déclaration d'Arthur aux romains et puis à son page, et déjà avaient courus depuis de longues minutes vers les cuisines pour annoncer l'événement.
Un homme à barbe chargé des venaisons vint à la rencontre de Thibault:


-Il faut de la place pour tous ces malheureux, nous n'en avons hélas que peu. Je ne peux vous proposer que la cave à jambons qui soit assez grande...

L'adolescent s'arrêta un instant avec son compagnon d'infortune qui était au bord de l'évanouissement, puis dévisageant tous les visages de la petite troupe qui s'était formée derrière lui, il eut l'étrange sentiment de se trouver en lieu et place de Moïse guidant les Hébreux à travers le désert. Désert fait pour l'occasion de glaces et de boue, de ventres criant famine, et Thibault songea que la cave à jambon était loin d'être la meilleure solution en vérité!

-Non, vers les étables!

Les étables? C'était dans ce but qu'on les avait sauvé ces esclaves là? Pour les mettre au milieu de la bouse, parqués comme des animaux? Le vieux bougre ne put sans doute réprimer un regard interloqué, car le page jugea bon de se justifier:

-Ils ont besoin de chaleur. Au milieu du bétail, sur un lit de paille, ils ne souffriront plus longtemps du froid.

Il se garda bien, à cause du pauvre homme qu'il traînait à ses côtés, de donner également les consignes sur la nourriture. Comment expliquer à des mourants de faim qu'ils ne peuvent manger toute la quantité que fantasme leur esprit?! Au milieu des jambons, ç'aurait été une hécatombe: leurs estomacs ne devaient pas être plus gros qu'une noix après des jours et des jours de famine. Ils se devaient d'être progressivement habitués à recevoir de la nourriture en plus grande quantité sous peine de mourir dans d'atroces souffrances, au moins autant que sous les coups.
L’homme comprenant enfin la vivacité de l’esprit du jeune garçon, lui ouvrit la marche à son tour.


Arthur, en queue de peloton observait du coin de l’œil son page qui paraissait tenir les choses plutôt bien en main. Il esquissa un sourire subtil, il lui était plutôt exotique de ne pas être celui que l’on suivait, de faire partie du lot comme on dit. Les esclaves qui l’entouraient étaient en si piteux état qu’ils ne semblaient même pas le voir lorsque leurs yeux vitreux se tournaient dans sa direction, peut-être voyaient-ils seulement un bon chrétien avant un maître et de cela Arthur se félicitait.
Son fardeau à bout de bras, il prit en même temps que tout un chacun, le chemin vers les étables, alors il sentit la jeune fille qu’il portait se secouer lentement, se mouvant avec toutes les difficultés du monde et les paroles qu’elle prononça, qui n’étaient pas plus audible qu’un murmure, se perdirent dans les sifflements du vent.

La porte de la bétaillère poussée, une odeur âcre et forte mêlée d’urine et d’animalité s’engouffrèrent dans les narines et purent prendre à la gorge, mais le souffle de chaleur qui s’échappa fit oublier tout dégoût possible. La paille dorée et la face placide des bœufs qui mâchonnaient tranquillement leur foin en voyant débarquer tous ces intrus, apparaissaient comme un havre _odorant certes_ de paix dans la tourmente de l’hiver, une alternative à une mort certaine et douloureuse.
La garçon renvoya le barbu mature à ses cuisines quérir du bouillon gras _cela s’était décidé avec l’aval du roi qui hocha positivement la tête, le gras ont le gardait pour les nantis en ces temps rudes !_ accompagné de pain. Thibault prit cette fois le temps de chuchoter à mi-voix que les quantités devaient être petitement comptées…

Le souverain, lui, avait déposé l’adolescente meurtrie et faible sur un lit improvisé de paille piquante, mais chaleureuse à la fois. Portant le dos de sa main sur le front de la pauvresse, ignorant même si elle aurait la conscience ou la force de lui répondre, il lui demanda _attendant la réponse entre chaque question je précise !Razz_ à intervalles lents mais pourtant réguliers :


- M’entends-tu petite ? Quel est ton nom et quel est ton âge? D’où viens-tu ?

Son but était de la maintenir alerte, de ne pas la laisser sombrer dans l’inconscience de la douceur de l’air qui l’enveloppait maintenant, alors que c'était peut-être le désir le plus ardent de l'esclave, si durement heurtée dans sa chair. Il lui fallait se nourrir tout d’abord, mais surtout, il venait de le sentir, ne pas laisser la fièvre qui couvait en elle s’emparer de son esprit et de son corps.
C’était les questions où bien il aurait été sans doute obligé de passer aux claques… Et un Arthur, ça a de grosses paluches… Razz

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Ven 27 Juil à 14:14

(ça valait le coup que tu prennes ton temps ^^)

Thibaud aida l’un des hommes dont les pieds avaient été tellement meurtris par les cailloux qu’il éprouvait d’énormes difficultés à marcher… L’homme se laissa faire, s’appuyant lourdement sur le jeune page, qui semblait plutôt robuste pour son âge et paraissait véritablement décidé à l’aider puisqu’il avait aidé l’une des siens… Thanos ne connaissait pas spécialement Sélène, mais il savait juste que sa grande gamelle lui avait valu pas mal de coups de la part des romains, avant et pendant le voyage… Voir cet adolescent l‘aider elle pour ensuite venir à lui et l’aider à se mouvoir ne pouvait être qu’un signe indiquant que leur calvaire était fini… du moins, cela ne avait tout l’air, même si ça ne se révélait que temporaire…

