 | La Bretagne au VIe siècle, terre de mythes et de légendes. Arthur règne sur Camelot, entouré de ses Chevaliers... |
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Loagan Admin

Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 330 Localisation : Dans la forêt forêt forêt (Siegfried ?)
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Ven 1 Fév à 13:46 | |
| L'instant qu'elle passât à le dévisager le troubla légèrement. On le regardait souvent avec défiance, parfois un regard tombait sur lui avec un profond mépris, souvent, on ne le scrutait même pas, de peur de s'entâcher l'oeil. Mais jamais on ne le regardait ainsi... Il faillit ironiser sur son inconvenance, afin de briser ce moment qu'il ne goûtait guère mais elle le fit elle-même, coupant là et se présenta. Un bien joli prénom que celui-ci. Certes, cette demoiselle semblait avoir beaucoup d'atouts dans sa manche. Mais il ne se permit pas d'aller vaquer plus loin dans ces pensées qu'il n'aurait même pas voulu effleurer.
Il répondit à son sourire aimable, tout petit sourire cette fois-ci de la part du Vagabond, mais un sourire tout de même. Il n'hésita pas une seule seconde à donner ce prénom d'emprunt qui était devenu son identité, ayant presque oublié l'autre. Oh certes, contrairement à ce que pensait la demoiselle, il savait qu'on devait se présenter d'une manière plus formelle, mais il était bien aise de ne point avoir à fournir de nom :
- Loagan...
Il était également ravi, mais il ne le dit point. De toute manière, il n'avait pas réussi à la faire changer d'avis alors à quoi bon ? Et puis il n'allait pas pousser le ridicule jusqu'à s'accrocher à ses jupons non de non ! Pour contrebalancer tout le bien qu'il pensait d'elle, il se dit que ces jeunes nobles devaient avoir trop l'habitude d'être priées maintes fois et qu'une seule ne suffisait guère, peut-être même qu'elle minaudait.
Et pourtant, elle n'en avait pas l'air. Il accepta sobrement de la raccompagner, d'un signe de tête et put tout à fait se rapprocher d'elle, marchant côte à côte mais ne lui offrant pas son bras. Il n'allait pas jouer ce qu'il n'était pas et surtout, il était persuadé qu'elle ne l'aurait pas saisi. Ils avaient déjà fait quelques pas, s'éloignant du cours d'eau, la monture de Jamien s'effaçant tout à fait dans la verdure quand il reprit de sa voix rauque :
- Vous fuirez-donc l'ombre de ce chevalier jusqu'aux grandes murailles de votre château ?
Il avait beau ne pas cesser de se rabrouer, il prenait cette situation à coeur. Sûrement par défi envers Lancelot, et puis parce qu'il appréciait la compagnie de Cyäne, un peu des deux mêlés bien entendu. Le chevalier en question ne lui apportait que des contrariétés décidément. _________________
Loagan, Julien et Eirene vous prient de les pardonner de n'être pas très rapides à la réplique. Mon rythme de travail s'intensifie : Ma présence ne sera donc plus quotidienne jusqu'à nouvel ordre. |
|  | | Cyäne du Lac

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 21
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Mer 13 Fév à 0:18 | |
| (Arf désolée pour ce temps d'attente si long! J'étais un peu noyée par les cours Je me rattrape donc )
Le Vagabond avait donc un nom. Loagan. Un prénom charmant aux notes chantantes, bien qu’en regardant l’homme qui le porta, l’envie de chantonner ne venait pas tout de suite. Et un prénom gaelique de surcroit. Était-il écossais? La jeune femme avait passé de brefs séjours en Écosse puisque la route jusqu’aux Hébrides intérieures obligeait ce passage. Le couvent d’Iona restait un souvenir plus frais et agréable à sa mémoire et ce qui restait de l’Écosse s’éparpillait dans de brumeuses landes froides parcourues de lochs sombres. Un endroit peu accueillant à son avis, quoique géographiquement, le reste de la Grande Bretagne y ressemblait fort... Cyäne observa à la dérobée les habits de Loagan. Il n’affichait aucun Tartan. Étrange. À moins qu’il ne soit un traître, il ne devait pas être écossait. Elle fut tentée de lui poser la question puis se ravisa, avait-elle vraiment envie de le savoir, surtout s’il était un fuyard?
