La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers...
 
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 La forge de Birskyn

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Sir Galahad_old
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Dim 28 Jan à 23:22

Galahad écarquilla les yeux. Cela faisait bien une décennie qu’il n’avait plus vu Bedivere, façon de parler, bien sûr. Il se tourna vers le forgeron tout en évitant une charrue qui l’avait frôlé...

-Bedivere?!!! Mais évidemment que je connais ce loyal frère d’armes et grand ami. Si vous vous me le demandez, je pourrai lui rappeler de venir chercher ses affaires, cela me donnera l’occasion de le revoir!

Galahad ralentit l’allure en remarquant qu’il marchait excessivement vite par rapport au vieillard. Il lui tendit un sourire rapide et plongea dans ses pensées. Le bruit des roues en bois s’écrasant sur les pavés des rues de Camelot lui parvint de plus en plus fort à ses oreilles. Il y avait un petit chemin à faire avant d’atteindre l’auberge... Le jeune chevalier se frotta la moustache, puis sa minuscule barbichette avec son pouce et son index.

-Vous êtes à Camelot depuis longtemps? Je ne savais pas qu’il y avait un deuxième forgeron...

A l’aide de son pied droit il poussa une pierre qui se trouvait sur son chemin. Celle-ci se retrouva quelques mètres plus loin, mais toujours sur sa trajectoire. Quelle malchance! Quand la pierre se retrouva de nouveau devant lui, Galahad n’y fit plus attention et passa au dessus...
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Dim 28 Jan à 23:41

Birskyn sourit en retour au chevalier. Il sentit qu’il avait ralenti son pas et si il lui en fut reconnaissant, il en fut aussi irrité. Le trouvait-il vieux à ce point ? Il n’était plus jeune mais avait encore toute sa tête et toute sa force. Il haussa les épaules avant de tomber de nouveau dans les sombres pensées qu’entraînait la vieillesse. Il respira profondément, rejetant ses épaules en arrières. Il sentit l’odeur prenante des chevaux, celle plus écoeurante de tripes que l’on faisait cuir, le léger parfum des égouts et l’odeur acre de la foule. Il regarda autour de lui, notant qu’un nouveau couturier s’était ouvert sur la grande place et qu’il n’était toujours pas allé voir ce que valaient les produits de la « guérisseuse ».

Il fut surpris par la question du jeune homme. Il se gratta la tête un instant en comptant les années avant de répondre.


- Je vis ici depuis bientôt vingt ans. Et je suis loin d’être le seul forgeron. Je crois avoir pas loin d’une dizaine de confrères dans toute la ville. Certains ne valent pas des clopinettes et vivent cachés mais d’autres sont plus talentueux. Armand de Guesrin est réputé pour ses serrures précises et solides. Je suis étonné que tu en ignores l’existence. Une capitale comme Camelot vit avec plus d’un artisan.

Il glissa à moitié sur un loque qui traînait et se rattrapa de justesse au jeune homme.

- Excuse moi, j’ai glissé sur ce lambeau.

Il poussa du pied le coupable de sa chute et se remit à marcher.

-Au fait, on ne se connaît pas. Birskyn Udeinar.

Il tendit la main vers le chevalier.


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Sir Galahad_old
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Mar 30 Jan à 20:19

Comment Galahad avait il pu ignorer l'existence des autres forgerons de la région? Pourtant, il était chevalier. Il connaissait de nombreux chevaliers qui eux, étaient censés connaître ces manipulateurs de métaux. Et pourtant, non. Il avait toujours cru qu'il y avait seulement le forgeron du château et maintenant, l'homme au manteau brun...
Maintenant qu'il savait ce que Birskyn lui avait dit, cela lui semblait bien logique. Après tout, Camelot était immense et ses chevaliers n'auraient pas une aussi grande réputation sans une dixaine de forgeron...
Birskyn nomma un certain Armand. Ce n'était sûrement pas ce piètre forgeron du château. Galahad grimaça et tourna sa tête de droite à gauche. Jamais entendu parler...
Le forgeur failli tomber et se rattrapa de justesse au jeune homme, qui juste à ce moment là, se tenait en déséquilibre sur un seul pied! Galaad réussit à se rattraper pour ne pas s'affaler sur les pavés de la rue crasseuse. L'homme s'excusa, Galahad lui répondit par un large sourire et un petit "c'est rien!"...
Le forgeur continua immédiatement en se présantant. Birskyn n'était pas un nom courant... Le jeune chevalier lui serra la main avec enthousiasme, puis il se présenta à son tour.