Thanos s’agrippa d’une main passée autour des épaules de Thibaud, et ses doigts gelés cherchèrent à étreindre le tissus de sa tunique, ultime prise pour l’empêcher de s’effondrer. Les ambes de l’esclave fléchirent, mais la poigne du page le garda debout, l’accompagnant à chacun de ses pas vers un endroit que tous disaient spacieux… Thanos ferma les yeux l’espace de quelques instants, et les rouvrit finalement lorsqu’un autre homme approcha, parlant de saloir à jambons ou d’un lieu du même genre : il orienta son regard sur le nouveau venu, essayant de déterminer si lui aussi était bien disposé à son égard… Son regard se troubla, et il s’affaissa un peu plus sur Thibaud, qui devait sans doute être bien plus robuste que lui pour ne pas encore s’être écroulé…

Sélène se sentait transportée, toujours dans les bras de cet homme en manteau bleu… ses paroles avaient été couvertes par le bruit du vent, et elle luttait à présent pour garder les yeux ouverts… Se concentrer sur le peu qu’elle voyait semblait être la seule chose à faire, parce qu’aucune voix ne résonnait et ne lui permettait de s’intéresser à autre chose qu’à un profond sommeil… profond, et sans doute sans réveil…
Sa main se crispa autour d’un morceau d’étoffe, et son pouce – seul doigt encore à même de bouger correctement - l’effleura doucement, cherchant sans doute à se persuader qu’elle ne rêvait pas, et qu’on l’emportait bel et bien vers un peu de chaleur… L’étoffe était douce, et un vague sourire étira les traits maculés de boue et de sang de l’adolescente : elle ne rêvait pas, elle était encore en vie…

Dana soit louée…

Encore un faible murmure, remerciement à la Déesse à la mesure de ses maigres forces… mais l’intention y était ; elle la remerciait de l’avoir gardée en vie aussi longtemps, malgré ce long voyage, malgré le jeûne de plusieurs jours et les coups…
Sélène s’effondra un peu plus dans les bras de son bienfaiteur, aussi à bout de souffle que Thanos ou tous les autres…

L’atmosphère changea finalement, et Thanos continua de boitiller aux côtés de Thibaud, arrivant jusqu’à un box rempli de paille, près d’une jument couchée… un endroit qui serait sans doute plein de chaleur, mais dans lequel il n’avait jamais eu le droit de s’installer avec ses anciens maîtres… « les esclaves charrient la vermine », voilà ce qu’on lui avait dit pour l’en dissuader, et comme Thanos aimait davantage les bêtes que ses semblables, il s’était tenu très loin des écuries, des étables et de tous les endroits chauds où il aurait pu dormir…

N’avez-vous pas peur pour vos bêtes, Seigneur ?

Un murmure assez audible… Thanos ne voyait plus grand chose à cause de ses paupières closes par les ecchymoses causées par les coups… Il avait reconnu l’odeur caractéristique des étables, mais n’avait ne revanche obtenu aucun renseignement sur l’homme qui l’aidait à marcher depuis quelques minutes…

Un peu plus loin, Arthur déposa Sélène dans la paille – l’adolescente reconnût sa texture sans avoir besoin d’y regarder de plus près – et elle le vit se pencher au-dessus d’elle, posant l’une de ses mains sur son front brûlant – sans doute à cause de la fièvre, vu le peu de vêtements qu’il lui restait – lui demandant son nom dans un premier temps pour savoir si elle l’entendait…

Sélène…

Elle avait forcé sa voix de manière à rendre son murmure plus audible que la première fois… son esprit s’engourdissait à l’unisson avec son corps, et parler devenait désagréable…
Arthur lui demanda ensuite son âge, et l’endroit d’où elle venait… Sélène prit quelques secondes pour chasser cette torpeur qui l’envahissait, et pour mettre un peu d’ordre dans son esprit. Passer pour une folle l’enverrait droit sur un bûcher, alors mieux valait prendre garde à ce qu’elle disait…

17 ans à peine…

Une quinte de toux troubla la paix qui se lisait précédemment sur son visage, et l’adolescente commença ensuite à grelotter… Quelques minutes plus tard, elle reprenait un semblant de calme et apportait les dernières réponses demandées par Arthur…

Nous venons du nord… de l’enclave romaine située près du mur d’Hadrien…

L’adolescente s’affaissa davantage, laissant ses yeux se fermer… elle avait besoin de repos, même si ce n’était pas spécialement recommandé dans son état… (les claques avec les grosses paluches j’ai envie de lui faire tester mdrr ^^)
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Ven 3 Aoû à 20:19

