La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 La chambre de la Reine

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Laureline_old

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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Dim 21 Jan à 23:03

Laureline comprit d'une manière ou d'une autre que la Reyne hésitait à lui révéler certaines choses.
C'était une question d'intuition. De plus, la jeune suivante pouvait se vanter du courant qui passait entre la Reine et son humble personne.

Elles étaient comparables à deux soeurs.

Enfin, c'était là ce que Laureline s'autorisait à penser au plus profond de son coeur.
Ce secret, mieux gardé qu'aucun autre, pouvait devenir dangereux s'il était entendu par de mauvaises oreilles.
Les gens pourraient le prendre très mal : la nécéssité obligeait donc Laureline à garder de telles pensées blasphématoires pour elle.

Quoiqu'il en soit, la demoiselle connaissait et respectait la Reyne assez bien que pour lui laisser le choix de parler ou pas.
Même si celle-ci ne lui dirait rien, la jeune femme ne pourrait jamais lui en vouloir.
On se comprenait entre amies.


-Oh ma Reyne ! Cela me fait bien plaisir aussi !

Une étrange amitié que celle d'une Reine avec une paysanne...

-Il m'est arrivé un tas de choses ! C'était il y a deux jours. J'étais donc descendue voir Amarante aux écuries lorsque le chevalier Lancelot me proposa une ballade. J'acceptais avec joie. Il était sympathique et dans le fond, c'est un brave homme, selon moi...
Cependant, je pense que le chevalier est trop fier : il a une très haute perception de lui-même, je l'ai appris à mes dépents !


Laureline eut un petit rire en se rappelant la tête qu'avait fait Lancelot alors qu'elle lui avait demandé en riant de "bien se tenir".
Sa blague n'avait pas été appréciée au début...

Puis elle pensa à quelque chose :


-Majestée, je dois vous prévenir. Connaissez-vous le Prince Mordred d'Orcanie ou d'Oramie - je ne sais plus ?
Je pense qu'il ne vous veut pas que du bien, mais, Dieu sait comme j'espère me tromper ! Ce n'est qu'une menace potentielle, je n'ai aucune preuves de ce que j'avance, mais méfiez-vous de lui, je vous en supplie !


A voire la grimace qui s'affichait sur le visage de la jeune femme, il en devenait facile de deviner qu'elle ne portait pas le Prince dans son coeur.
Laureline s'interrompit, attendant que Guenièvre lui en demande plus sur ce sujet.
Mais ce n'était pas terminé.
D'autres choses pires encore la tracassaient, dont elle souhaitait faire part à son amie, dans l'espoir que celle-ci sache l'aiguiller dans la bonne direction...

Mais oserait-elle parler à la Reyne des ragots dont cette dernière était l'héroïne ?
On parle de tout à une amie, car elle vous accepte tel que vous êtes, mais était-il bien de même avec une Reyne ?
Oh, comme Laureline l'espérait !
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Guinevere_old
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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Lun 22 Jan à 9:14

Il sembla à Guenièvre que l'enthousiasme qui se reflétait dans les yeux de sa suivante était sincère, et cela ne lui en procura qu'une plus grande joie.

Elle remarqua néanmoins que Laureline gardait le vouvoiement respectueux de son rang; certes, cela était imparable, mais la Reine la tutoyait déjà, et cette différence de locution pourrait être vue comme de la complaisance toute hypocrite, celle qu'un maître a pour son esclave.
La Reine ne voulut point y penser plus avant; elle se refusait à croire qu'elle considérait Laureline comme une vulgaire soubrette qui ne méritait pas plus de respect que de la discrimination paternaliste.

Laureline se prépara à lui narrer sa vie dans les moindres détails, et Guenièvre, curieuse comme personne, attentive envers ceux qu'elle aimait, attendait les yeux ronds et le souffle court.

Lorsque la jeune damoiselle prononça le mot Lancelot associé à ballade, ce fut plus fort qu'elle : Guenièvre s'esclaffa et se laissa aller à son hilarité sans gène.
La seule mention de cet homme aurait été cocasse, d'autant plus si le sujet était somme toute, très léger.