- Je crois que vous connaissez déjà mon nom, Galahad du Lac. Vous avez sûrement entendu parler de Lancelot. Il parraît que sa réputation a dépassée les frontières de la Bretagne... Je suis son fils, mais ne croyez pas que je dis cela pour me vanter. Je disais cela pour vous aider à cituer... seulement...

Il baissa la tête, peut-être de honte, peut-être d'une overdose de fièreté, peu importe... Il la releva immédiatement avant de déposer son pied dans une flaque de boue. Il jura entre ses dents en secouant son pied pour se débarasser de cette terre gluante et brune claire...
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Jeu 1 Fév à 23:33

Birskyn vit tout de suite de qui il parlait. Lancelot du Lac. Bien sur qu'il connaissait. On le disais vaniteux de nature. Et si c'était la vérité, il n'était pas impossible que son fils n'en ai pas hérité d'une part. Il secoua la tête en critiquant la jeunesse. Décidément, tout xemblait aller de travers. Les chevaliers qui guerroyaient en plein hivers, les jeunes qui ne pensait qu'à les rejoindre, et, selon les commérages les plus malsains et les plus ignomieux, le roi trahi par sa propre reine. Toutefois, il falleit bien laisser aller.

- Je vois de qui tu parles.

Il avait répondu doucement, pour ne pas brusquer le jeune. Il continua dans cette veine.

- Ton père est très connu et j'imagine que tu ne tarderas pas à le rattraper.

Il espéra ne pas avoir commis de bourdes et tendit le bras pour montrer l'auberge qu'il voulait rejoindre. Il espérait que Sezig s'y trouverait et serait assez sobre pour l'écouter. Après tout, il aurait bien besoin de lui pour achever toute les demandes qui l'accablaient. Il sourit à cette pensée.


[HJ : on continue dans une taverne ...]
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Sam 10 Fév à 0:00

[HJ : En provenance d'une taverne ...]

Le trajet avait permis à Sezig de dessouler un peu mais il restait encore nauséeux. D’une tape dans le dos, Birksyn l’envoya vers le bac d’eau où il s’immergea la tête pendant de nombreuses secondes. Le maître forgeron en profita pour relancer le foyer de quelques coups de soufflets avant de rajouter du charbon. Sezig ressortit la tête et s’ébroua en mouillant tout autour de lui. Son ami évita les gouttes en riant et lança d’une voix chaleureuse.

- Tu ferais bien de te laver et de te changer, tu es tout sauf propre …

Il enleva la clef qui pendait à son cou, ouvrit les deux coffres puis la lança au bonhomme. Celui-ci l’attrapa mais hésita un moment.

- Je vais me resalir de toute façon …

Birskyn, qui sortait les pièces des différentes armures se redressa lentement. Il regarda son compagnon d’un œil dur.

- Sezig … c’est sur ce genre de paresse que tu trébuches tout le temps et qui t’empêche de vivre. Tu te dois d’être propre avant d’attaquer un travail, même s’il est salissant. Apprends à départager la crasse de la boisson et celle du labeur. Ce n’est pas la même sueur qui mouille tes tempes et tache ta chemise. Laves-toi, changes-toi puis reviens.

L’homme baissa la tête. Il acquiesça en silence et sortit. Le forgeron inspira profondément et recommença à préparer la suite du travail. Une fois qu’il eut ressorti l’armure du sieur Bédivère, il enleva son haut, remit sa côte de travail, reprit ses jeux d’outils. Encore une fois, il se pencha sur son art, revit de nouveau les imperfections à corriger. Il sélectionna ce qu’il y avait à faire et se remit à frapper. Le marteau rebondissait sur le métal, ne provoquant nulles étincelles comme d’aucun aurait pu le croire. Il travaillait le fer à froid.
Il s'était absorbé dans son martelage quand Sezig revint.