Thibault se retourna vers l'homme qu'il soutenait auparavant et qu'il avait déposé au sol. Etait-ce lui qu'il appellait seigneur?! Euuh... Le jeune garçon se sentit rougir subitement. Lui à qui on ne prêtait que peu d'attention, car toujours dans l'ombre royale, le voilà qui se faisait nommer à la manière d'un duc! (Du Roi aussi, mais cette fois Thibault n'osait quand même pas aller jusque là!) Oh, il était modeste le gamin, pas d'ambition démesurée, juste l'aspiration à une vie paisible et confortable...
Malgré tout, il garda l'appelation comme son petit plaisir personnel et ne détrompa pas _du moins pour l'instant_ l'homme aux yeux boursoufflés et aux joues creusées qu'il avait en face et répondit simplement à sa question par un "non" fait de la tête.
Le pauvre bougre ne devait, de toutes les façons, plus avoir guère de sens des réalités, même la faim, le froid et la douleur ne devaient plus lui tirer de grimace.
Thibault réalisa alors, voyant tous les esclaves prendrent place dans la bétaillère, qu'on leur refusait même jusqu'alors une vie d'animaux. Il se demandait ce qui empêchait l'esprit de se laisser aller à la mort alors... L'espoir peut-être, même si ce n'était qu'un mot, un idéal que l'on ne peut peut-être même pas se permettre dans de telles conditions.

Arthur, de son côté, tenait toujours la jeune esclave à demi inconsciente d'une main et, attendant les réponses qui tardaient, entreprit de recouvrir ses jambes nues et meurtries de larges poignées de paille. En quelques phrases, l'inconnue eut un nom et un âge. Elle était si jeune et que dire du voyage qui les avait fait traverser la moitié de l'île?
La dernière phrase de Sélène mourut dans un soupir et voilà que ses yeux se fermaient de nouveau. Le souverain prit alors son visage sale entre ses doigts la forçant à accrocher son regard et n'en plus pouvoir s'en détourner.


-Et quel est ton pays d'origine? Raconte moi, raconte moi de quoi a-t-il l'air!

Tant pis si ses paupières étaient lourdes, tant pis si cela devait s'aparenter à de la torture, il fallait qu'elle reste consciente!

A ce moment, le barbu revint des cuisines portant dans ses grands bras velus de belles miches de pain accompagné de deux matrones à poigne qui portaient de même un large récipient rempli de jus de viande fumant. Petitement, c'était petitement et les bonnes femmes en avait vu des morfales qui se glissent dans les cuisines du château pour tenter de dérober les jambons cuits à l'os presque directement sur le grill! Alors si ces malheureux, que Dieu les préserve, ne respectaient pas les consignes qu'elles avaient reçu, elles n'hésiteraient pas à faire jouer leurs cordes vocales!
Le page les aida à servir le bouillon dans de petits bols de terre cuite et alla jusqu'à les porter à ceux et celles que leurs jambes ne portaient plus. Les grosses tâches d'huile flottaient à la surface du liquide et dansaient au gré des pas du garçon qui prit bien garde de n'en renverser aucune précieuse goutte. Une bollée alla à Thanos et l'autre... Son regard se porta vers le souverain qui était penché sur le corps inerte de la fille qui était tombée devant Thibault. Il alla dans leur direction et s'agenouilla aux côtés de son maître. Avec son aide, il souleva la nuque de Sélène et porta la coupe fumante sous le nez de celle-ci, comme si la vapeur pouvait être souffle de vie.


[Dsl pas de claques pour cette fois, on verra plus tard si elle n'est pas sage! Razz J'ai un peu réduit par rapport à d'habitude mais je me suis dit que ça ferait pas de mal de ralentir un chouia le rythme vu les pavés qu'on a déjà pondu! LOL! Razz Et puis si tu veux je te laisse décrire du côté des esclaves! Wink]

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Dim 5 Aoû à 0:22

(aucun problème pour le ralentissement mdrr ^^ mon post ets un peu long, mais tu peux faire beaucoup moins ne réponse si tu veux, ça ne me vexera pas ^^ *pas contrariante*
voilou j'ai décris... les pauvres, ils ont trop morflé ^^ )


Thanos ne perçut nullement le rougissement de Thibaud, encore une fois à cause des ecchymoses qui lui maintenaient les yeux clos. Comment aurait-il pu deviner que l’homme qui le soutenait était un page, un seigneur, ou même un homme d’église ? même en ayant les yeux grands ouverts, les seuls hommes dont Thanos parvenait à décrypter l’identité en un regard étaient les esclaves, grâce aux affreux torques métalliques qu’ils portaient, bien contre leur gré la plupart du temps…

A ce moment précis d’ailleurs, le torque du jeune homme lui semblait étrangement froid, malgré la chaleur qui emplissait cette atmosphère. Ses doigts engourdis agrippèrent le renflement de cet étrange bijou – en métal vil, mais bijou quand même – afin de chasser les quelques picotements qui les envahissaient… un réflexe un peu stupide, mais son cerveau semblait comme gelé, alors il ne fallait pas trop lui en demander à cet instant précis.
L’absence de réponse articulée gêna un peu Thanos, qui ne savait donc pas véritablement si sa présence – et celle de ses camarades – dérangeait ou non son nouveau « seigneur »… L’esclave laissa le jeune page l’aider à s’installer dans la page, aux côtés des trois autres hommes qui étaient encore en vie : ses membres frigorifiés et endoloris par la rudesse du voyage lui arrachèrent plusieurs gémissements de douleur, mais bien vite, la sensation de flotter l’envahit…

La paille chaude lui offrit un épais matelas sur lequel s’étendre, et bien vite quelques douleurs semblèrent passer à la trappe au profit d’une flopée de perceptions olfactives toutes plus alléchantes les unes que les autres…