Loagan était maintenant tout près d’elle et cette proximité nouvelle la gêna quelque peu. Un homme galant aurait offert son bras et le plus galant d’entres eux lui aurait naturellement ouvert le passage en la complimentant de milles manières. Sans doute pouvait-elle amorcer une conversation mais les seuls sujets qui l’assaillaient pour le moment concernaient son père et on ne pouvait trouver une conviviale conversation là-dedans. À son habitude, Cyäne resta donc silencieuse, un caractère qu’on appréciait peu d’une femme dans les cercles de dames fortes en babillages ou en compagnie d’hommes intéressés et habitués à ce que les femmes entretiennent la conversation. Tant pis. Un autre point positif à refuser Camelot si la reine aime que ses dames de compagnie soient volubiles.
Les fougères odorantes firent lentement place aux arbres imposants encore heureux d’être débarrassés de leur récent linceul de neige. La route ne devait plus être bien loin. Que dira son grand-père de la voir ainsi arriver? Cyäne se sentie lâche, très lâche soudainement. Le poids de cette lâcheté était cependant allégé par le bonheur de retrouver sa demeure, ce lieu qu’elle connaissait si bien, ou les gens et les situations ne se transformaient point en désagréables imprévus. Bien sûr, les imprévus n’étaient pas tous déplaisants…Elle jeta un coup d’œil au Vagabond puis au cheval qui disparaissait derrière les massifs touffus.
| Citation: | | Vous fuirez-donc l'ombre de ce chevalier jusqu'aux grandes murailles de votre château ? |
La jeune femme ne répondit pas sur le moment, faisant mine d’être profondément concentrée à ne point trébucher sur les racines tortueuses qui jonchaient le sol, ce qui était à moitié vrai il faut dire. Que pouvait-elle donc répondre à cela? Qu’il avait raison? Elle soupira. Bien sûr qu’il avait raison. Sa haine pour Lancelot avait façonnée une partie de ce qu’elle était dont sa répulsion des changements, son caractère colérique et ses difficultés à socialiser. Mieux aurait valu pour cet homme d’être mort en même temps que sa pauvre et innocente mère.
''Je n'ai pas le courage ou la folie de ces gens qui aiment défier leurs craintes, Loagan, je préfère éviter le mal qui pourrait s’en suivre si je venais à le rencontrer. Il a fait grand tord et à déshonoré ma famille.’’ répondit-elle placidement en songeant à l’ambiguïté de sa situation en prononça la fin de cette phrase.
La route se fit voir à quelques pas, plus ou moins cachée par des bouquets d’arbres.
''Mais vous avez rais…’’ le reste de sa phrase s’évanouit dans un hoquet proche de l’étranglement et pour cause! Désormais pleinement sur le chemin boueux de la route, ils auraient dû voir trois hommes impatients, attendre près des montures que la dame dont ils avaient la charge d’escorter jusqu’à Camelot daigne enfin revenir. Au lieu de cela, il n’y avait rien ni personne! Enfin, ce n’était pas tout à fait vrai mais aux yeux affolés, avec raison, de la jeune noble c’était bien le cas. La terre avait pourtant été retournée à mains endroits, une sacoche irrécupérable gisait théâtralement sur le sol, éventrée, et de petits effets de voyage étaient pour certains à demi enfouis ça et là dans la boue. Une lame d’épée était également fichée au sol loin à la gauche et un large gant pendait mollement sur une pierre enfoncée. Il lui sembla que la terre parut plus rougeâtre à certains endroits. Pas âme qui vive, pas même un gémissement au loin! Que diable s’était-il produit ici? Si bataille ou embuscade il y avait eut, les entrechocs métalliques et hennissement des chevaux les auraient alerté!