Propre, habillé, l’homme n’avait plus la même allure. La face de l’ivrogne qui gémissait à la taverne s’était transformée en tête d’un brave gars sympathique, au sourire agréable et à la barbe plus avenante. Son corps rentrait bien dans les larges vêtements du forgeron et laissait deviner une carrure nette. Il s’avança sans hésiter. Visiblement, désinhiber, il devenait plus sur de lui. Il regarda le forgeron travailler un moment, appréciant le savoir faire puis examina les outils, se familiarisant avec la forge. Il resta un moment devant l’atelier, admirant les instruments. Il ne réagit que quand, réalisant que le martèlement s’était arrêté, il se rendit compte que Bisrkyn était à côté de lui. Il lui sourit. Celui-ci hocha la tête en lui rendant son sourire.


- Allez, on s’y met vraiment. Myrdin va arriver.

Et les deux forgerons se mirent au travail.
Pendant que Birskyn s’attaquait à l’épée de Galahad, Sezig prenait la mesure de son ouvrage puis acceuillait le jeune garçon. Ils discutèrent un moment, parlant un peu des nouvelles puis du travail avant de se lancer dedans. La forge prit alors véritablement son envol.
Bientôt, le rythme était donné. Birskyn martelait avec mesure, Sezig limait allègrement et Myrdin allait de l’un à l’autre, se rendant utile de mille façon, s’occupait du feu, passait une autre masse, une autre lime.


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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Sam 17 Fév à 23:50

Le temps passait vite dans l’ambiance chaleureuse de la forge. Une amitié se formait déjà dans le trio, conforté par des mois de connaissances et la proximité du travail.
Dehors, le temps grondait. Le ciel clair en début de journée s’amoncelait de lourds nuages remplis d’eau.
Dans la chaleur de la pièce, nul ne le remarquait mais les passants se firent plus rares, rentrant chez eux pour éviter la pluie.
Un moment, le temps sembla hésiter et un profond silence s’installa dans la rue. Dans la forge, les trois hommes s’arrêtèrent pour regarder dehors.


-Ca va péter.

Déclara sentencieusement Birskyn.
Comme pour confirmer ses dires, un gigantesque coup de tonnerre creva le silence, ébranlant la ville. Un autre suivit et un autre encore. Le vent souffla un moment.
Puis la pluie s’abattit sur les toits d’un seul coup, inondant les rues.
Un instant, les trois hommes observèrent les éléments se déchaîner puis, Birskyn en premier, suivit de Sezig, retourna au travail. Myrdin resta au pas de la porte pour regarder la pluie crépiter violement.

Le vent soufflait, faisant tourbillonner les gouttes qui tombaient en un rideau compact. Les caniveaux au milieu des rues se remplirent et dégorgèrent l’eau froide, lavant les saletés du pavé.

Dedans, le crissement de la lime et le martèlement du marteau faisaient un contrepoint au crépitement de la pluie et au grondement du tonnerre. La chaleur intérieure le protégeait d’un manteau intangible contre les courants d’air froid qui sifflaient. Il se sentait bien.
Il n’avait rien à faire et détaillait l’averse avec l’impression agréable d’être au sec.
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Dim 4 Mar à 20:52

Les heures coulèrent doucement et la pluie dehors, se tarit. Bientôt, ce ne fut plus qu’une fine averse avant de s’estomper complètement. Cet orage avait lavé la ville de sa crasse, mais les parties plus basses seraient inondées de l’eau sale et des détritus qu’elle aurait emmenés avec elle. Ces endroits deviendraient de véritables bouges remplis d’eaux croupies et des maladies se développeraient en chaîne au plus grand malheur des habitant.
La forge, elle, était à l’abri. Bâti en hauteur, elle ne craignait les inondations de ce genre et la pluie lui faisait plus de bien qu’autre chose.
A l’intérieur, la température était toujours aussi ardente et les travailleurs étaient torse nue pour supporter la caresse des flammes. La fatigue se faisait sentir dans les corps des forgerons par, lourds d’une journée chargée.