Sélène s’efforçait de rester consciente afin de renseigner son nouveau maître, mais son corps tout entier ne semblait pas de cet avis : plus elle luttait, et plus ses paupières se faisaient lourdes, plus ses membres l’élançaient et l’incitaient à la torpeur… à une torpeur qui serait peutètre la dernière, surtout si elle s’endormait en étant aussi mal nourrie et aussi affaiblie…

De la paille chaude lui recouvrit bientôt les jambes, accentuant cette envie de repos qui la tiraillait depuis plusieurs jours… non pas que ses bourreaux aient empêché les esclaves de dormir, mais juste parce que traverser une moitié de pays était rarement de tout repos, même avec des nuits de 4 heures… Sélène sentait toujours la poigne d’Arthur qui la maintenait, et bientôt, deux mains chaudes encerclèrent son visage : l’adolescente vrilla ses yeux dans ceux du souverain et sentit la puissance irradier de sa personne. Ses paupières continuèrent de battre, mais avec beaucoup moins de risque de sombrer dans un sommeil dangereux ; elle observait les deux pupilles perçantes qui occupaient son champ de vision, et bientôt son nouveau maître lui posa de nouvelles questions…

Arthur venait de lui demander d’où elle venait, et une légère amertume envahit la jeune esclave, tandis que ses doigts se crispaient légèrement, dégelant douloureusement à cause de la chaleur…

Je viens de loin, Seigneur… la Sarmatie, une contrée bien lointaine au sein de laquelle je n’avais aucune place…

Quelques larmes de douleur voilèrent son regard, troublant la vision de l’adolescente : la décongélation de son corps était effroyablement douloureuse, de même que garder les yeux ouverts ou parler de son passé et de cette terre maudite qui l’avait vue naître… Esclave dès ses 5 ans, franchement, il y avait de quoi en conserver un mauvais souvenir…

Un pays sordide, bien vite envahi par les barbares du nord… mes premiers maîtres…

Le dernier mot avait été prononcé de façon lugubre, comme si malgré sa faiblesse, elle pouvait encore moduler parfaitement sa voix… elle méprisait les barbares, de même que tous ceux qui lui avaient imposé leur volontés, aussi horribles soient-elles…

Une odeur de nourriture bien agréable envahit les étables, atteignant les narines de chaque esclave rescapé du voyage… Sélène fixa son regard sur Arthur avec un peu plus d’intensité, vrillant ses deux yeux complètement noirs dans les siens : allait-il les remettre sur pieds pour mieux les exploiter par la suite ?
Thanos se posa à peu près la même question, mais ses inquiétudes furent bien vite dissipées lorsque son « maître » revint près de lui avec un peu de ce qui diffusait cette odeur agréable dans l’étable… Un garde l’aida à se débrouiller avec le bouillon, tandis que Thibault rejoignait Arthur…

Sélène reçut un bol de soupe elle aussi, et elle fut bientôt redressée par les deux hommes puis calée de manière à ne pas s’effondrer… Une douce vapeur bien chaude monta jusqu’à son visage lorsqu’ils approchèrent le bol de son visage encore marqué par les privations de nourriture et la rigueur du voyage… La soupe sentait vraiment bon, et le potage avait l’air délicieux, mais quelque chose l’empêchait de se servir de ses mains pour se saisir de la cuiller et y goûter… le froid, d’abord, mais peutètre aussi une certaine méfiance : personne n’avait jamais agi de la sorte gratuitement avec elle… Son regard se posa d’abord sur Arthur, puis sur Thibault…

Je n’ai pas faim…

Peutètre qu’ils se sentiraient offensés par son pseudo-manque d’appétit… ou peutètre qu’ils comprendraient sa méfiance…
Son ventre réclamait cette nourriture à corps et à cris pourtant – silencieusement malgré tout - mais dans le genre tête de mule, Sélène aurait sans doute décerné la palme de l’époque si ça avait existé…

L’adolescente se contenta d’observer les taches de gras flotter à la surface du bouillon, semblant s’en repaître simplement en observant le contenu du bol et en laissant la fumée réchauffer son visage… La chaleur pénétrait douloureusement chaque tissus de son corps, chaque muscle, et Sélène réprima un gémissement de douleur, se contentant de laisser glisser sa main au sol : son index traça un symbole protecteur sur le sol, destiné à la protéger de tous ces gens qu’elle ne connaissait pas, mais qui semblaient décidés à les aider tous autant qu’ils étaient…

Les yeux de l’adolescente papillonnèrent de nouveau, et la chaleur lui apporta un engourdissement bien plus agréable que celui procuré plus tôt par le froid…
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Dim 12 Aoû à 18:09

[Bouh que je suis lente! Bah vi mais mieux vaut tard que jamais comme qui dirait! Razz Dsl pour le ratard, je remarque que j'ai rarement une minute à moi cette été, si c'est pas malheureux! lol!]


Pour tout dire, en posant sa question à Sélène, Arthur n'avait pas réellement prévu d'en écouter la réponse. A cet instant là, elle lui importait vraiment peu, il lui fallait avant tout forcer la jeune esclave à se concentrer sur autre chose que sur la torpeur qui engourdissait ses membres l'un après l'autre et qui embrumait son esprit.
Il savait comme cela était difficile d'y résister, surtout quand on croyait cet état réellement bénéfique pour son corps de se laisser aller. Il le savait pour l'avoir vécu et ce à de nombreuses reprises.