-Lancelot du Lac! On pourrait bourrer un troupeau d'oie avec son orgueil!


Ah làlà.. Narcisse et Echo... Quoique, elle voyait mal Laureline dans le rôle de cette dernière. Elle n'était pas assez stupide pour jouer les perroquets sans arrêt.

-Mais certes, c'est un brave homme, concéda-t-elle une fois calmée, brave... oui, brave. Loyal, et plutôt bel homme.

La Reine finit sa phrase dans un murmure, perdue dans les méandres de ses pensées...

-Comment ça, tu l'as appris à tes dépens? Reprit-elle, interloquée, t'aurait-il fait du mal?

Mais apparemment, ce ne fut pas le cas, car Laureline passa à un autre sujet, le visage grave. Il y avait des choses autrement plus sérieuses qu'une ballade avec des oies gavées.

-Le prince Mordred d'Orcami... d'Ocapie.. euh.. non.


Non, en effet, ce nom lui était totalement inconnu; Guenièvre s'écartait de la politique d'elle même comme on fuit la peste, même s'il lui arrivait de mettre son nez dans les affaires de son époux.

Elle ne comprit pas, par contre, pour quelle raison il voudrait lui faire du mal. Si elle ne le connaissait pas, enfin!
Laureline devait se tromper, il n'y avait aucune autre explication.
La Reine avait une fâcheuse tendance à penser "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", et, vu qu'elle ne côtoyait pas Madame Politique, elle évitait également toute forme de traîtrise, d'intrigue, de félonie; même si elle en entendait parler souvent, elle n'avait jamais eu à en subir directement les méfaits.
C'est comme les lutins des bois : tout le monde en parle, mais c'est jamais toi qui les vois.

-Mais enfin, pour quelle raison me voudrait-il du mal?


Finit-elle par demander, incrédule.

-S'il en voulait au pouvoir, il s'attaquerait à mon époux, et non à moi!


Auquel cas il faudrait le prévenir immédiatement.
Mais Guenièvre voyait à la mine de sa suivante qu'elle n'avait pas terminé, et l'invita d'un geste à continuer son récit.

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Laureline_old

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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Mer 24 Jan à 20:18

D'abord étonnée par le rire royal, Laureline fut ensuite enchantée d'entendre son amie s'amuser ainsi.
D'ailleurs, sa comparaison aux gavements d'oies était si pertinente, que la jeune femme suivit la Reine dans son rire.
Parfois, on oubliait trop facilement qu'une telle femme - un exemple pour toutes ! - pouvait avoir un sens de l'humour si fin. Et heureusement, Laureline, elle, n'était pas prête à l'oublier !
C'était cela qui, en grande partie, ajoutait encore plus de charme à Guenièvre.
Sa faculté de rire et l'éclat perlé de sa joie.

Reprenant son sérieux, non sans mal, la demoiselle rassura son interlocutrice :


-Non, non, ne vous inquiètez pas ! Il a juste boudé un peu, interprêtant une de mes paroles comme une insulte.

Laureline eut un petit rire, pas encore tout à fait remise de son hilarité d'à l'instant et continua, reprenant son souffle :

-Evidemment, là n'était pas mon intention du tout, mais vous connaissez Messire Lancelot !

Alors qu'elle souriait encore, une ombre passa dans ses yeux.
Il y avait des choses moins agréables à révéler que l'orgueil d'un quelconque Chevalier, si brave soit-il.
Et au plus vite ce serait dit, au plus vite les deux amies pourraient parler d'autre chose.


-J'ai conscience de pouvoir me tromper, Majestée, et je suis prête à assumer mes dires si c'est le cas...

Elle espérait que Guenièvre n'en viendrait quand même pas à la punir.
Enfin, elle s'était engagée et assumerait, même s'il fallait y laisser sa dignité.


-Qu'importe, une femme avertie en vaut deux et...

Laureline s'interrompit une seconde fois.
Comment dire cela sans passer pour une impolie de première classe ?
Rien n'était jamais facile.