Mettant sa dernière pièce à l’eau dans un nuage vaporeux, Birskyn annonça la fin du travail au bonheur de Myrdin. Le jeune homme, éreinté, s’assit pesamment sur une enclume basse et soupira. Il n’y avait point eu d’histoire aujourd’hui et le repas, pris sur le pouce n’avait été qu’un rapide repos avant de replonger dans le rythme difficile de la forge. Le vieil homme ne l’avait pas épargné, lui donnant toujours plus de travail. Il lui sourit et hocha de la tête.


- C’est fatiguant hein ?

Il ne put que dodeliner mollement. Le forgeron, compatissant, le releva.

- Allez, rentre vite chez toi, lave toi, mange et couche toi. Tu tombes de sommeil.

Il le poussa doucement vers la sortie et le jeune homme s’éloigna lentement, la démarche pesante.
Birskyn le regarda partir en souriant et s’étira. Il huma profondément l’air humide et éternua un coup.
L’obscurité s’infiltrait doucement sur la ville et le soleil lançait ses derniers rayons derrière une houle de nuage grise. La place était presque vide et les passants ne prenaient pas le temps de s’arrêter. De la forge illuminée s’échappaient quelques tintements, dus au rangement consciencieux qu’opérait Sezig.
Le forgeron rentré à son tour pour finir de l’aider. Ils jetèrent une pelletée de charbon sur le feu, s’aspergèrent rapidement dans le bassin et ressortirent. Sezig hésita un peu puis déclara.


- Ecoute Birskyn, je suis heureux que tu m’aies pris comme aide mais je voudrais pas plus t’embêter. J’ai une chambre alors je vais y retourner et je vais te laisser.

Le vieux forgeron acquiesça.

- D’accord Sezig, mais ne bois pas trop.

Ils se serrèrent la main et Sezig s’éloigna à sont tour. Birskyn le regarda puis se retourna.

Il rentra par la porte annexe et se défit de ses vêtements de travail avant de monter l’escalier raide qui menait chez lui. Retrouvant naturellement les gestes quotidiens, il alluma une ribambelle de bougies, et se prépara des galettes de féculents. Ecrasant les graines, il ajouta un peu d’eau et les fit cuire directement sur son poêle. Une fois cuit et même un peu brûlé, il les plaça sur une tranche de pain et s’assit à sa table. Prenant les galettes avec les doigts, il brisa la pâte encore brûlante et en amena plusieurs bouts à sa bouche. Mâchant lentement, il avala tout en faisant passer avec de grandes goulées d’eau fraîche. Il ramassa méthodiquement les miettes avec le tranchant de la main et les mangea aussi. Puis il nettoya ses instruments de cuisine sommairement et redescendit.
Comme de coutume, il s’appuya nonchalamment au montant de la porte et se bourra une pipe. Tirant par à coup sur le petit morceau de bois, il regarda la place presque vide éclairée faiblement par une poignée de lanternes.
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Sam 10 Mar à 15:12

Birskyn était allé se coucher. Une fois sous la couverture de bon lin, il dormit d’une traite jusqu’au petit matin. Une fois de plus, son instinct l’avait réveillé de bonne heure. Il s’était levé avec difficulté, ressentant des courbatures au bras. C’était bien la première fois que ça lui arrivait. Se faisait-il trop vieux ?
Assis sur sa couverture, en caleçon de lin qui gratte, les cheveux ébouriffés, dans l’obscurité froide de cette fin de nuit, Birskyn s’interrogea sérieusement sur l’avenir. Il était vieux, et il ne rajeunirait pas. Certes, il s’était tenu loin de sa forge une semaine et la brusque reprise éreintait son corps déjà usé mais les prémices de la vieillesse, la vrai, celle qui l’emporterait dans son lit à longueur de journée avant de lui ouvrir les portes de la mort, s'installait. Et cela l’effrayait. Qu’aurait-il une fois qu’il ne serait plus capable de soulever son marteau ?
Il avait ses petits enfants, Myrdin semblait prêt à le remplacer. Mais s’occuperaient-ils de lui comme il s’était occupé d’eux ?