La première fois, c'était au tout début de son instruction militaire dans la légion, le campement avait été installé en bordure du Rhin et l'hiver dans ces contrées est rude même pour les loups. Après plusieurs jours et plusieurs nuits de marche ininterrompues, Arthur avait été nommé à la surveillance du foyer. Trempé jusqu'au os par la neige et l'estomac hurlant sa faim, la chaleur du feu ne parvenait pas à traverser ses vêtiments raidis et pourtant un chaleur intérieure avait commencé à le prendre, une chaleur douce dont il ne soupçonnait pas le danger, il sentait ses paupières et l'ensemble de ses membres devenir lourds comme de la pierre mais ne pouvait, et même ne voulait, pas lutter. Fort heureusement, dans l'ombre de sa tente, l'instructeur gardait l'oeil sur ses ouailles et avait vu le jeune Pendragon piquer du nez sur son plastron. Il fallut force de coups de botte et de gifles avant que l'adolescent consente à rouvrir finalement les yeux.
Le soldat, qui était sévère mais pourtant pas mauvais larron, avait alors pris le temps de lui enseigner les dangers du corps qui se réchauffe de l'intérieur mais dont les membres restent froids. Le souvenir de la violence avec laquelle son être avait été rudoyé et qui pourtant l'avait fait renaître à la vie, était toujours demeuré intact dans son esprit et souvent s'en souvint-il dans les campagnes du Nord, se souvenant également du conseil que lui avait donné l'instructeur cette nuit là, lorsqu'il sentait la torpeur venir et l'envelopper. Il se saisissait de la lame de son épée ou de n'importe quelle arme qui lui tombait sous la main, et la serrait de toutes les forces qui lui restaient dans sa paume jusqu'à s'entailler la chair et à saigner. La souffrance n'autorisait aucun repos, la souffrance gardait de la mort.

Visiblement la jeune esclave qui lui faisait à présent face, avait souffert son lot de tourments et Arthur ne se sentait pas le cœur d’en rajouter davantage. Malgré tout, il n’était pas prêt à transiger, aussi lorsque Thibault s’approcha avec un bol de soupe fumante et faisant fi des protestations de la jeune fille, Arthur l’aida à soulever un peu sa tête et attendit que le page porta le rebord du récipient aux lèvres de l’esclave.


-Veux-tu vivre ou mourir ? Je crois que si, tu as faim. Bois et tu pourras dormir.

Arthur ou l’art de manier la carotte et le bâton… Razz Sa voix était sèche mais sans amertume, c’était celle d’un chef qui n’a point l’habitude de rencontrer résistance. En fait, il ne comptait pas tant que cela la berner car vraiment le bouillon parachèverait l’œuvre déjà initiée par la paille qui couvrait son corps frêle. Elle ne pouvait pas sombrer le ventre vide au risque de ne plus se réveiller. Arthur tendit une main vers ses orteils couverts de sang séché et les pressa légèrement dans sa main et pu constater que peu à peu la chaleur la gagnait. Restait à s’occuper de cette histoire de fièvre, mais sans doute tous ou presque des anciens esclaves étaient touchés par une maladie quelconque et il faudrait veiller à les faire examiner par un physicien, quitte à établir une quarantaine… C’était beaucoup à penser pour le moment et l’on vacquait à ce qu’il y avait de plus urgent.
Toujours continuant leur distribution de soupe, les matronnes et le barbu rabouaient par moment ceux qui poussaient un peu trop ou demandaient une double ration. Là se mesurait toute l’étendue de la misère humaine. D’autres garçons d’étables vinrent, portant à bout de bras les couvertures qui servaient habituellement à couvrir les mulets, il y en avait peu, on leur avait ajouté de grands sacs vides en toile de jute qui contenaient habituellement le grain ou la farine. Les plus faibles eurent la laine, les plus âgés ou les plus jeunes, Sélène faisait partie de cette catégorie.


Thibault se saisit d’une couverture au vol et la posa par dessus l’esclave et la paille qui la couvrait déjà. C’était un bon garçon, je l’ai déjà dit, mais jusque là jamais n’avait-il ressenti pareille compassion pour ses semblables, les enseignements du prêcheur étaient tombés dans son oreille d’adolescent sans que pourtant il y trouve quelque sens concret. Soudain, tout lui devenait limpide: le Christ et ses œuvres, c’était donc cela… Il avait ressenti de la fierté à se faire appeler « Seigneur » tout à l’heure et à présent il ressentait la même fierté à s’imaginer marcher dans les traces du Sauveur. Une fierté qui peut sembler ambitieuse mais qui était pourtant nettement moins intéressée que la première, plus que de l’orgueil c’était de la joie.

Dans l’action de sa bonne charité, son regard n’avait pas manqué le geste de Sélène qui faisait courir son doigt de façon étrange sur le sol, marquant dans la paille un signe qui était inconnu au jeune homme. Un signe païen, bien sûr, comment aurait-on pu enseigner les Ecritures Saintes et la miséricorde de Dieu à ces hommes qu’on ne traitait pas comme tels ? Thibault chercha longuement ce que ce signe pouvait vouloir dire mais il abandonna devant son ignorance.