Sous le choc de cette vision qu’elle associa facilement aux Textes Apocalyptiques, elle ne put réaliser ce qui s’était passé. Ramassant machinalement une serviette de lin maculée de boue, elle la fixa drôlement la bouche entrouverte dans un 'Oh’ persistant et silencieux puis commença à la plier soigneusement, le regard vide et absent. Ses yeux balayèrent ensuite le terrain ravagé et enfin la gravité du tableau la frappa. Le tissu dégoulinant glissa lentement de ses doigts et Cyäne du Lac se laissa choir à son tour dans la terre visqueuse. Agenouillée dans un effarement total, l’effroi étant pour lors remisé, elle ne pouvait que murmurer, une main sur la poitrine:
''Oh mon Dieu! Seigneur Dieu… Seigneur Dieu… Miserere mei…Rogamus, Déus, tuam majestatem…auribus sacris gémitus exaudi…’’
Et si…Et si le Vagabond était l’auteur de toute cette machination? Cette idée horrible commença à germer dans son esprit secoué mais n’eut pas le temps de prendre place aisément, substituée par une soudaine inspiration. Était-ce un signe céleste? La Divine Miséricorde avait-elle entendu ses tourments silencieux et la sommait-elle de laver son âme au sein de Camelot? Son amour pour le Coeur Divin était tel qu’elle le cru. Pourtant, son angoisse s’effrita peu. Que s’était-il passé? Ou était les hommes? Jamais elle n’avait vécu chose pareille.
(Et voilà comment on introduit de force son perso à Camelot! ) _________________ Fluctuat nec mergitur... |
|  | | Loagan Admin

Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 330 Localisation : Dans la forêt forêt forêt (Siegfried ?)
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Mer 20 Fév à 1:35 | |
| Il était certain qu'une dame silencieuse, habituellement, déplaisait aux galants hommes de la cour mais pour Loagan c'était une véritable bénédiction ! Cette petite marche lui semblait donc charmante, toute paisible qu'elle était, et il se serait peut-être mis à siffloter si elle ne lui avait pas répondu à ce moment là... Le peu de détails qu'elle lui livrait le confortait d'ailleurs dans l'hypothèse qu'il avait échafaudé. Après tout, comment Lancelot aurait-il pu déshonorer une famille autrement qu'en jouant les jolis cœurs ?
L'Ecossais fut content de la voir acquiescer à son point de vue, au sujet de l'option qu'elle choisissait. Fuir n'était jamais qu'une solution temporaire. Tôt ou tard, les tourments finissaient par vous rattraper et bien souvent par vous engloutir tout entier. Mais si on trouvait suffisamment de courage pour affronter ce qui nous terrorisait, on pouvait envisager d'en triompher. Lui n'avait malheureusement pas opté pour la bonne solution et il en subissait chaque jour la conséquence.
Elle s'interrompit brusquement et les yeux du Vagabond quittèrent la charmante silhouette de Cyäne pour s'intéresser à ce qui l'avait abruptement freinée. Par tous les dieux ! Que s'était-il passé par ici ? Le chemin ressemblait plus à un champ de bataille qu'à cet engageant sentier qui menait à Camelot.
Il ne dit rien mais regarda de tous côtés, les muscles tendus, près à une quelconque attaque. Ses narines frémirent, comme s'il cherchait à capter une piste mais les paroles en latin - ce qu'il identifiait pour du latin, sans en être vraiment certain car il ne le comprenait pas - de la jeune femme le perturbèrent. Il la vit, agenouillée et en proie à de vives alarmes. Il s'approcha d'elle en deux enjambées rapides afin de lui tendre son bras comme appui :
- Relevez-vous, il n'y a aucun intérêt à demeurer plus longtemps ici. Il faut pour votre sécurité gagner Camelot sur le champ.
Sa voix n'était pas autoritaire, juste ferme et sans aucune teinte d'ironie ou de nonchalance habituelle.
Bien, si gardes il y avait eus, ils avaient soit tous fui, soit péri. Et vu la teinte douteuse de quelques flaques argileuses, le pire était à craindre. Il ajouta plus doucement :
- Venez Cyäne... _________________
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|  | | Cyäne du Lac

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 21
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Ven 29 Fév à 2:48 | |
| Une dame pouvait réagir de plusieurs façons face à une situation de ce genre. Opter pour l’hystérie était une voie facile, laissant le soin aux autres la charge de s’occuper de vous. L’indifférence quant à elle, pouvait soit vous donner une aspect réfléchit, soit vous donner l’allure morbide de celles que le carnage amuse. Bien sûr, prendre vaillamment la situation en mains alors que jamais un événement de ce genre ne vous a touché et que vous ne connaissez que très superficiellement la marche à suivre par quelques histoires racontées ou lues jadis pouvait non seulement vous rendre ridicule, vous mettre davantage dans le pétrin mais également irriter le prochain, et quand le prochain se limite à une seule personne, on en prend soin. La meilleure option restait l’instinct, et se reposer sur quelqu’un qui semble habitué à ce genre d’évènement, lorsque bien sûr, vous avez la chance d’avoir ce quelqu’un. Heureusement Cyäne avait de la chance.