Une peur glacé et sournoise envahit ses tripes. Il n’avait jamais connu de pareille frayeur. Même au plus fort du combat, quand les morts pleuvaient autour de lui, il n’avait jamais eu si peur. Il faillit se mouiller et une grosse larme coula sur sa joue rugueuse.
Il resta tétanisé un instant puis se leva soudain, mécaniquement. Il enfila son pantalon, mit ses sabots et descendit. Il fallait qu’il s’active. Qu’il se ressaisisse. Le travail lui permettrait d’oublier cette pensée ignoble. Ses petits ne l’abandonneraient pas comme ça. Il les connaissait. En sortant dehors, il ne pu empêcher une toute petite voix de lui souffler qu’il se trompait peut être.

Claquant violement la porte, il avança d’une dizaine de pas sur la place. A cette heure, elle était vide, seul un ou deux mendiants dormaient encore dans un coin. Les oiseaux lançait des drilles joyeuses et virevoltaient au dessus de sa tête. Il leva les yeux au ciel, regarda les premières clartés d’un nouveau jour se répandre dans l’éther. Il fut hypnotisé par cette vision d’un ciel pur et sans nuage transpercer par les rayons d’un soleil qui se paraient de jaune et de rose.
Puis, comme à regret, il abaissa ses yeux sur l’obscure clarté de ce monde et son regard tomba sur les miséreux. Un frisson lui glissa le long du dos et il eut soudain très froid.

Cherchant à apaiser ses doutes, il rentra dans la forge. La chaleur du brasier, éteint, lui sembla glacée. Il saisit avec violence la poignée du soufflet et tira dessus de toutes ses forces. Il ne se passa pas grand-chose mais il répéta son geste encore et encore et enfin, le tapis de braise tant aimé réapparut sous ses yeux. Il s’en approcha à s’en brûler et apprécia la morsure insoutenable du feu. Il plongea son regard dans la braise ardente et se reput du crépitement du charbon.

Enfin calmé, il remit du charbon et se détourna du foyer. Ouvrant les coffres, il sortit les armures. Il étalait les morceaux disparates sur l’établi quand Sezig arriva. Il semblait encore engourdi par sa nuit de sommeil et avait une démarche hésitante. Saluant le forgeron d’un grognement, il se plongea la tête dans l’eau et la ressortit en s’ébrouant.


- Pouah ! Elle est gelée ! Ca va Birskyn ?

Il s’épongea la tête avec sa chemise et sourit au vieil homme qui sortait les marteaux.

- Ca fait aller. On s’y met.

Sur ses quelques mots, l’apprenti su que son maître était fâché mais il laissa aller. En prenant la même vieille côte de travail qu’il avait pris à Birskyn hier, il regarda où il en était.

Et, de nouveau, la forge résonna de ses bruits propres. Une poignée d’heure passa sans que les deux hommes ne parlent. Ils eurent un seul client, un gros homme qui demandait qu’on ferre se jument. Birskyn s’en occupa et bien vite, la grosse pouliche repartait sur un pied d’égalité après que son maître ait payer content le travail du forgeron.

Le travail devint rythmique et monotone.
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Lun 26 Mar à 18:07

Enfin, Myrdin arriva. Il s'excusa platement, arguant qu'il avait du aider sa mère à réparer le toit de la maison que l'averse de la veille avait abîmé. Birskyn n'émit qu'un vague grognement, hocha la tête pour indiquer qu'il avait entendu le jeune homme et se remit au travail.
Perplexe, l'apprenti se tourna vers Sezig qui haussa impuissament les épaules. Il était comme ça depuis ce matin et il ne parvenait pas à comprendre pourquoi.
Il pointa du doigt le travail de l'apprenti qui s'entassait sur la table, formant un gros tas de petites tâches en tout genre que le maître forgeron avait entassé tout au long de la matinée. Le gamin écarquilla les yeux et grimaça devant ce qui l'attendait. Mais il s'attela à sa tache sans rechigner.

Et les trois hommes travaillèrent. Birskyn martelait avec précision, changeant régulièrement de pièce comme de marteau. C'était les derniers morceau d'armure à remettre en place. Les petits détails qui faisait la différence entre son travail et celui des forgeron moins bon. C'était la recherche de ces détails qui l'avait ammené dans une maisonnette aussi confortable. Il savait qu'après ça, il rejoindrait Sezig et tout deux limerait pendant des jours. Le crissement intolérable de la lime sur le fer abîmé, la fatigue du bras devant le geste répétitif au delà de l'acceptable, la cendre de fer, coupante et volatile.
Sezig manifestait déjà les premiers signes de l'éxaspération de ce travail rebutant.