Arthur s’éloigna finalement laissant l’esclave et son page, recommandant à ce dernier de veiller alertement sur l’adolescente et sur tous les autres, il avait d’autres ordres à donner, d’autres dispositions à prendre, sa charité chrétienne à lui devait s’exercer dans de plus hautes charges encore qu’il ne trouvait pourtant pas plus dignes que celle qu’il venait d’exercer. Il posa un dernier regard sur le visage creusé de la pauvresse qui pourtant s’animait petit à petit de couleurs plus chaudes et, en pensée, la recommandait sincèrement à la pitié de Dieu.

Thibault, lui, qui demeurait intrigué par le geste obscur de Sélène gardait ses yeux sur la trace sur le sol et puis, sans savoir que c’était un signe de protection, ressentit le besoin inexplicable d’y répondre.
Dans la paume droite de la jeune fille retournée vers le ciel, il dessina avec son doigt un symbole dont il savait la force magique et protectrice bien qu’il n’avait pas toute la légitimité de le faire. Dans sa paume tournée vers le ciel, il traça une croix invisible.



[J'ai éjecté pour le moment Arthur dont je ne voyais plus vraiment l'utilité pour le moment, pas de soucis pour pnjiser?! Razz]

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Mer 29 Aoû à 23:44

Les protestations de Sélène concernant la soupe semblèrent peu importantes aux yeux des deux hommes, car bien vite, deux mains fermes la redressèrent avec suffisamment de force pour qu’elle ne puisse chercher à se débattre, mais sans pour autant trop la brusquer... Sélène sentit le liquide chaud ruisseler le long de sa trachée, et ses yeux s’entrouvrirent à peine lorsqu’elle entendit la question d’Arthur, qui lui demandait avec une fermeté semblable à celle d’un père tentant de persuader ses enfants de l’utilité de prendre un bain si elle comptait rester ne vie ou mourir…
L’adolescente avala la cuillérée de soupe sans protester, conservant clos ses grands yeux noirs…

Vivre pour le moment… du moins juste le temps de voir un certain nombre de choses…

Pas de détails supplémentaires, parce qu’elle ne les connaissait nullement… bon, ils avaient l’air de vouloir l’aider à aller mieux, mais n’importe quel bourreau aurait fait de même par pur esprit de rentabilisation de son investissement…
Une poignée de paille supplémentaire fut ajoutée au-dessus d’elle, et ses orteils entrèrent en même temps à nouveau ne contact avec l’air chaud de l’étable, qui paraissait malgré tout glacial à l’adolescente. Deux mains entreprirent de rétablir la circulation du sang dans ses deux petits pieds couverts de boue et écorchés de toute part, et un léger gémissement de douleur échappa à Sélène lorsque quelques-uns de ses orteils craquèrent sous l’effet du froid… rien ne devait être cassé, mais bouger à nouveau ses orteils avec autant de profondeur dans les mouvement relevait du calvaire pur et simple…

Quelque chose s’appesantit sur le corps de Sélène, en plus de la paille tiède qui la recouvrait déjà. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, l’adolescente croisa le regard du jeune home qui l’avait relevée quelques minutes plus tôt, sur la grand-place du village… Il semblait toujours aussi enclin à l’aider, et Sélène constata en baissant davantage les yeux qu’il s’agissait d’une épaisse couverture de laine… Le signe protecteur à peine achevé dans la poussière de paille qui recouvrait le sol, Sélène ferma à nouveau les yeux, mais pas pour dormir cette fois : la chaleur qui l’enveloppait un peu plus à chaque minute était bien agréable, mais la peur de subir de nouveaux sévices l’incitait à demeurer éveillée… Il était parfaitement vrai qu’elle ne pourrait guère se défendre ou résister à ceux qui tenteraient de la maltraiter, mais peutètre garder les yeux ouverts lui procurait un sentiment de sécurité… ou peutètre la perspective d’observer l’air perplexe de ce jeune homme l’amusait intérieurement…

Le jeune page approcha un peu plus d’elle après de longues minutes, et son index chaud – du moins beaucoup plus que le corps de Sélène – dessina une croix au creux de sa paume… Sélène ne broncha pas, malgré l’aversion de certains des siens pour le christianisme et tout ce qu’il représentait… la mort des dieux païens, entre autre, mais vu la rapidité avec laquelle ils avaient abandonnés les Pictes aux romains, ils ne devaient plus guère être suffisamment puissants pour se sentir outrés par la présence de cette croix sur le corps de l’une de leurs enfants…

Je pourrais en avoir une autre cuiller ? mais seulement si mes camarades ont tous été nourris… dans le cas contraire, j’attendrais le prochain repas, dans trois jours…

Une profonde envie d’aller mieux, mais en même temps, une solidarité qui s’était développée entre les rares survivants… Sélène aidait Thanos et le vieillard, et eux l’aidaient en retour lorsqu’elle ne avait besoin ; les autres avaient préféré se débrouiller seuls jusqu’au bout, par fierté, ou par pure stupidité, surtout dans le cas de ceux qui avaient perdu la vie pendant le voyage… Et pour ce qui était des repas, lorsque les esclaves étaient nourris tous les trois jours, c’était bien souvent parce que des denrées risquaient d’être perdues… et encore…