La jeune femme se tut et calcula mentalement la distance à parcourir jusqu’au château. Il ne fallait pas rester ici. Si assassins il y avait encore, peut-être les observaient-ils. À cette pensée peu réconfortante, elle tressaillit, jetant des regards de biais à la sombre forêt les cernant. Toujours agenouillée dans la boue, matière lui devenant plutôt familière, elle prit le bras donné à son intention, souffla un noble remerciement et se releva lourdement, tachant par la même occasion la manche de Loagan.
Heureusement, aucune autre femme n’avait pris part à cette escorte. Cyäne se souvint très bien avoir tempêté au sujet de Rozenn, une servante attachée à son service qui ne put l’accompagner, s’étant bêtement retrouvée grosse en début de saison. Une écervelée plus apte à minauder qu’à s’enquérir de ses tâches, tâches qu’elle menait néanmoins à la perfection lorsqu’elle sortait de ses rêveries. N’ayant donc plus de Rozenn, se sont des servantes quelconques qui s’occupèrent de choses capitales qu’une dame de son rang s’indignait à faire. Le tempérament irascible et coléreux de la jeune femme à leur endroit avait forcé le roi Pelles à ne point lui fournir de servante personnelle pour son séjour à Camelot, soutenant que se suffire à elle-même quelques temps la guérirait de ses caprices malvenus. Cyäne se voyait mal s’habiller seule le matin et le roi savait fort bien que sa petite-fille, prude par la religion, refusait de se faire vêtir et même coiffer par des mains qu’elle ne connaissait point… Ah! Et puis, cessons donc de déblatérer la dessus et revenons à ce qui nous inquiète pour le moment. Le choc de cette situation et la fatigue l’empêchait de penser sérieusement et clairement, et il était inopportun de laisser son esprit s’égarer plus longtemps.
Regagner Camelot? Certes. Le château pointait au loin mais la route était encore longue. Elle se serait volontiers laissé tomber pour dormir sans vergogne. Loagan était avenant et elle remercia le ciel d’avoir un protecteur, aussi particulier fut-il. Trop habituée à une douce vie, elle oubliait que hors des murs châtelains, il fallait parfois se salir pour survivre lorsque les circonstances l’exigeaient.
''Vous dites vrai. Ah! Camelot, lieux de tout les maux!’’ lança t-elle avec amertume. Il faut dire qu’elle était loin d’avoir vécu un conte merveilleux jusqu’à présent.
''Mais si Dieu le Veult…Partons vite, la question de ma compagnie disparue sera élucidée plus tard.’’ Dit-elle plus rapidement. ''Vous restez avec moi n’est-il pas?’’ .
C’était une question idiote vu la situation, mais elle ne connaissait pas assez Loagan et ne voulais risquer de se retrouver seule ici, à la merci de tout. S’il voulait partir parce que sa détresse ne le regardait aucunement, elle le convaincrait. _________________ Fluctuat nec mergitur... |
|  | | Loagan Admin

Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 330 Localisation : Dans la forêt forêt forêt (Siegfried ?)
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Lun 10 Mar à 10:27 | |
| Il était toujours sur le qui-vive lorsqu'elle saisit son bras. Il ne s'attendait pas vraiment à une attaque, après tout, quel brigand demeurerait sur le lieu de son crime aussi longtemps ? Cependant, mieux valait être prudent, surtout lorsqu'on accompagnait une jeune noble. Certes, avec sa robe toujours plus boueuse, elle n'en avait pas vraiment l'air, mais elle demeurait une cible facile. Et pour décimer toute une escorte, il était certain qu'il ne s'agissait pas là d'un ou deux hommes seuls... Même avec l'effet de surprise, Loagan se doutait que les gardes de Cyäne étaient plutôt bien entraînés. Non, il était plus certainement question d'une bande de voleurs... ou de meurtriers.
La perspective de se retrouver nez à nez avec ce genre d'individus pouvait avoir son charme, mais lorsqu'il regarda la Demoiselle qui reprenait courage peu à peu et recouvrait son calme en même temps, patauger dans le sang fut soudain beaucoup moins attirant. Il avait davantage coeur à veiller sur elle et à l'amener saine et sauve à Camelot dans les plus brefs délais.