Birskyn cogna sur le dernier morceau, le plongea à l'eau et le ressortit, froid et dur pour l'étaler sur l'établi avec tous ses compagnons. Il soupira et posa son marteau.


- Ouf. Pause pour ce matin.

Sezig fini de limer convenablement la pièce d'armure qu'il travaillait, la posa à son tour et se releva en s'étirant. Son bras droit était encore légèrement secoué, comme s'il continuait inconsciemment le geste.
Myrdin n'avait pas attendu et avait jaillit hors de la forge à tout allure pour aller retrouver ses petits camarades. Bientôt, ce fut toute la troupe qui entra bruyament dans l'atelier.

Birskyn refoula gentiment les enfants, arguant du fait qu'il avait trop de travail. Peut être la semaine prochaine. Longtemps, les grognements d'insatisfaction des jeunes enfants leur parvinrent.

Ils mangèrent sur le pouce, avalant rapidement le pain et le lard habituel puis se remirent tout de suite au boulot.

Laissant s'éteindre sa forge, Birskyn rangea ses masses et ses pinces et sortit un nouvel attirail de limes en tout genre. Il demanda à Myrdin de refaire son stock de charbon de forge qui s'était fort amenuiser. Il savait que c'était un travail très dur et lui dit de prendre tout son temps. Il ne lui demanderait rien d'autre pour le moment.

Puis il alla s'asseoir près de Sezig et commença à limer. Ils travaillaient sans parler, ou presque, toute discussion épuisant inutilement leurs forces.

A présent, seul le crissement inimitable du limage résonnait dans l'atelier, ponctué par les ahanements du jeune homme qui transportait de gros seaux de charbons.

Dehors, une belle journée éclairait Camelot.
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Jeu 5 Avr à 17:31

Et comme la journée d'hier, celle-ci se fini.

Les forgerons connurent bien quelques déboires avant que le soleil incandescent ne s'éclipse à l'horizon et que la baisse de lumière ne cesse leur activité. Par exemple, Byrskin décida en milieu d'après midi qu'il en avait déjà soupé du bruit usant des limes. Ou encore, Myrdin s'étala de tout son long dans la poussière, renversant son seaux de charbon avec pour résultat de devoir chasser à travers tout l'atelier les boulettes de charbon qui s'en était échappé. De plus, ses vêtements étaient définitivement souillés et il faudrait vraisemblablement les changer.

Mais vaille que vaille, la journée se termina et tous trois purent reconnaitre qu'ils avaient progressé. Certaines des pièces d'armures étaient à présent achevée et il suffirait de les tenir à l'abri de l'humidité pour pouvoir ensuite les rendre à leur propriétaire.
Elles brillaient doucement, polis à la maille de fer.
Partout, le travail des limes se faisait sentir et la finition était tel que Byrskin l'exigeait. Les plaques étaient douces au toucher et leur arrondi était agréable à l'oeil. Du bon travail selon le forgeron.

Il congédia ses apprentis, rangea armures et outils, ferma soigneusement les coffres et se rendit compte qu'il tournait en rond.
Toute la journée, ses doutes l'avaient rongés. Il s'était levé du pied gauche se matin et n'arrivait pas à se sortir de cette gangue de tristesse qui s'emparait de lui dès qu'il laissait flaner ses pensées. Ses inquiétudes l'assaillaient, et il ne savait pas comment éloigner ce fléau de sa tête. Rien ne parvenait à l'apaiser et il commençait à s'insupporter lui même.

Il regarda autour de lui, surpris de redécouvrir sa forge. A bien y penser, il n'était revenu que depuis trois jours. Mais cet appel des druides l'avait profondément perturbé. Il ne passait plus de nuit calme et sereine et sa tranquilité était bafouée en permanence par les doutes que ses confrères lui avait imposé.