Thanos se laissa nourrir bien docilement, et fut recouvert d’un sac ayant jadis contenu de la farine. Il sentit distinctement son odeur, et sourit légèrement à l’idée de ne pas être considéré comme un pesteux dans cette ville, puisque les sacs contenant les denrées leur étaient proposés pour se réchauffer… Ses yeux se posèrent un instant sur la matrone et le soldat qui l’avaient nourri et recouvert de cette couverture improvisée, et il sombra dans un sommeil profond qui se voulait réparateur…

(enfin en vacances... ça fait du bien ^^
j'espère que les tiennes se sont bien passées ^^)
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Mer 5 Sep à 0:19

Entendant la phrase de la jeune esclave, Thibault faillit pousser un petit rire, tellement la chose lui semblait ridicule à entendre! Dans trois jours? Et puis quoi encore, on nourrissait même les poulets bien plus souvent que ça! Et puis il se retint juste à temps car en repassant la même phrase dans sa tête une seconde fois, il ne la trouvait pas si drôle en réalité, surtout s'il se mettait à laisser son esprit vagabonder et qu'il imaginer alors quelle sorte de traitement, bien pis encore que celui de ne pas manger à sa faim, avait pu être infligé à Sélène et puis aux autres. Non, ça ne méritait vraiment pas de rire, plutôt de pleurer.
Thibault était naturellement enclin à la compassion, sans doute à cause de son jeune âge, pourtant il aurait pu choisir une toute autre voie dans son attitude évoluant dans le milieu dans lequel il évoluait! Encore qu'au contact d'Arthur, les malappris avaient la vie dure et s'ils se montraient trop irrespectueux, même envers les domestiques de bas étage, cela finissait tôt ou tard par remonter au seigneur et les torts savaient être reconnus à leur juste valeur. D'ailleurs, le page avait reconnu quelques duc et quelques barons ce matin en train de faire leurs « emplettes » parmi les esclaves, il ne put s'empêcher de sourire légéremment en imaginant le déshonneur que ferait pleuvoir sur eux le Roi, vraiment ceux-là auraient mieux fait de rester dans les bras de leurs maîtresses ce matin là!

Bref, quoiqu'il en soit, la question de Sélène demeurait en suspens et le garçon, qui avait déjà les larmes qui lui chatouillaient le nez, sentit le coeur lui manquer. Comment pouvait-il refuser de la nourriture à celle qui en avait besoin? Oh après tout, c'est vrai qu'elle n'avait demandé qu'une seule cuillère... Non, non! Ce pouvait être une cuillère de trop! Ce qui était dit était dit! Et puis, cette question là en entrainerait une autre... Une cuillère à elle et pourquoi pas à lui, à son enfant et puis finalement une louche en plus, un bol et c'était l'émeute! Son coeur disait oui de bonne volonté mais il lui fallait penser avec son esprit...
Il ne dit rien d'abord puis commença:


-Je... Ca n'est pas possible Sélène... Pas pour le moment.

Que lui dire pour se justifier? C'était idiot mais Thibault en ressentait le besoin! Alors finalement, désemaré, prit de court, il se mit à mentir... Il haissait cela, il ne le faisait plus jamais depuis son enfance où il avait compris que cela ne lui apportait que des problèmes, mais parfois le mensonge semble plus compréhensible que la réalité...

-Les marmites sont vides... _ il s'empressa d'ajouter en essayant de cacher son malaise_ N'ayez crainte, elles seront remplies de nouveau ce soir et il y en aura même sans doute de trop!

C'était la première fois_ se rendait-il compte_ qu'ils échangeaient quelques mots entre eux, auparavant ils avaient réussit à dialoguer à coups de gestes ou même de silences. Le vouvoiement était sorti tout seul comme un réflexe, comme lorsqu'il s'adressait à quelqu'un à qui il devait le respect. Et Sélène avait beau être une esclave aux yeux de cetains hommes, vue depuis l'éducation de Thibault, c'était avant tout une demoiselle et la page devait hommage à toutes les demoiselles qui croisaient sa route, depuis la reine Guenièvre _qui elle, était même une Dame, et quelle Dame! _ jusqu'à la petite Marà des cuisines et il observait cette régle qu'il s'était fixé de nulle part comme un sacerdoce.

Pourtant déjà, son mensonge, aussi insignifiant qu'il puisse paraître, était déjà un affront à la demoiselle, aussi essaya-t-il de se racheter une bonne conduite en lui faisant comprendre que personne ici, lui moins que quiconque, ne lui voudrait du mal. Il lui souffla:

-Vous pouvez dormir à présent, Sélène. En pensant que vous êtes sauvée. Vous pouvez vous endormir en femme libre...

L'idée même de liberté dans ce monde-là n'avait qu'un sens très vague, très flou, impalpable car on avait toujours un maître au dessus de soi, si ce n'était le patron, c'était le seigneur et forcément le Roi et lui Roi , lui-même, était le serviteur de Dieu. Thibault en mesura tout le sens ce jour-là, lui aussi était un homme libre. Et quelle valeur ce mot prenait tout à coup!