Il entama donc quelques pas assez rapides, sans qu'ils le soient trop afin de ménager Cyäne et il lui répondit :
- Je ne vous quitte pas.
Quel odieux personnage aurait pu lâchement abandonner une jeune femme sans défense sur la route ? Lui... Oui, il aurait pu en certaines circonstances. Mais maintenant qu'elle ne lui était plus étrangère, il était bien incapable d'agir en mufle. Elle avait quelque chose de magnétique, il finissait pas apprécier sa compagnie. Il était toujours aussi frileux quant à ce sentiment mais il imaginait pouvoir, peut-être, un jour, un vague jour, s'y accoûtumer.
Bien, il restait un peu de chemin et il n'allait pas risquer de le faire entièrement à pieds. Il en oubliait presque son canasson laissé en arrière. Il siffla et vit arriver cette brave bête au petit trot, à travers le feuillage humide. Il monta d'abord et hissa Cyäne, un peu comme un paquet de chiffons, il fallait le dire. Le Vagabond avait encore beaucoup à apprendre et à se souvenir d'ailleurs. Une fois qu'elle fut installée devant lui un peu plus confortablement, il lança sa monture, à une allure tranquille mais soutenue. Camelot se dessinerait bientôt dans le fond, avec ses imposantes tours et sa rassurante enceinte fortifiée. _________________
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|  | | Cyäne du Lac

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 21
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Mar 18 Mar à 22:40 | |
| Malgré ses sombres apparences, Loagan était un brave homme et avait une bonne âme. Ses inquiétudes avaient de beaucoup diminuées en la présence rassurante du Vagabond. Heureusement qu’elle n’était pas seule! Heureusement qu’il était là. Elle avait une vague idée de ce qui aurait put advenir de sa personne si elle avait marché seule sur cette route vers Camelot. Sa gratitude était telle, qu’elle en oublia ses plaintes muettes quand à sa tenue crottée et la première impression qu’elle allait donner en la présence du roi.
Rapidement, Loagan émit un sifflement et on put voir sa monture arriver d’un pas traînant. C’était une belle bête, et bien dressée de surcroit. Cyäne avait peu d’affinité avec la gente chevaline, à son grand désarroi, et ne se faisait obéir que très difficilement de celle-ci. Loagan s’installa donc et la jeune femme leva gracieusement le bras afin d’être hissée comme il se devait. Elle émit un ‘’Oumph’’ de surprise lorsque sans grâce et délicatesse, et disons le, comme un vulgaire sac de farine, elle fut toutefois soulevée et déposée. Décidément! Il était peut-être d’agréable compagnie et fort apprécié, mais ses manières laissaient vraiment à désirer! Elle avait peut-être des airs de souillons, elle n’en restait pas moins fille de noble sang, l’avait-il oublié? Elle réprima donc un vif reproche et se contenta de froncer les sourcils, signe flagrant de sa désapprobation. Après tout, il serait si peu charitable de l’accabler sur ses piètres façons. Elle n’oubliait pas qu’il était son protecteur et qu’elle lui devait beaucoup.
Désormais mieux installée, elle observa au loin les tours blanches et les taches colorées des étendards qui battaient au vent. Il lui tardait de parvenir enfin au château, de gagner ses quartiers, d’avoir de l’eau chaude, de changer de tenue…et il lui tardait, certes, de faire connaissance avec la reine. Ses réflexions traînant, elle songea également au fait qu’il serait peu probable que son chemin croise à nouveau celui du Vagabond. Plus elle s’approchait de Camelot, plus vite elle devra dire adieux à Loagan. Et elle s’en attrista. Par pudeur cependant, leur proximité obligée la rendait quelque peu mal à l’aise et elle s’efforça de ne pas bouger. Elle devinait le visage du Vagabond tout près de ses cheveux emmêlés et pour éviter un plus grand trouble, elle tenta de converser.
''Vous m’êtes d’un grand secours Loagan.’’ commença-t-elle, '' J'espère que nos chemins se recroiseront.’’. Et elle le pensait avec sincérité, elle, qui une heure plus tôt avait levé le nez sur lui. Il faut dire que lorsqu’on ne connait pas le Vagabond en question, cela venait plutôt naturellement.