Il se remmémora ce voyage. Prévenu tardivement par un cheminant, il avait plié bagage, tout abandonné brutalement sans savoir quand il reviendrait et rejoint sa clairière en hâte. Il y avait appris le drame qui se jouait à Camelot, la perfidie d'un seigneur nommé Mordred et ses agissement contre le druidisme.
Il savait que le christiannisme gagnait de plus en plus de fidèles et s'il n'approuvait pas cette tendance à délaisser les croyances de ses parents, il ne s'opposait pas à cette religion. Et voila que, alors qu'ils n'étaient pas sérieusement implantés, ces prêtres osaient abaisser un druide en le disant meurtrier d'un des leurs.
Il fallait qu'ils aient bien du culot pour accuser ainsi les dirigeants d'un ordre qui avaient été aussi puissant que le druidisme. Et qui n'était pas encore mort. A moins que ce ne soit qu'une tentative pour les discréditer. La rumeur courait que l'Eglise était prète à tout pour s'étendre. Même à casser les pierre levée, à détruire les clairières, à chasser ceux qu'ils appellaient les payens.

Byrskin était ébranlé. Le monde, qui lui paraissait sûr, chancelait sur ses fondements. Le christiannisme allait-il vraiment remplacer le druidisme en tuant celui-ci ? Les seigneurs de Camelot s'abaisserait-il à ce point. Il était navré pour le prêtre mort mais de là à se tourner vers les druides ...

Son avenir lui parut incertain. Il ne savait plus que faire. Comment réagir si le druidisme cessait ? Il ne supporterait pas le christiannisme.

Alors ?
Partir ?
Pour aller où ?

Son coeur saigna quand il le reconnut mais il ne lui restait qu'à accepter la fatalité, rentrer dans le rang en pleurant et subir le joug de ce dieu qui se disait bon et juste.
Il ne restait que ce choix pour le vieillard qu'il était. Il n'avait plus l'alan de sa jeunesse. Il ne voulait plus se battre.

Il lui fallait se résigner.
Mais il n'aiderait pas ses corbeaux en soutane à dépecer les règles d'une institution si vieille. S'il ne se rebellerait pas, il ne les aiderait pas non plus. Qu'il souffrent et luttent pour s'imposer.

Il sortit sur le pas de la porte et regarda la place dans l'obscurité qui s'installais. Rien ne changeait et pourtant tout évoluait. La vie lui semblait cruelle.

Une large goutte roula sur sa joue, tomba dans sa barbe, traçant une ligne brillante dans la couche de crasse.
Il resta prostré à contempler le noir.



[HJ : les difficultés de Byrskin ...
Je m'éclate moi.]
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Dim 6 Mai à 19:46

Un allumeur de lanterne fit le tour de la place lentement, allumant de petites étincelles tremblotantes dans les ténèbres. Arrivé près du vieil homme, il s’approcha de lui. Il était vêtu de nippes fatiguées et empestait les ordures dans lesquels il devait dormir.
Son aspect rebuta intérieurement Birskyn qui se vit dans les traits émaciés du mendiant. Pourtant, il ne bougea pas quand l’homme le secoua doucement.


- Eh grand père, faut pas rester là !

Il lui sourit piteusement, hocha la tête. L’allumeur de chandelle lui fit un sourire plein de chicots et repartit lentement pour reprendre sa tache. Le forgeron le regarda s’éloigner avant de se détourner. La tête confuse, il rentra chez lui pesamment.
Manquant d’appétit, il se coucha aussitôt et mit bien longtemps avant de sombrer dans un sommeil agité.

Le matin le trouva suant dans sa couche aux prises avec un mauvais rêve. Son réveil fut difficile et si ses courbatures s’étaient calmées, il se sentait toujours harassé. Il prit une pomme et croqua maussadement dedans, plus pour se remplir le ventre que par réelle faim.
Il descendit et découvrit Sezig dans son atelier qui tournait en rond. Le forgeron lui lança un regard compatissant mais de nouveau, Birskyn écarta ses questions avec un haussement d’épaule.
Il ouvrit la malle, sortit les armures. Ils empoignèrent leurs outils, s’assirent face à face et entamèrent leur journée.
Aussitôt, le chuintement aigue du métal sur le métal horripila les nerfs du vieil homme. Malgré les années d’expérience, il ne supportait pas ce bruit. Maudissant son travail, il laissa ses réflexes œuvrés pour lui et s’absorba dans une méditation passive. Ses pensées tournoyaient lentement en un bal gluant et puant. L’odeur des idées qui lui traversaient la tête lui procurait des hauts-le cœur.