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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Jeu 20 Sep à 16:23

(je suis ne plein déménagement, je reprends les cours dans une semaine te je lutte un peu... encore désolée pour ce retard énorme... *boulet* )

Sélène continuait d'observer de ses grands yeux noirs le page qui l'avait nourrie, et qui maintenant semblait éprouver quelques difficultés à formuler uen réponse... Il ne pouvait pourtant guère y avori de demi-mesure; où elle pouvait avoir une autre cuiller de soupe, ou elle ne pouvait pas, mais en principe, il ne devait pas chercher sa réponse de la sorte...
Thibaud lui refusa finalement une cuiller supplémentaire, expliquant que pour le moment ce n'était pas possible. Loin de s'en formaliser, la jeune esclave se contenta de hocher fébrilement la tête, sans pour autant le quitter des yeux... Il avait vraiment l'air étrange tout à coup, mais peutètre n'était-ce qu'une impression due au sommeil, parce que dans le fond, elle ne le connaissait pas suffisament pour pouvoir identifier un état "normal" de l'état du page à ce moment-là... elle ne le connaissait même pas du tout, en fait...

Une justification au refus lui fut bientôt présentée de manière lconique: les marmites étaient vides; voilà ce qui expliquait pourquoi on ne pouvait lui offrir plus que quelques cuiller...

Je comprends...

Ses yeux restaient accrochés à ceux du page... elle comprenait ce qu'il disait, mais n'avait nullement l'intention de se mettre à hurler ou à gémir pour obtenir plus...
Thibaud expliqua ensuite que les marmites seraient de nouveau pleines pour ce soir, la vouvoyant au passage comme s'il s'était trouvé en présence d'une contesse ou d'une dame de haute naissance... Cela faisait tout drôle de ne pas recevoir du "esclave" à tout bout de champ, et Sélène adressa à Thibaud un sourire un peu éteint, l'air incrédule...

Camelot m'a l'air d'être une cité surprenante...

Assez surprenante pour que les esclaves soient nourris à chaque repas... et aussi pour faire preuve de courtoisie envers une banale esclave, couverte d'ecchymoses, de sang et de boue... Et rien que pour ça, ce petit page lui plaisait déjà, simplement parce qu'il faisait preuve de respect envers elle...

Thibaud lui souffla quelques minutes après qu'elle pouvait dès à présent s'endormir en femme libre... une notion étrangement étourdissante, sauf si cette impression de doux flottement était due à la soupe qui réchauffait son corps de l'intérieur...

Vous resterez près de moi?

Une petite fille apeurée, voilà ce à quoi Sélène ressemblait à ce moment précis... Elle luttait contre le sommeil de peur qu'un bourreau la récupère pendant qu'elle ne pourrait pas se défendre... Ce "seigneur" semblait plein de bonnes intentions, alors peutètre pourrait-il veiller son sommeil...
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MessageSujet: Re: *foire aux bestiaux... euh... marché aux esclaves* [Arthur]   Mar 2 Oct à 19:33

La sympathie qui emplissait Thibault à l'égard de la jeune esclave venait sans aucun doute de leur proximité en âge et en même temps sans doute par l'énorme fossé social qui se dressait entre eux. Vrai, le jeune homme n'avait jamais connu ni la faim, ni les coups, ni le froid et à voir le corps frêle et menu de Sélène, il se demandait comme un tel traitement était-il humainement supportable. Certainement, la compassion cachait-elle aussi un peu de curiosité ce qui allait bien loin des préceptes chrétiens mais enfin...

Citation :
Vous resterez près de moi?

La voix ne parvenait aux oreilles du page que comme un murmure un peu lointain, le sommeil embrassait déjà le corps et l'esprit meurtri de la demoiselle. Et Thibault se sentit pour l'énième fois depuis le début de cette aventure très très important. D'abord le Roi lui confiait la charge de tous ces malheureux, puis il lui fallait prendre les bonnes décisions au bon moment et voilà qu'à présent, il s faisait protecteur de demoiselle en détresse, fichtre! S'il avait su en se levant ce matin!

-Je ne bougerais pas d'un pouce. _puis il bafouilla_ Seulement si mon Roi me le demande... mais vous comprenez...

Eh oui, on a beau avoir 17 ans et être un homme en devenir, on en reste pas moins sujet. Gentiement, il glissa sa main chaude dans celle de l'esclave qu'il trouva encore bien froide. Juste une présence amie, pour qu'elle sache qu'elle avait raison d'avoir confiance.

Il n'était pas midi ce jour d'hiver mais l'étable s'endormissait pourtant peu à peu. Le ventre un peu moins creux, les enfants se blotissaient contre le sein de leur mère, les hommes gardaient leurs yeux caverneux perdus dans le vague.


Thibault ne savait pas ce qu'il adviendrait d'eux tous... Certains trouveraient certainement une nouvelle vie, plus décente, à Camelot même, mais pas tous hélas! Certains même ne passeraient pas cette première journée vivants et c'était peut-être même plus triste que s'ils avaient perdus la vie auparavant, lors de leur servilité: se faire faucher par la mort alors qu'on tient à peine les rênes de sa liberté...

Finalement, il s'endormit à son tour d'un sommeil sans rêve, car il n'avait pas d'autre fatigue sinon celle de son âme. Toute la misère du monde venait de lui être révélée et l'innocence de son adolescence s'envola avec.



[C'est pas exceptionnelement long mais ça reste un post de conclu car je crois qu'on finissait par s'éloignait du titre! Razz
Tu peux continuer à poster dans la même veine mes persos sont à disposition mais tu peux bien évidemment faire de nouvelles connaissances! Razz]

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