''Votre prénom me semble d'origine écossaise, l’est-il?’’ demanda-t-elle, dans un léger sourire fort interressé que l’homme ne pouvait voir. Cyäne commençait à se détendre de nouveau. _________________ Fluctuat nec mergitur... |
|  | | Loagan Admin

Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 330 Localisation : Dans la forêt forêt forêt (Siegfried ?)
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Mar 25 Mar à 18:41 | |
| Camelot se rapprochait de plus en plus et avec cela la séparation de ces deux compagnons d'infortune. Loagan n'était pas si sensible que Cyäne et il n'en concevait pas autant de chagrin. Il savait juste que c'était inéluctable. Raison de plus pour ne pas s'y appesantir...
Le rapprochement de leurs corps au rythme des secousses provoquées par le cheval était tout de même assez troublant. De tout ceci, il n'avait vraiment plus l'habitude. Déjà il avait fallu faire des efforts pour converser mais là, il était plutôt mal à l'aise. Il ne savait pas trop où placer ses bras, ne faisant pas trop d'efforts pour éviter d'effleurer la jeune femme mais chaque contact lui faisait légèrement froncer les sourcils.
Pour une fois, la parole fut la bienvenue. Elle dissipa ce léger malaise. Après tout, mettre des mots sur les sentiments qui naissaient permettait de les banaliser. Il respira beaucoup mieux et il ne lui importa plus que ses avant-bras touchent ceux de Cyäne. Il acquiesça silencieusement et dit quelques mots, par courtoisie :
- Ce ne serait pas désagréable, mais je doute que nos chemins soient les même. Vous serez à la cour tandis que je ne suis pas certain de m'éterniser entre ces murs.
Après tout, il était certain que le Roi Arthur n'apprécierait que moyennement sa présence à Camelot. Oh bien sûr, il était capable de se fondre dans la masse mais tôt ou tard, les ennuis lui retombaient dessus, c'était inévitable.
Il eut un léger mouvement de recul lorsqu'elle l'interrogea sur ses origines. Il se remit rapidement et marmonna entre ses dents, le ton beaucoup moins aimable :
- En effet, mon nom est écossais.
Le Vagabond s'abstint de tout commentaire supplémentaire. Ils n'étaient guère assez intimes pour qu'il se dévoile et surtout, il n'avait jamais parlé de son passé à quiconque. C'était donc très profondément enfoui.
Le pont levis était maintenant à quelques centaines de pas, la muraille s'imposait en arrière plan. Il faudrait bientôt déposer Cyäne à terre et l'abandonner à son destin de dame de compagnie de la Reine.
Sa voix recouvra une certaine douceur lorsqu'il se sentit le devoir de lui donner ce conseil :
- Si vous le croisez, ne montrez aucun trouble, il est bien trop désireux de mesurer son impact sur les autres, de quelque nature qu'il soit.
Il n'était pas nécessaire de souligner qui était ce "il". Il ne pouvait s'agir que d'une seule personne. _________________
Loagan, Julien et Eirene vous prient de les pardonner de n'être pas très rapides à la réplique. Mon rythme de travail s'intensifie : Ma présence ne sera donc plus quotidienne jusqu'à nouvel ordre.
Dernière édition par Loagan le Lun 7 Avr à 18:56, édité 1 fois |
|  | | Cyäne du Lac

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 21
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Ven 4 Avr à 4:02 | |
| Le ciel s’assombrissait quelque peu. Aucune crainte cependant à ce que la pluie la harcèle de nouveau, ce n’était que quelques paresseux attelages de nuages. Ces changements de temps continuels pouvaient faire détester la Bretagne à n’importe qui et rendre nerveux le moindre voyageur.
| Citation: | | Ce ne serait pas désagréable, mais je doute que nos chemins soient les même. Vous serez à la cour tandis que je ne suis pas certain de m'éterniser entre ses murs. |
La jeune femme étira la commissure de ses lèvres en un demi sourire, elle s’imaginait extrêmement mal le Vagabond flâner à la cours du roi, le tableau en était même dérangeant. En se qui la concernait, la cour était promesse de repos et retour aux choses normales ou presque. Il était en effet peu probable que leurs chemins se croisent à nouveau. Tant pis, elle aura au moins appris que les vagabonds de ce monde ne sont pas tous aussi abjectes qu’on le dit et que certains valent même l’intérêt. La charité chrétienne demande de ne pas juger sur l’immédiat, une vertu parfois difficile à appliquer.