Il se vit abandonner de tous dans une ruelle, mourant de froid dans un hiver.
Il s’imagina abandonnant son travail qu’il aimait tant pour se révolter contre le clergé, aller en prison et finir sous les griffes des prêtres.
Il se représenta en vadrouille à travers le vaste monde, tué par une bande de vauriens qui écumaient les routes.
Plus il réfléchissait, plus il se laissait aller au pessimisme et au négatif.

Il fut soudain secoué violement et revint à son corps. Sezig le tenait par les épaules et l’agitait comme démon. Le vieil homme se dégagea violement de sa poigne. Il se redressa, laissant tomber sa lime, les yeux furibonds.


- Ca ne va pas ?!

Sezig s’écarta un peu, l’air méfiant. Il secoua doucement la tête.

- C’est toi qui ne vas pas bien, Birskyn. Depuis hier tu ne réponds à rien et j’ai du te bousculer pour te réveiller. Le petit t’appelle depuis dix minutes !

Il ne répondit rien, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson. Son regard allait de Sezig à Myrdin qui le regardait craintif.
Il pencha la tête.


- Finissez le travail pour aujourd’hui, je reviens.

Il sortit la clef du coffre, la posa sur l’atelier, enleva sa cote et partit. Sezig s’élança à sa poursuite.

- Attends ! Où tu vas comme ça ?

Le vieux forgeron se retourna lentement, les yeux étincelants. Son apprenti se figea à quelques mètres, hésitants.

- Je vais où je veux ! C’est moi le maître forgeron.

Sezig fut profondément blessé par ces paroles. Il leva la main.

- Explique toi. Tu es bizarre. Confie toi, on est là pour ça aussi !

Birskyn eut un pâle sourire. Il hocha doucement la tête.

- Merci. Je reviens bientôt.

Il s’éloigna de nouveau. Sezig s’affaissa. Il rentra dans la forge en traînant des pieds et se remit à limer sans entrain.


[HJ : direction la Taverne. (encore ? ^^)]
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   Ven 22 Juin à 13:20

[HJ : en provenance de La Taverne]


Son entrée dans la forge fut fracassante. Sezig limait mollement et Myrdin errait entre les outils sans savoir quoi faire. Ils le regardèrent une seconde, estomaqués, et il leur rendit leur regard. Il comprenait leur surprise. Il les pardonnaient et se pardonnait par la même occasion. Puis son sérieux reprit le dessus.

- Alors ? C’est comme ça qu’on travaille ? Faut-il que je vous fasse tout ou quoi ? Sezig, un peu plus de nerf dans ton mouvement, ce n’est pas de la soie que tu manipule ! Myrdin, tu n’as rien d’autre à faire que de bailler aux corneilles ? Vérifie donc que les pièces ne prennent pas la rouille, frotte celle qui se tâche ! Allez !

Un moment éberlué par ce sursaut de caractère, le garçon se mit aussitôt au travail tandis que Sezig se levait pour accueillir le maître forgeron. Celui-ci l’écarta sans douceur mais sans brutalité non plus. Il désigna les laques de métal du menton, saisit sa côte de travail, sa lime et s’assit à son tour.

- Allons-y, j’ai encore tant à vous apprendre et si peu de temps !

Sezig sourit s’assit et, d’un commun accord, il se mirent à limer. Délivré de leurs doutes respectifs, ils entamèrent une conversation joyeuse mais forte pour couvrir le crissement de métal. Myrdin les écoutait, assis sur une enclume, en frottant certaines pièces d’armures qui prenaient déjà la rouille.

Réconfortés du réveil du maître forgeron, la forge ronronna de plaisir et s’installa dans sa routine si confortable.
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MessageSujet: Re: La forge de Birskyn   

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La forge de Birskyn
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