-J'ai rencontré sa conseillère et meilleure amie qui "me cherchait" et qui "voulait me parler".
Une dame sympathique, mais cependant, quelques unes de ses questions m'ont incitées à la prudence. Premièrement, elle m'a parlé de mes fonctions, voulant savoir si j'avais accès aux secrets royaux.


Le plus dur venait encore et Laureline détestait devoir révéler pareil blasphème à la Reyne, mais puisqu'il le fallait...
Elle n'était pas du genre à tourner autour du pot, donc...


-Majestée, elle m'a demandée si vous trompiez le Roy !

Oh, quelle horreur que de devoir répéter pareile insulte à son amie !
Mais celle-ci pourrait en tirer les meilleures conclusions et saurait sûrement quelles mesures prendre.
Laureline était sincèrement choquée par cette question, car selon elle, personne ne pouvait douter de la fidélité de la Reyne.
Même si elle s'entendait bien avec dame Wylloh, la fameuse blasphèmatrice, jamais la jeune femme ne pourrait lui pardonner cette question o combien indigne.
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Guinevere_old
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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Jeu 25 Jan à 20:38

La tournure légère que prenait la conversation ravissait la jeune Reine au plus haut point; voilà qu'on ne la rabrouait point et qu'elle exprimait sans gène ses sentiments. Elle était d'autant plus heureuse de constater que son hilarité était contagieuse et que la jeune Lau, à l'aise, s'amusait avec elle comme avec un égal..

Cependant, après avoir rassuré la reine sur le malentendu d'avec Lancelot, la suivante fit un délicat et précautionneux préambule et Guenièvre sentit bien que là où elle voulait venir ne serait pas doux à entendre. Non Facile Auditu.

Elle ne répondit rien lorsque Laureline affirma qu'elle était prête à prendre sur elle si ses informations se révélaient fausses, car elle ignorait totalement de quoi il s'agissait et donc ne pouvait se permettre de porter un jugement hâtif. Malgré tout, elle savait bien qu'elle ne pourrait tenir rigueur à la jeune fille pour une erreur de la sorte.

-J'ai rencontré sa conseillère et meilleure amie qui "me cherchait" et qui "voulait me parler".
Une dame sympathique, mais cependant, quelques unes de ses questions m'ont incitées à la prudence. Premièrement, elle m'a parlé de mes fonctions, voulant savoir si j'avais accès aux secrets royaux.

Oui... en effet, cela devenait louche. La Reyne fronça les sourcils et se redressa un peu, comme si elle était capable de mieux supporter le poids d'une révélation en position assise.

-Majestée, elle m'a demandée si vous trompiez le Roy !

Il y eut un temps de flottements où Guenièvre resta bouche bée, fixant un point quelconque devant elle. Elle oscillait entre colère et amusement... c'était à la fois tellement ridicule et tellement possible. Mais enfin, que les gens s'inquiètent de telles choses alors qu'elle n'y avait même point songé! Par les fées des Bois! Cela devenait compromettant.

Guenièvre finit par devenir cramoisie, à la fois de honte et de colère. Elle fit un bond et se retrouva debout, tournant le dos à Laureline. Elle ne voulait point que son amie devienne l'exutoire de son ire alors qu'elle n'avait voulu que la prévenir.

-Quelle humiliation! Comment peut-on penser cela de moi?

Elle fit alors volte face, présentant à Laury des yeux brillants de larmes qui ne sourdaient point encore.
Elle s'approcha alors et lui prit les mains, cherchant du réconfort.

-Faut-il donc que je dissimule encore plus la répugnance que j'éprouve pour mon époux?

Et cette fois, deux gouttes d'eau salées roulèrent sur ses joues jusqu'à se faire avaler par ses lèvres. C'était la première fois qu'elle mettait des mots sur ce qu'elle ressentait pour Arthur, preuve qu'elle avait toute confiance en sa suivante. Et puis, elle savait pertinemment que cette dernière l'avait remarqué, cela ne faisait que confirmer ce qu'elle savait.