Plutôt satisfaite que Loagan daigne engager la conversation, il se montra soudainement sec et agressif dans ses mouvements et d’un ton tout à fait orageux, maugréa qu’il était effectivement écossais. Cyäne haussa un sourcil puis les fronça dans une moue se partageant l’interrogation et l’exaspération. Qui avait t-il de mal à converser sur les racines d’un prénom? Décidément, ce Vagabond…À force de se côtoyer, elle en avait presque oublié la véritable significations de ‘vagabond’ justement, un mot qui laisse supposer de bien mauvaises choses, des actions répréhensibles et un probable passé à confesser. Mieux valait donc se taire et ne pas trop pousser sa curiosité de femme sur quelqu’un qui venait de la broussaille et dont elle ne connaissait pratiquement rien.
Les murailles de Camelot qui l’avaient nargué quelques heures plus tôt semblaient désormais tout à fait indifférentes à son approche. On pouvait apercevoir distinctement les couleurs des étendards renommés…presque aussi renommés que son père. Ah! ce père! À force d’imprévus et de déboires, elle en avait pratiquement oublié sa haine et son aversion pour cette forte partie de Camelot qui abritait Lancelot. Les jours prochains s’annonçaient pénibles, elle préférait ne point y songer et garder fixement en tête la tâche qui lui était dévolue. Comme si Loagan avait lut dans ses pensées, il lui porta ce conseil qui aussitôt la fit tressaillir:
| Citation: | | - Si vous le croisez, ne montrez aucun trouble, il est bien trop désireux de mesurer son impact sur les autres, de quelque nature qu'il soit. |
Comment pouvait-elle espérer ne montrer aucun trouble devant lui? Si elle avait su d’avance qu’une réelle rencontre avec son paternel allait se produire, en sachant pertinemment que cette rencontre lui causerait lourdeur et horreur, elle se serait bien composé, avec la pratique, un parfait visage de circonstance. Seulement, elle n’en avait pas eu le temps et puis, soyons réalistes, elle n’aurait jamais osé mettre le bout de l’orteil ici si elle avait eut connaissance, il y a trois jours, que Lancelot du Lac tachait de sa présence les murs glorieux de Camelot et du même coup, la vision grandiose qu’elle se faisait de la Sainte quête du Graal. Somme toute, Cyane prononça un charmant ''bien sûr’’ tout à fait cordiale mais nullement sincère.
Ne s’étant pas attardé à la vue et aux activités qu’offrait Camelot, elle fut étonnée d’être déjà arrivée aux portes du château. Que le temps passe rapidement lorsqu’on redoute quelque chose! Il était désormais temps de descendre de cheval, et de passer dignement les portes massives du palais à quelques dizaines de mètres.
''Nous y voilà donc.’’ Lança t-elle dans un soupir pathétique. _________________ Fluctuat nec mergitur... |
|  | | Loagan Admin

Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 330 Localisation : Dans la forêt forêt forêt (Siegfried ?)
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Jeu 10 Avr à 20:31 | |
| Il savait qu'il ne l'avait point convaincue... D'un côté, il était difficile d'être convaincu par quelqu'un comme Loagan, qui ne croyait plus vraiment en rien et qui errait au gré du vent ! Oh et puis après tout, il n'avait pas demandé à être son confident ! Il fronça légèrement les sourcils à cette pensée. Si en fait, il avait voulu la conversation, il avait éprouvé de la curiosité. Et il n'avait fait que se refermer comme une huitre lorsqu'elle avait essayé un peu de s'intéresser à lui. L'Ecossais bourru demeurait ce qu'il était. Ce n'était pas un brin de femme maigrichonne qui allait changer ça. Du moins le croyait-il dur comme fer à cet instant.
Il leva les yeux, les portes étaient là. C'était le moment de la laisser à sa vie et de retourner en son monde. Ce monde où il se complaisait parce qu'il n'avait personne à supporter, il n'avait qu'à se soucier de lui-même et il trouvait ça suffisant. Mais maintenant, pourrait-il vraiment se garder d'avoir une petite pensée pour elle ? Rahhhh, la peste soit de la gente féminine ! Il descendit et l'aida à faire de même.
Ils se retrouvèrent face à face et Loagan ressentit une immense gêne. Il avait depuis longtemps oublié ce que représentait dire au revoir à quelqu'un. Il n'osait plus croiser ses yeux et il faillit lui mettre une vague tape sur l'épaule et dire "bon courage" pour partir plus vite. Mais quelque chose le retenait... Il ne voulait pas vraiment la quitter comme ça, même si tout nouveau rapprochement corporel était à exclure. Il commença :
- Bien, j'espère que... Enfin, vous allez vous en sortir, je n'en doute pas !
Cette vie de château lui apparaissait comme l'horreur absolue. Quoi ? Ne pas vivre en pleine nature ? Ne pas entendre le bruit de l'eau en se couchant ? Ne pas pouvoir se sentir seul sur ces terres ?
Il lui sourit, vaguement, comme quelqu'un qui essaie mais qui sait que ça sonne faux et il ajouta :
- Je... enfin... Si vous me cherchez, je serai sûrement dans les environs. Enfin bref...
Ce qu'il s'enfonçait ! Misère ! Mieux valait clore l'échange déjà catastrophique. Il soupira. Il avait fait son devoir. _________________
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|  | | Cyäne du Lac

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 21
| Sujet: Re: La Gueuse est une Belle Lun 12 Mai à 16:31 | |
| Le Vagabond qui était la maîtrise même, sembla soudainement ne plus savoir quoi dire ni comment. Étrange personnage que se Loagan qui allait tout de même lui manquer entre ses murailles inconnues. Bien que la forêt et les lieux sauvages la rebutaient toujours autant, les circonstances n’ayant surtout pas aidé, une partie d’elle-même éprouvait désormais une certaine curiosité quant à ces lieux imprévisibles. Une curiosité qu’elle jugea malsaine évidemment.
Ainsi face à face, l’heure des adieux venue, elle resta muette, mal à l’aise. Heureusement pour elle, Loagan semblait en proie à une plus grande gêne, se qui la détendit.
| Citation: | | J'espère que... Enfin, vous allez vous en sortir, je n'en doute pas ! |
Un sourire comique se dessina sur ses lèvres et des yeux rieurs où pointait une gêne difficilement dissimulée éclairèrent son visage toujours un tantinet barbouillé.
''Vous êtes plein de sollicitude Loagan et je ne l’oublierai point."
Elle allait s’en sortir, elle n’avait pas le choix. Déjà, ne plus se trouver dans la broussaille, embrasser un confort digne de son rang, être dans ces lieux où elle avait pleine maîtrise d’elle-même portait un mince filet de lumière sur les prochaines heures et journées d’adaptation où elle devra expliquer ses déboires au roi, prévenir son grand-père de ses infortunes et le reste…
| Citation: | | Je... enfin... Si vous me cherchez, je serai sûrement dans les environs. Enfin bref... |
Le Vagabond faisait visiblement de terribles efforts de courtoisie et fuyait son regard. Était-il sincère? Elle avait la forte impression de ne jamais pouvoir le cerner. L’échange en était plutôt comique et ils auraient pu en rire s’ils avaient été plus familiers.
Elle lui sourit, sincèrement et sans gêne cette fois-ci, faisant abstraction du malaise grandissant de son interlocuteur.
''Je n’y manquerai pas et je vous remercie encore pour tout.'' Voilà, tout était dit en ces quelques mots, elle ne savait quoi ajouter. Son assassin s’était transformé en sauveur et malgré toute sa gratitude elle n’allait pas pousser les remerciements jusqu’à s’excuser de l’avoir pris pour un agresseur…après tout, il en était l’image parfaite. Un silence se fit, Cyäne prit une grande respiration, releva le menton dignement, esquissa un dernier sourire, moins certain cette fois-ci, pour le Vagabond et se retourna.
La Gueuse de notre histoire, le port droit, la démarche noble, le visage presque hautain franchit les lourdes portes sans porter attention à sa tenue déchirée, raide de boue séchée et aux stries disgracieuses marquant son visage et ses mains blanches. Elle garda son souffle le plus longtemps possible et lorsqu’elle expira de l’autre côté du portail, elle en éprouva une étrange détresse comme si ce souffle venant de l’extérieur avait fuit, la laissant prisonnière de Camelot. _________________ Fluctuat nec mergitur... |
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