-Le Roy lui-même est dupe! Je... j'accomplis mes devoirs conjugaux avec dignité et j'éprouve grand respect pour mon Roy et son autorité...
Tu me crois, n'est-ce pas?


Si Guenièvre éprouvait le besoin de s'expliquer, c'est bien qu'elle se sentait fautive de quelque chose... peut-être de se savoir assez faible et vénale pour basculer dans l'adultère...

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Laureline_old

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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Jeu 25 Jan à 23:04

Aïe... Aïe aïe !
Voilà qui était dit, et Laureline s'attendait au pire.
Elle ne voulait pour rien au monde blesser Guenièvre, mais sentait le poid de sa pique comme si c'était dans son coeur à elle qu'on l'avait enfoncée.
La jeune suivante était tellement désolée pour sa Reyne qu'une boule énorme dans sa gorge l'empêcha de parler d'avantage, l'obligeant à assister, impuissante, à la réaction de celle-ci.

La Reine, légitimement meurtrie, tourna brusquement sur elle-même, montrant son dos à Laureline qui s'en voulait tant de l'attrister ainsi.
On ne faisait pas un coup pareil à une amie !
Mais quand même... Avait-elle eu le choix ?
A court terme, cela faisait aussi mal qu'une blessure causée par le fer, il n'y avait pas de doute. Mais peut-être qu'à long terme, savoir quelles questions les gens se posaient sur vous pouvait se révéler utile...

Placée brusquement devant un tel dilemme - parler ou ne pas parler - la jeune suivante avait choisit ce qu'elle espérait qui soit la meilleure solution.
C'est à dire : parler.

Tandis qu'un long frisson lui parcourut la nuque, ses yeux se firent troubles.
C'était un début de larmes, prêtes à innonder ses joues, que Laureline ne laissa cependant pas couler.
Oh, mais pourquoi donc était-elle si sensible ?
Comment était-il possible qu'elle ait la larme si facile !
Il lui fallait avant tout réconforter la Reyne, et cela, la demoiselle avait les moyens de le faire.
Pleurer et s'appitoyer sur le fait qu'elle se soit rendue coupable d'avoir blessé la Reyne ne servait à rien. Il était temps d'agir.

Offrant un sourire réconfortant à son amie, la jeune suivante déglutit - non sans difficultés - et déclara, d'une voix étrangement assurée :


-Je ne pense pas, mon amie, que les gens pensent ceci derrière votre dos. J'en mettrais ma main à couper, car où que j'aille, il n'y a que des compliments à votre sujet qui me parviennent aux oreilles.

C'était la première fois que Laureline risquait un "mon amie".
Peut-être était-ce osé, elle l'ignorait, mais toujours est-il que cela venait tout droit du coeur
.

-Je crois plutôt qu'il s'agit d'une odieuse machination de l'invention du Prince... d'Orcanie ! C'est cela ! Oui, je m'en rappelle maintenant.

Elle sourit à nouveau, mais cette fois-ci plus joyeusement.

-Bref, un méchant complot pour tenter de vous discracier, vous et votre mari ! Je crois que cela ne s'arrêtera pas là non plus...
Mais ceci n'est plus de mon essort.
Ce ne sont que des suppositions, vraiment, vous êtes mieux placée que moi pour comprendre ce genre de politique.


La jeune suivante se tut un moment, avant de reprendre :

-Acceptez toutes mes excuses, ma Reyne, de vous avoir conté de telles horreurs.
Ce n'était pas pour mon plaisir, je vous le jure, mais laissez-moi vous rassurez : c'était le pire !


Puis la jeune femme ajouta, plus doucement :

-Bien sûr que je vous crois.
Forcée par la vie à devenir ce que vous êtes, Reyne, épouse du Roy et exemple féminin, vous encaissez tout avec le plus de force et de courage que je n'ai jamais vu auparavant.
Je vous admire beaucoup, Majestée.


Laureline fit une pause, contente de pouvoir tenir son amie par les mains. Un geste physique valait parfois mieux que tous les mots du monde réunis.
Malgré cela, elle avait encore quelque chose à dire :


-Autant vous mettre au courant de tout, Majestée.
Je soupçonne le Prince Mordred pour la bonne et simple raison que je l'ai rencontré, et que ce n'était pas du tout, mais alors là pas du tout, l'image que je me faisais d'un Prince.
Cet homme était grossier, irrespectueux, méchant et orgueilleux !


Les joues de la jeune femme virèrent au rouge tomate alors qu'elle se rendait compte de ce qu'elle venait de dire.
Dire autant de mal d'un Prince, elle ne s'en aurait jamais crue capable !
Et pourtant...
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Guinevere_old
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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Sam 27 Jan à 22:44

-Tu n'as aucune excuse à me faire... Je sais faire la différence entre le messager et le message.

Dit-elle en s'essuyant les joues d'un geste gracieux de la main. Sa voix se fit moins tremblotante et Guenièvre reprenait peu à peu des couleurs. La violence de la surprise passée, elle avait encore nombre d'informations à ingurgiter, et pour cela, il fallait être forte.

Elle posa la paume de sa main sur la joue de sa suivante qui avait également les larmes aux yeux, se voulant rassurante et reconnaissante des compliments que lui faisaient Laureline. Elle en était réellement touchée. Guenièvre avait beau être Reine, cela ne l'empechait pas de douter d'elle même. Alors qu'on lui dise que ce qu'elle faisait relevait d'une grande force d'âme, qu'on l'admirait, et surtout que ce soit sa si sagace suivante qui le lui dise, voilà de quoi vous remonter le moral à bloc.

La pantomime de Sa Majesté n'était point terminée, et elle laissa retomber sa main le long de son corps, tout en se réinstallant sur le lit, la tête basse, songeuse.

-Tu considère vraiment ce prince comme un homme dangereux?


Il était étonnant de constater comme une simple suivante pouvait influer sur le pouvoir royale. Une mauvaise rencontre, une remarque à sa maîtresse, et voilà celle-ci pétrie de préjugés sur cet homme.

-Mais... quel but aurait donc une telle machination?

Elle avait du mal à comprendre que des commérages puissent être le fondement d'une trahison. Elle avait toujours vu ça comme des défis outranciers, des poisons glissés dans les plats, des guerres meurtrières, mais point comme des persifflages de bonne femme.

-Arthur tient trop à moi pour que de tels ragots puissent fragiliser le pouvoir royal.

Se rassura-t-elle en hochant la tête de droite et de gauche.

-Et... même s'il devait me répudier (un pincement de coeur accompagna cette phrase... Tiendrait-elle à Arthur malgré tout, ou ne serait-ce qu'à sa position de Reine?) jamais mon père ne le trahirait et la Carmélide resterait sa plus fidèle alliée. La honte ne pourrait rejaillir que sur moi.

Quelque part, même si arriver à ces extrémités pouvaient paraitre terrible, la Reine se rassurait elle-même. Si elle n'aimait pas l'homme sous la couronne en tant qu'époux, elle avait grand respect et vouait un culte à son Roy et son Autorité. Ainsi qu'à son Royaume, cela allait de soi.

-Cependant ne tentons pas le diable. Aux yeux de ce Mordred, je dois paraître la plus parfaite des épouses. Je sais comment agir désormais. Et cela dès maintenant, afin qu'Arthur ne puisse associer la venue de ce prince avec mon attitude prévenante. Je saurais faire taire ces rumeurs dans l'oeuf.
Merci.


Ce dernier mot fut prononcé avec un mouvement de sincerité envers sa suivante.

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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Lun 29 Jan à 23:15

Laureline sourit à nouveau, même si en même temps ses joues prirent une délicieuse couleur rouge.

Voilà que Sa Majestée la Reine la remerciait ! Heureusement qu'elle considérait celle-ci comme son amie et qu'elle avait l'immense honneur de la connaître depuis plus longtemps déjà, car sinon l'ancienne petite fermière s'en serait sentie très mal.

Clignant trois fois des yeux afin d'en dégager les débuts de larmes, la jeune femme écouta attentivement les paroles de Guenièvre.
Le choc passé, les deux femmes pouvaient commencer à réfléchir dans le mental, histoire de trouver une solution à ce problème qui n'en était peut-être même pas un.
Voyons... Dans quel but ?
Mais pourquoi donc n'y connaissait-elle rien en politique ?
La suivante aurait tant aimé pouvoir aider sa Reine !

Repoussant une mèche rebelle derrière son oreille, Laureline resta un instant songeuse avant de dire :


-Je ne pense pas qu'il soit dangereux pour l'instant... Mais il peut le devenir, et c'est pour cette raison que je vous en parle.

Elle continua, la voix légèrement plus certaine :

-J'ignore tout de son but. Ce n'est là que mon humble avis et peut-être me fais-je des idées ? Prendre le pouvoir me semble être la digne motivation du neveu du Roy, mais ce ne sont que des suppositions.

La jeune femme savait bien que Guenièvre aimait Arthur comme Roi, et non comme mari, mais que grâce à sa mise en garde elle ferait encore plus attention à parraître en public la meilleure des épouses.

-Mon amie, je ne lis dans les yeux de Sa Majesté votre époux que de l'amour pour vous. Croyez-moi, il ne vous rejettera pas et même Mordred ou la pire des mauvaises langues n'arrivera pas à l'y convaincre.

Maintenant que la jeune suivante avait tout dit de ce qu'elle avait à dire, enfin, le plus important, elle était assez impatiente d'entendre ce pourquoi la Reyne avait demandé à la voir.
Peut-être était-ce simplement pour lui parler, pour rire et pour bavarder, mais... son petit doigt lui disait qu'il y avait autre chose.

Laureline attendrait que Guenièvre aborde le sujet, rien ne pressait.
Et puis, peut-être la Reyne avait-elle encore des questions ?
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Guinevere_old
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MessageSujet: Re: La chambre de la Reine   Sam 10 Fév à 19:26

[désolée du retard Embarassed ]

-Prendre le pouvoir! Mais c'est impossible que quelqu'un puisse fourbir pareil complot!


La Reine s'étrangla en prononçant ces mots. Qu'on veuille avoir de l'influence sur Arthur... oui... mais...
Jamais Guenièvre n'avait effleuré l'idée qu'un homme, aussi fou qu'il soit, ait pu penser détrôner son mari, dont le pouvoir était bien assis et accepté par toute la Bretagne. Qui pouvait en vouloir à un si bon Roy?

-Non... surtout pas un homme de sa famille.


Pour se persuader elle-même, Guenièvre fit non de la tête.
Elle releva ensuite les yeux sur sa suivante, décidée à ne plus penser "complot", "trahison", "conspiration", "intrigue" ou tout autre mot qui aurait fini par lui donner de l'urticaire.

-Sais-tu ce qui m'est arrivé dernièrement?


Ayant vraiment l'intention de changer de sujet, Guenièvre en oublia sa méfiance première. Rien n'était plus grave que ce qu'elle venait d'entendre, alors, raconter sa petite aventure, ce n'était pas vraiment inquiétant pour elle..

-J'ai touché du doigt à la politique et joué un rôle de Reine !
Figure toi que j'avais rencontré un homme hors des murs de Camelot, mais incognito. Aussi, lorsqu'il fut emprisonné et accusé du meurtre du curé, je n'ai pu dire à mon mari toute la vérité... Seulement, il était forcément innocent, puisqu'il n'était pas dans Camelot même le jour du meurtre. J'ai alors fait intervenir Iwen qui a assuré avoir fait tout ce que moi j'avais fait afin de l'innocenter aux yeux du Roy. Ca a marché...J'en étais encore toute chamboulée il y a seulement quelques minutes...


La Reyne baissa les yeux, malgré le fait d'avoir parlé d'autre chose, elle ne pouvait se résoudre à ne plus y penser.

Elle se leva soudain:

-Je pense qu'il est temps de paraître aux yeux du monde et accomplir mon devoir d'épouse Royale.

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